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Blog d'auteur

Sphères parallèles n°2

30 Janvier 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Voici les aventures extraordinaires de Jules, agent immobilier. Dans le premier épisode, Jules rend visite à sa cliente. Il fait avec elle le tour de la maison, mais la mystérieuse hôte disparaît sous les yeux incrédules de son visiteur, qui se retrouve alors dans la chambre de la belle...

 

Il sentit pesamment son corps. Comme une envie de s’étendre sur le lit. Il n’allongea pas tout à fait les jambes, mais s’assit le dos contre le chambranle du lit. C’est alors qu’il vit la psyché. Et la femme mystérieuse à l’intérieur. Il se redressa d’un coup. Non, ce n’était pas une illusion. La splendide créature bougeait à l’intérieur du grand miroir, ses longs cheveux ondulaient comme s’ils étaient aux quatre vents. Elle lui faisait signe de venir, comme l’auraient fait les sirènes à Ulysse et à ses compagnons d’Odyssée.

Jules déjà paniqué ne bougeait plus, tétanisé par ce qu’il voyait. Tremblant, il se redressa du lit et sortit de la chambre. Il dégringola plus qu’il ne descendit l’escalier, referma la porte et courut en toute hâte vers le portail. Celui-ci était encore ouvert. Il ne put à cet instant s’empêcher de se retourner et vit une nouvelle fois la jeune femme à la fenêtre qui lui disait au revoir.

Quand il arriva au bureau de l’agence, la secrétaire le regarda avec de gros yeux.

-          Vous êtes tout pâle monsieur Jules, tout va bien ?

Ce dernier déglutit et essaya de reprendre sa respiration.

-          Oui, ne vous inquiétez pas. Le repas de midi qui est mal passé.

-          Oh monsieur Jules, il faut y aller doucement sur les tickets-restaurants, sinon vous n’en aurez plus avant la fin du mois.

-          Vous en faites pas pour ça, ça ira.

Il fila directement dans le petit bureau situé à droite au fond. Il était commun à tous les agents, et Jules fut soulagé de voir qu’il n’y avait personne à cette heure-là. Il s’assit, tenta de se calmer et se demanda un instant s’il n’avait pas rêvé. Il reconstitua pas à pas la matinée, son arrivée devant le pavillon, son entrée, la poignée de main à la cliente, ses hanches dans l’escalier et puis… pfftt, envolée ! Tant pis, il fallait agir.

Il tapa le nom de Sofia Platine dans la base de données des clients de l’agence. Rien d’original n’apparut alors sur l’écran si ce n’est que la jeune femme qu’il avait vue avait tout de même 42 ans. Bizarre, il en aurait donné tout juste 25…

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Sphères parallèles n°1

27 Janvier 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Voici le premier épisode d'une nouvelle fantastique. C'est ma deuxième après "Colin est mort" et sans doute pas la dernière. Elle ne porte pour l'instant pas de titre, mais si je la mène à terme, elle s'inséra dans une série intitulée "Sphères parallèles".

 

L’aiguille de l’horloge passa exactement sur le 8 alors que Jules, assis à sa table, prenait son petit déjeuner. Il ne se doutait pas un seul instant que sa vie allait changer d’ici quelques heures. Entre deux bâillements, il goutait avec un grand plaisir ses petits biscuits fabriqués la veille.

Seul depuis quelques années, il avait ses habitudes et ses manies. En sus de ses biscuits, deux biscottes alignées attendaient l’arrivée de la confiture de fraise pour être dégustées. Il nettoya ensuite son bol, passa une éponge sur la table avant d’aller se laver.

C’était un jour ordinaire. Agent immobilier, il parcourait la ville pour vendre maisons et appartements. Il n’avait pas fait ça toute sa vie. Autrefois cadre dans une grande société, sa vie avait basculé le jour où sa femme s’était faite accidentellement renverser par une voiture. Il s’ensuivit une période de dépression, où il finit par se faire licencier de son travail.

Mais depuis, un homme neuf était né. Il se rasait tous les jours, ne buvait pas une goutte d’alcool, menait une vie simple sans excès, sans amour non plus. Il avait presque fait une croix là-dessus. Il ne sortait pas, ne s’intéressait guère à ses collègues, s’était éloigné de ses anciens amis.

Au téléphone, Jules lui avait trouvé une voix suave. La vendeuse avec laquelle il avait rendez-vous ce matin, une certaine Sofia Platine, l’attendait pour son pavillon. C’était une femme d’affaires qui voulait échanger sa petite maison pour une villa de standing sur les hauteurs de la ville.

C’est avec une petite appréhension qu’il sonna à l’interphone. Le portillon s’ouvrit en émettant un son strident. Le jardin semblait à l’abandon, les herbes hautes s’épanouissaient et prenaient toujours plus de territoire. Il aperçut l’espace d’une seconde une jeune brune derrière les rideaux. Sans doute s’était-elle levée pour lui ouvrir.

Dès l’instant où il la vit, Jules en tomba amoureux. Elle était vêtue simplement, chemise blanche sous un petit veston noir et jean. Petite brune latine aux yeux marrons-noirs, une vingtaine d’années, il s’était perdu à la regarder dans les yeux, comme s’il s’était retrouvé dans l’espace à regarder le centre la Voie lactée.

-          Entrez, finit-elle par dire, un sourire mi-amusé par le coté béat de l’homme qu’elle avait en face d’elle.

Il l’a suivi. Elle avait l’air d’être si légère qu’il n’entendait pas résonner ses pas. Elle lui montra d’abord la cuisine, puis le salon. Sa voix mélodieuse berça l’homme. Il la suivit ensuite dans l’escalier qui menait au premier étage.

-          Pourriez-vous attendre un instant en dehors de ma chambre pour que je puisse ranger une ou deux affaires ?

-          Bien entendu.

Jules resta haletant devant la porte, attentif au moindre bruit. Il entendit le mouvement des draps, une fenêtre qui se refermait, puis plus rien. Deux minutes passèrent. Incrédule, il se demandait ce qu’il devait faire. La jeune femme avait-elle fait un malaise ? Il se décida et entra dans la pièce. A l’intérieur, personne, même pas à la salle de bain attenante à la chambre. Rien. Tout était rangé, mais il n’y avait nulle trace de vie. L’homme, paniqué, s’assit sur le lit…

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Implosion (4)

25 Janvier 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Récit expérimental. D'abord, un drame et on retrouve une famille africaine qui vit dans une banlieue française, scène de la vie ordinaire. Ensuite, c'est l'histoire d'un flic, normal, c'est un polar...

 

 

 La nuit avait enveloppé toute la ville sauf le lieutenant Jacquier. Il se tenait désespérément à son clavier d’ordinateur comme à une bouée de sauvetage. Sauf que de sauvetage il n’y avait point. Il serra le poing, de rage. Il ne trouvait pas l’adresse qui lui manquait. Plus aucune trace du suspect qui avait braqué une cliente au centre commercial. Une opération avait été menée, mais le jeune de 20 ans n’était pas à son domicile. En fuite, quelque part…

Il finit par s’en aller et laissa derrière lui sa pile de dossiers. Il savait qu’il ne dormirait pas encore ce soir, que le mal qui le rongeait ne lui laisserait pas de répit. S’enfuir ? Il pensa un instant crier dans la rue, mais à quoi servirait son cri de douleur ? Cela ne changerait en rien son destin. Il se sentait sur une autre planète, dans une autre dimension que ceux qu’il côtoyait.

Au petit matin, son téléphone portable entama une danse endiablée de Faith No More, groupe alternatif des années 1990. Jacquier fut surpris par le son qui s’en dégagea, car le réveil était à des années lumières de créée cette déferlante musicale, branché qu’il était sur une station de radio d’information. Il réussit quand même à appuyer sur la bonne touche.

-  Jacquier, encore en train de dormir, c’est votre coéquipière préférée ! Magnez-vous, on a trouvé un cadavre dans le parc Mistral, pas loin de la tour Perret.

Jacquier était encore plus dans le coltard qu’il ne l’imaginait. Il prit rapidement des affaires dans son armoire et s’habilla en moins de trente secondes. Il parvint à attraper une barre de céréales avant de s’engouffrer dans sa voiture.

Arrivé sur place, il se félicita de n’avoir rien mangé en regardant le corps atrocement mutilé de la victime.

-   Homme, environ 40 ans, brun, 1m75, pas de signe particulier. On a retrouvé son portefeuille, Jocelyn Traquelli, non connu de nos services.

Jaquier observa sa coéquipière. Pas de signe de faiblesse. Décidément, elle était faite pour ce job. D’une froideur à vous mettre directement le cadavre au frigo. Ne se sentant pas trop bien, Jacquier émit un son plus qu’il ne posa une question.

-   Des témoins ?

-   Non, à part le jogger matinal qui à l’habitude courir à 6 heures du matin et qui a découvert le corps.

-   Les gens sont barjos, le monde courre à sa perte Lecouerc, je vous l’ai déjà dit ?

-   Vous radotez Jacquier, vous radotez…

-   On a retrouvé l’arme du crime ?

-   Non, mais une chose est sure, ce n’est pas un petit couteau qu’a fait ces grosses entailles…

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Implosion (3)

22 Janvier 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Troisième volet. Ecrit expérimental portant sur notre société contemporaine. Pour Pacifique, le fils de Modeste, c'est la rentrée des classes...

 

Pour Pacifique, la nuit n’avait semblé jamais se finir. Le radio-réveil s’était obstiné à retentir à plusieurs reprises et ses premiers pas hors de sa chambre avaient ressemblé à ceux de Neil Armstrong marchant sur la lune. Après avoir tenté de dompter ses cheveux crépus et rebelles, l’adolescent se jeta sur ses céréales et son bol de lait. Etrangement affamé, il prit ensuite tout son temps pour boire son jus d’orange, se doucher et aller s’habiller. Il fallait aujourd’hui bien choisir sa tenue. C’était la rentrée…

Ni trop strict, de quoi aurait-il eu l’air devant ses camarades, ni trop relâché, de quoi aurait-il eu l’air devant ses profs, l’adolescent opta pour un pantalon taille basse, qu’il mit quand même à bonne hauteur, au moins pour le premier jour. Un tee-shirt représentant la tête d’un tigre contrastait avec le petit blouson aux couleurs unies, compromis idéal qui lui permettait de ne pas trop attirer l’œil tout en n’étant cependant pas invisible. Il tint malgré tout à prendre sa casquette estampillée NBA dans son sac, au moins pour se rassurer.

En bas de l’immeuble, Yassin l’attendait. Les deux jeunes se tapèrent à plusieurs reprises dans la main, puis au cœur. Ils se rendirent sans un mot à l’arrêt de bus. Il était inutile de parler, chacun d’eux appréhendait ce jour. Ils avaient définitivement quitté le collège, cet endroit où on leur avait appris à grandir pendant quatre ans. C’était une page de leur enfance qui se refermait. Une phrase de son père revenait à cet instant dans sa tête :

-          Tu es grand maintenant, tu n’as plus d’excuse. C’est fini de jouer, tu dois apprendre un métier, être sérieux, le lycée c’est l’entrée vers le monde adulte.

Combien de fois avait-il entendu ce refrain ces derniers mois ? Comme si son père ne le connaissait pas. Les deux camarades passèrent le portail du lycée. La première réflexion de Yassin ne surprit pas son ami.

-          Trop moche ce lycée !

Pacifique hocha la tête. Lui n’était pas surpris par ce bloc tout en longueur qui ressemblait vaguement à une soucoupe volante qui aurait atterri sur le dos. Il l’avait visité lors de la journée « Portes ouvertes ». Son architecture des années 1970 ne donnait à personne l’envie d’y entrer. Ils allèrent s’installer sur un banc en plein milieu de la cour avec leur casque vissé sur leur crâne, son tourné à plein volume, en attendant l’heure fatidique où il faudrait se rendre sous le préau.

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Révolution numérique

16 Janvier 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Actualités

 

Beaucoup sont ceux qui craignent que l’apparition du livre numérique (e-book en anglais) et son développement phénoménal n’entraînent la fin du livre papier. A terme, c’est tout à fait possible et même sans doute inéluctable, mais en attendant, la dématérialisation du livre offre bien des avantages… et quelques inconvénients…

Qu’il était bon le temps où l’on pouvait toucher, soupeser, manipuler l’objet-livre, cette espèce en voie de disparition…  Bien sûr, j’exagère, n’empêche… Est-ce la fin d’une civilisation, comme le dit Philippe Leclercq ?

Désormais, le marché en expansion, c’est celui de l’e-book sous toutes ses formes et sur toutes les liseuses (Kindle, Kobo, Sony reader…), puisque dès l’année dernière, Amazon Uk (traduisez United Kingdom, Royaume-Uni) vendait plus de livres numériques que de livres papier. Ce sont les livres à moins de 5 euros qui se vendaient le mieux. Les éditeurs classiques l’ont-ils bien compris ? Oui et non. Explications.

Pour les nouveautés issues de ces éditeurs, le prix d’un livre vendu 20 euros sur les étagères d’une librairie atteindra souvent les 15 euros pour un format e-book, soit  25% moins cher que le livre papier. Moins chers certes, mais est-ce bien suffisant pour convaincre le potentiel acheteur d’acquérir le dernier Amélie Nothomb ou le dernier Franck Thilliez ? En effet, la sphère numérique recèle des centaines de milliers de titres portant sur tous les sujets possibles et souvent, pour ne pas dire toujours, à des prix bien inférieurs. Certes, le lecteur sera attiré par le nom de l’auteur, sa renommée, mais cette perspective suffira-t-elle face à des concurrents, certes moins connus, mais dont les prix ne sont absolument pas comparables (exemple avec mon livre vendu pour 3 euros) ?

Et puis, il faut le reconnaître, il y a l’aspect pratique. Les liseuses dernière génération s’allument dans le noir, pèsent moins de 300 grammes, tiennent dans une poche et peuvent contenir des milliers d’ouvrages, dont certains sont gratuits, car libres de droits… On peut changer la taille de la police d’écriture si l’on a un problème de vision, chercher directement dans le dictionnaire intégré le mot inconnu…

Les éditeurs dits « classiques » survivront-ils à l’assaut des nouveaux éditeurs du numérique (Numeriklivres) ou plates-formes d'auto-édition (Atramenta) et des auteurs autopubliés? Comprendront-ils qu’ils ont tout à perdre s’ils ne baissent pas quelque peu le prix de leur produit (le lecteur se sentant un peu pris pour un gogo, alors que les éditeurs n’ont plus de frais d’imprimeurs et que les % accordés aux auteurs n’augmentent pas) ?

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Dernière minute... et autres anecdotes n°2

15 Janvier 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Dernière minute

Deuxième édition des tweets et autres réflexions de la semaine :

 

 

N°1

A Grenoble, un homme tire dans la rue (en l’air mais 7 coups de feu quand même) parce qu’il était… déprimé : ça me déprime. Amène le fusil Germaine !

 

N°2

A propos de l’AICAR, nouveau produit dopant (qui fait courir les souris 70% plus vite) :

Désormais, certains sportifs pourront dire : « Excusez-moi, j’ai fait un petit AICAR »

 

N°3

Exposé oral d'un élève en cours de Français : « le personnage mourira des suites d’une maladie » et moi je vais mourir de rire…

 

N°4

Un élève, sourire en coin, dit à un collègue : « On ne choisit pas sa famille ». Je lui ai répondu « On ne choisit pas non plus ses élèves ». Le collègue s’adresse à l’élève : « Ramasse tes dents ! ». Rire des autres élèves…

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Implosion (2)

13 Janvier 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Deuxième épisode. Ecrit expérimental portant sur notre société contemporaine. Nous avions laissé Modeste au Rwanda aux prises avec les miliciens. On le retrouve plus tard réfugié en France...

 

 

Modeste se réveilla en sueur. Il s’assit sur son lit en se tenant la tête entre les mains, puis se leva doucement et marcha sur la pointe des pieds pour ne réveiller personne. Il but un verre d’eau à la cuisine, se dirigea vers la fenêtre et regarda les lumières de la ville. Il n’y avait pas grand-chose à voir à cette heure-là. Peu de voitures arpentaient la rue, seuls les lampadaires éclairaient les diverses allées de la cité Picasso.

En descendant, il pesta contre une boite de pizza et une cannette laissée dans l’escalier menant au rez-de-chaussée. Ce devait être encore les petits voyous du quartier qui faisaient leur commerce. Ils changeaient de bloc chaque jour. Il en avait bien parlé aux anciens du quartier, mais ceux-là se disaient impuissants devant certaines jeunes, dont les parents eux-mêmes cautionnaient les agissements ou du moins ne refusaient pas les billets que leurs enfants eux-mêmes leur tendaient. C’était une minorité, parfois des groupes de 5 ou 6 avec des rôles bien précis, les plus jeunes à la surveillance, les plus aguerris à la planche à billets, parfois une ou deux familles entières. Une minorité qui faisait du tort à la grande majorité, qui faisait ce qu’elle pouvait pour aller travailler. Le taux de chômage s’élevait tout de même à 35% de la population active, ce qui faisait qu’au fond, en éliminant tous ceux qui avaient l’âge d’aller à l’école et ceux qui étaient à la retraite ne laissaient que quelques-uns aller au travail. Modeste partait donc chaque matin à 6h30 pour aller prendre le bus et se rendre à son usine. Là-bas, peu de gens l’avaient vu sourire, aucun ne l’avait vu se plaindre. Jamais. Ni lui, ni son fils ne le faisaient. En attendant le bus, Modeste eut une petite pensée pour ce dernier. Il se sentait un peu inquiet en ce début septembre. Pacifique, 15 ans, allait rentrer au lycée ce jour même. Son fils n’avait pas réalisé un très bon parcours scolaire, mais jamais on ne lui avait reproché quoi que ce soit sur son attitude, son savoir-être, et pour ça Modeste était fier de son fils, c’était la preuve qu’il avait reçu  une bonne éducation.

Le bip de la pointeuse marqua l’arrivée en avance de l’employé modèle.

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Implosion (1)

8 Janvier 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

L'histoire qui va suivre n’est qu'une pure fiction. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Sauf qu'au Rwanda en 1994, 800 000 personnes se sont bien fait massacrées...

 

Ce soir-là, le soleil se coucha en prenant une teinte particulièrement rougeoyante. Le ciel entier s’embrasa, veiné d’on ne sait quel or. Le pourpre, seul, dominait. Un homme demi-assis venait de se relever des morts. Il fixa l’astre comme si c’était la fin des temps, comme si l’obscur allait tout engloutir, les hommes, les animaux, la nature tout entière et toutes les civilisations. Il toucha son bras pour s’assurer qu’il était encore bien vivant. Sa tête lui faisait mal. Il passa sa main sur son cuir chevelu et la ramena devant ses yeux, la vue du sang le fit gémir. Il ne comprenait pas ce qu’il venait de vivre. Tout autour de lui n’était plus que feu, débris et sang. Les maisons du village brulaient.

Pétrifié, il esquissa un mouvement vers la droite et le regretta presque aussitôt. Il aurait préféré être changé en statue de pierre par les Gorgones au lieu de voir sa femme baignée dans un sang aussi noir que l’âme de ceux qui l’avaient tué.

Cela lui fit comme un électrochoc. La scène défila devant lui, tel un scénario implacable que rien ni personne n’aurait pu arrêter. Cela avait commencé par des cris, sourds et inquiétants. Modeste et Rosélyne avaient stoppé net leur repas. Modeste se leva de la table et alla voir à la fenêtre. Les miliciens, arrivés en grand nombre, machettes à la main, s’occupaient silencieusement des premières maisons. Modeste n’eût qu’à regarder Rosélyne pour qu’elle comprenne le danger. Ils passèrent par la porte du débarras située à l’arrière de leur maison en terre. Mais, déjà, ils avaient défoncé leur porte et étaient à leurs trousses dans les rues du village. Ce fut Rosélyne qui trébucha la première. Courir avec une robe n’était pas chose aisée. Modeste s’arrêta dans sa course et revint vers elle pour la protéger, mais l’un des miliciens, précisément l’un de ses anciens camarades d’école, lui asséna un coup de gourdin.

-          Tiens, sale Tutsi, tu l’as bien mérité !

Etant dans l’incapacité de bouger, il entendit ensuite vaguement des cris, les cris de sa femme que les miliciens étaient en train de massacrer…

 

A suivre...

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Dernière minute

6 Janvier 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Dernière minute

Un maximum de conneries en un minimum de place ! Quelques brèves remarques sur l'actualité de la semaine...

 

Dernière minute n°1

J'ai cru voir sur l'AFP "Hallyday s'adressera à l'Outre-Mer ce jeudi soir", pour leur dire qu'il part en Belgique ?!

Désolé, j'avais mal vu, c'était Hollande!

 

Dernière minute n°2

Bardot menace à son tour de partir en Russie, ça va lui changer de la Côte d’Azur, faut qu’elle prépare son manteau de fourrure… (ça rime!)

 

Dernière minute n°3

On vient d’apprendre à l’instant que le prix du gaz vendu à la France par la Russie allait baisser de 15%, alors que dans le même temps, deux des plus grands cerveaux français ont quitté le pays. Coïncidence ?

L’opinion française s’inquiète devant ce qu’il faut bien appeler, un coup de « Poutine » !

 

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Putain de voisins de merde (2.2)

4 Janvier 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Deuxième partie

Le retour de la vengeance de ce qui fut mon plus gros coup de gueule et qui portait sur toute l’amitié (certes relative) que je portai alors à mes voisins.

Voilà  4 ans, je me livrai, un soir d’accablement,  à détruire de bons cœurs tous les voisins de la terre… Pour le voir, il est ici sur mon ancien blog, et pour la suite, elle est là :

Je me pris la tête à deux mains. Il faut dire qu’un an plus tôt, au plus fort de l’été, des voisins avaient installé un climatiseur. Pas un petit climatiseur, non un climatiseur de compétition, qui évacuait son flux d’air juste au-dessus de notre fenêtre, et dont le bruit nous empêchait de dormir. Il avait fallu illico quémander au propriétaire pour qu’il arrête sa fichue machine après 22 heures….

Pâle, les yeux exorbités, je me mis à paniquer.

-          Ce ne sont pas les voisins qui sont partis d’ici et qui habitent maintenant sur Paris ?

-          Si, ils ont des locataires maintenant…

-          Putain, on est foutu !  Ils ne sont même pas dans le même immeuble que nous !

-          Il faut aller les voir !

-          Attends, on se calme, peut-être qu’ils vont l’arrêter leur ventilo, surtout qu’il fait 16 degrés dehors, je ne vois pas à quoi ça leur sert là…


Je dois dire qu’après-coup, j’ai eu tort de faire confiance à la nature humaine et surtout aux voisins, ces êtres à la fois si proche et si lointain de notre espèce…


-          Ils n’ont toujours pas arrêté leur putain de ventilo ! Je vais péter un plomb !

-          Tant pis, c’est trop tard (il était 22h30 passé), on va dormir dans le salon…


Installés dans notre canapé, résignés, aucun de nous ne s'était endormi alors que minuit sonnait :

-          C’est d’un romantique, chérie…

-          Avec un petit bruit de fond…

-          C’est ça qui fait le charme…


Le lendemain, le bruit s’arrêta, puis recommença de plus belle en fin d’après-midi.

-          Il faut y retourner, sinon on va encore dormir dans le salon…

Approuvant de la tête, je descendis au pied de l’immeuble et alla sonner à l’interphone.

-          Oui ? dit une fragile voix, avec en arrière-fond des cris de bambins.

-          Bonjour madame, excusez-moi, mais vous faites marcher votre ventilateur la nuit, et le bruit nous dérange. Pourriez-vous l’éteindre avant 22 heures s’il vous plaît ?

-          Oh oui bien sûr, excusez-nous… Oh la la…


J’avais mis mes voisins dans l’embarras. J’en ressentis presque une gêne sur le coup…

Je remontai cependant, le pas léger, soulagé et je vis ma femme souriante, me disant :

-          Je ne sais pas ce que tu leur as dit, mais il n’y a plus de bruit !

-          Elle a dû avoir peur…

Depuis, nous dormons tranquillement, et croisons les doigts, n’avons plus de gros souci…


Bordel, c’est quoi ce bruit de perceuse ? (excusez-moi je dois conclure, la maison vibre, un tremblement de terre ?)…

Ah oui, d’accord, c’est juste le plombier qui devait faire un trou entre le placard et l’appartement du voisin (pour la fuite de ses toilettes, souvenez-vous) et qui a malencontreusement débouché dans notre salon !

Putain de Voisins de M….. !!!!

 

 

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