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Blog d'auteur

L'homme (face à l'implacable) est-il toujours le sujet d'un autre?

26 Février 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

L'homme (entendez l'homme ET le femme) est-il forcément le sujet d'un autre ?

Dans l'extrait ci-dessous issu du roman "Le dernier de service" (MG éditions), Etienne Goindat, appelé du contingent, se révolte face à une situation qu'il juge injuste. Il infléchit le cours des choses en refusant ce qu'un homme qui a autorité sur lui veut lui imposer. En somme, il invoque le droit d'être l'égal de l'autre, tout en se sentant le représentant de ses infortunés camarades.

C'est ce sentiment de révolte qui le pousse à agir pour être respecter en tant qu'être humain. Il prend un risque, minime certes, il ne risque que "le trou", mais il juge que ce risque se doit d'être pris au regard de ce qu'il subit. Ainsi, de victime, Etienne passe à héros...

 

Albert Camus dans "Lhomme révolté" en parle bien mieux que moi. Voici quelques-unes de ces idées sur la définition même de ce qu'est la révolte :

 

Qu'est-ce qu'un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. Quel est le contenu de ce «non»? Il signifie, par exemple, «les choses ont trop duré», «jusque-là oui, au- delà non», «vous allez trop loin», et encore, «il y a une limite que vous ne dépasserez pas». D'une certaine manière, il oppose à l'ordre qui l'opprime une sorte de droit à ne pas être opprimé au-delà de ce qu'il peut admettre. Il fait donc intervenir implicitement un jugement de valeur, et si peu gratuit, qu'il le maintient au milieu des périls. Jusque-là, il se taisait au moins, abandonné à ce désespoir où une condition, même si on la juge injuste, est acceptée. Se taire, c'est laisser croire qu'on ne juge et ne désire rien et, dans certains cas, c'est ne désirer rien en effet. Le désespoir, comme l'absurde, juge et désire tout, en général, et rien, en particulier. Le silence le traduit bien. Mais à partir du moment où il parle, même en disant non, il désire et juge. Le révolté, au sens étymologique, fait volte-face.

Il marchait sous le fouet du maître. Le voilà qui fait face.

Albert Camus L’homme Révolté 1951

 

Extrait Le dernier de service (en vente en version numérique, c'est ici)

 

"C'est à ce moment-là que je vis foncer sur moi Ganindho. J'avais été en plein dans mes pensées, essayant tant bien que mal de me concentrer pour nettoyer au mieux et au plus vite ma machine de guerre. Je savais à cet instant précis que Ganindho m'avait déjà dans le nez, ma tête ne devait pas lui plaire ou plus sûrement, je me trouvais un don, celui de renifler les cons à des kilomètres. Le problème c'est que ce don était aussi un handicap. Ceux-ci me repéraient et ne pouvaient dès lors plus me sentir. Ce n'était pas la première fois que ça m'arrivait.

Le problème c'était qu'aujourd'hui, la victime, ça allait être mézigue. Mais mézigue, la moutarde commençait à lui monter au nez, le petit jeu des hommes en verts, il en avait jusque-là ! Les hurlements et autres vociférations de la part d'êtres particulièrement obtus et anormalement dénués de tout sens humaniste, mézigue ne supportait plus. En plus, l'injustice était totale, se faire insulter par des gens, dont le Q.I. dépassait à peine celui du chimpanzé, c'en était trop. Je n’étais pas disposé à jouer les fillettes.

-       Goindat, j'espère que tu nettoies bien ton famas ?! On va voir ça.

   Je n’avais pas fini, mais ça comment lui faire comprendre avec ce qui a été dit plus haut... Il continua donc son manège. Il sortit de sa poche un bâtonnet, un petit objet dont on se sert pour se nettoyer les oreilles. Il passa alors ce simple instrument domestique devenu instrument du bourreau. Son commentaire ne me surprit pas :

-       C'est dégueulasse ! Je te préviens, je vais te le faire bouffer si c'est pas propre d'ici cinq minutes !

Je ne fus pas le seul à entendre les louanges de Ganindho. L'admirable Dédé eu lui aussi droit au sermon. Je dois dire que j'étais vexé. Etre mis au même niveau que Dédé dans le domaine de la propreté… Mais les cinq minutes allouées par le brigadier-chef représentaient un temps bien trop limité et passèrent très vite.

Deuxième passage du loup... Dédé était déjà contre le mur, ça ne sentait pas bon. Lorsque Ganindho passa une deuxième fois son petit bâtonnet tout propre, tout blanc sur l'engin, son expression n'était pas de la stupeur ou de la colère, mais du sadisme. Il me montra fièrement qu'en passant son bâtonnet, il avait prodigieusement récolté une once de crasse sur le canon. Il me faisait penser à un gamin de cinq ans, tout content de sa trouvaille.

-       Goindat, passe contre le mur !

Dédé fut le premier à y passer. Non, rassurez-vous, Ganindho ne nous fusilla pas.

-       Dédé, ouvre la bouche ! 

Il lui glissa le côté « propre » du bâtonnet dans la bouche. Il me donna moi aussi mon bâtonnet. Nous étions plantés là comme deux crétins. L'humiliation était totale. Ganindho, en grand pervers qu'il était jubilait. A l'intérieur de la pièce, le temps était comme suspendu. Je voyais tous les visages de mes camarades braqués sur le mien et celui de Dédé. Je les voyais déçus, certains devaient se dire : « C'est leur tour, demain ce sera peut-être le nôtre ».

Que devais-je faire ? J'étais hors de moi ! Est-ce que j'allais lui casser la gueule à ce chimpanzé ? J'étais rouge de colère. Ganindho tourna le dos, ses acolytes ou supérieurs discutaient toujours à l'entrée. Je les regardais aussi. Ils avaient vu toute la scène et pourtant ils ne bougeaient pas le petit doigt. Quel mépris ? Je les haïssais eux aussi. La rage montait en moi. Je pris le bâtonnet de ma bouche et le mis discrètement dans la main.

Ganindho, bien évidemment, s'en aperçut. Il me sauta presque dessus :

-       Goindat, remets ce bâtonnet dans ta bouche !

-       Non ! 

Ce « non » était sec, sans le grade derrière. Dans le civil ce « non » pouvait être perçu comme une marque d'impolitesse, ici, c'était carrément un refus d'obéissance, une provocation. Cela pouvait me valoir des jours de trou. Seulement voilà, je ne le savais pas encore, mais chez les gradés, il y avait les petits gradés comme Ganindho et les autres...

Autour de nous le silence s'était fait. Les autres gradés, justement, regardaient désormais de notre côté. Plus le monstre aboyait, plus je lui faisais face. Cette fois-ci il n'était pas question que je cède. J'étais immobile, attendant le moindre geste pour l'étrangler. Il avait été trop loin. La révolte devait sonner. Tout le monde attendait. Je me sentais soutenu. Mes camarades semblaient dire du regard : « Vas-y, tiens-lui tête ! »

De manière inattendue, les autres gradés, sentant la tension montée chez les jeunes appelés, commencèrent à modérer Ganindho, voire à le réprimander :

-       Arrête tes conneries Ganindho ! 

Je me tenais toujours immobile, le défiant du regard. Il dut céder. Ce fut la première victoire des 97/8 sur Ganindho !"

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Le dernier de service en édition numérique

25 Février 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Actualités

Le dernier de service, roman autobiographique publié en 2008, est désormais disponible en version numérique sur Amazon, ici

Il s'agit d'une version revue et corrigée.

 

Résumé :

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En France, jusqu'à la fin des années 1990, tout jeune homme devait effectuer son service militaire. L'un d'eux, Etienne Goindat, raconte son départ de sa Haute-Savoie natale. Il narre son aventure de dix mois qui le mena ainsi à Besançon.

 

N'hésitez pas à laisser des commentaires sur Amazon ou ici :)


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Incipit de mon nouveau polar

8 Février 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Voici chers lecteurs l'incipit de mon nouveau roman policier. A l'heure d'aujourd'hui, je cherche un éditeur compétent. Si jamais vous en connaissez un ou si vous êtes un, n'hésitez pas à me contacter. Si vous êtes simplement un lecteur, n'hésitez pas à me laisser un commentaire sur ce que vous penser de ce début...

 

 

Ils n’étaient pas venus pour jouer au poker. Une goutte se détacha lentement du plafond de la grande salle et alla rebondir sur le sol. A quelques mètres de là, dans une pièce creusée quatre cents ans plus tôt à même la roche, cinq hommes étaient réunis autour d’une table. Une unique lampe alimentée par un groupe électrogène éclairait faiblement la pièce. Le mobilier se voulait fonctionnel et n’était composé que d’une grande table et de quelques chaises.

Aimé Lagarde, qui occupait le bout de l’unique meuble rectangulaire, bouillait intérieurement. Les yeux dans le vague, le président de l’association était le gardien des lieux. Ses doigts commençaient à être engourdis par le froid. A l’extérieur, en pleine nuit d’été, il faisait 17°C. Enterré sous les pans calcaires des Préalpes, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, la température de la grotte, elle, ne bougeait pas, 12°C en toute saison et il fallait que ceux qui la visitait s’arment d’un pull et d’une veste.

Habillé d’une toge, il avait gardé son éternel chapeau à portée de main. Comme les autres membres de cette confrérie, il attendait quelqu’un d’important qui n’arrivait pas. Et comme les autres, il trouvait le temps long. Pour l’heure, la discussion s’éternisait autour du budget de l’année suivante.

Il ne s’agissait pas d’un débat enflammé, car la commune, assez pauvre, ne pouvait de toute façon contribuer que modestement au fonctionnement du château. Ce n’était rien en comparaison de ce que donnait le département.

Les chaises voisines étaient occupées par deux anciens résistants. Ils étaient là depuis longtemps, ne disaient que peu de mots, et n’étaient pas venus pour discuter argent. Pour un peu, on aurait pu les prendre pour des vieillards inoffensifs assis sur un banc au milieu d’un village attendant la grande faucheuse. Mais autrefois, ils avaient été redoutables et avaient repoussé l’ennemi lors de la dernière grande guerre. Ils avaient gagné ainsi les galons qui leur valaient d’appartenir à cette confrérie.

A côté d’eux, l’ancien guide touristique du château s’ennuyait lui aussi et commençait à sérieusement énerver ses camarades en produisant des bruits parasites avec ses doigts. Il tapotait sur le bois sans aucune notion rythmique, ce qui avait le don d’agacer le maire du village, Gerardin, qui était en train de justifier la baisse programmée de sa subvention en faveur de l’association du château. Il le regarda méchamment et l’interpela par son surnom, l’Ange. Il se trouvait qu’Ange était aussi son véritable prénom. Ce dernier s’arrêta net.

Au bout d’une heure, l’attente devint insupportable, car tous les sujets à l’ordre du jour avaient été abordés et l’invité ne pointait toujours pas le bout de son nez. Or, Aimé Lagarde avait avancé cette réunion en raison de sa venue. L’un des deux résistants, Simon Béraut, pestait. Il avait fait remarquer cinq minutes plus tôt que lui aussi s’était déplacé, certes de moins loin, mais que lui au moins était à l’heure et qu’il s’était donné la peine de prendre le train tôt ce matin.

Quant à l’autre résistant, Raymond Aubré, il usait de son calme légendaire de doyen, même si, à l’intérieur, le sang commençait à lui monter à la tête. Il se promit à lui-même que c’était la dernière fois qu’il assistait à ce genre de réunion. Il avait eu déjà le plus grand mal à descendre jusque-là.

L’invité de la confrérie, lui, venait de la capitale et ses grandes responsabilités lui donnaient, paraît-il, des excuses…

Enfin, sa voiture s’arrêta sur le parking en contrebas du château. Il descendit de la berline noire aux vitres teintées. L’un de ses deux gardes du corps ouvrit le coffre, en sortit un manteau, une malette ainsi qu’une torche qu’il donna à son chef. L’homme fut escorté le long de la route désormais fermée qui menait, au terme de deux lacets, au château.

Mais arrivés en haut, ils bifurquèrent sur la gauche vers la forêt et s’éloignèrent ainsi de la demeure de feu Gallois de Regard. Après quelques dizaines de mètres parcourus, l’invité pénétra dans une grotte située sur la droite. Les deux sbires se postèrent à l’entrée.

Seuls les initiés connaissaient le cheminement qui menait à la pièce du rendez-vous. Il fallait d’abord oser pénétrer à l’intérieur de cette petite grotte, surtout de nuit, se courber et aller jusqu’au fond. Là, une grille empêchait le premier venu d’aller plus loin. Comme les cinq autres, il en possédait la clé. Un grincement salua le passage de l’homme pressé. Il continua le long d’un couloir escarpé, puis trois directions s’offrirent à lui, une à gauche qui montait, une centrale et une à droite qui descendait. C’était cette dernière qu’il fallait prendre. Il connaissait le chemin par cœur, mais il fit très attention à ne pas glisser sur une pente qui devenait de plus en plus abrupte. Il lui fallut ensuite descendre une série de marches. L’homme souffla à plusieurs reprises et parvint au point le plus bas. Il suffisait alors de poursuivre tout droit sur vingt mètres. Il déboucha dans la cavité principale et prit un petit temps pour retrouver son chemin, profita de quelques secondes pour contempler ce décor où il passait une fois l’an, puis se décida à aller vers la droite jusqu’à l’entrée de la pièce.

Le retardataire salua les membres de l’association d’une ferme poignée de main. Le président, veste sombre, se tenait un peu en retrait et fut le dernier à l’accueillir. Il l’invita à s’asseoir avec ses autres compagnons.

-       Bien, bien, maintenant que vous êtes là, nous allons pouvoir aborder le point le plus important. En tant que président, j’ai avancé exceptionnellement cette réunion suite à des événements gravissimes qui m’ont été rapportés par un ami d’enfance. Notre invité, monsieur Vitruve, ici présent, a été mis au courant et a commencé à enquêter. Je lui laisse la tâche de vous narrer les évènements.

Les regards des cinq autres membres se braquèrent sur ce dernier. Tous savaient que ce n’était pas son vrai nom. Depuis la Deuxième Guerre mondiale et pour des raisons de sécurité nationale, le chef des renseignements intérieurs assistait à la réunion annuelle de la confrérie. La Direction Centrale du Renseignement Intérieur prit le relais. La DCRI était née de la fusion entre la DST, Direction de la Surveillance du Territoire et des Renseignements Généraux, qui s’occupait auparavant de cette modeste tâche.

C’était donc cet homme qu’on appelait Vitruve, un proche du Président de la République, qui se tenait là devant eux. Son crâne dégarni et un air de haut fonctionnaire proche des arcanes du pouvoir faisait tenir à distance n’importe quelle personne qui ne le connaissait pas. Les membres de l’association ne l’avaient que rarement vu. Comme beaucoup d’autres, ils le craignaient. Ce soir, le chef des renseignements avait beaucoup de choses à dire.

-       Bonsoir à tous, tout d’abord, veuillez m’excuser pour mon retard, j’ai mis un peu de temps pour arriver, des affaires m’ayant retenu. J’ai des éléments importants à vous communiquer. J’ai pensé qu’il était préférable de me déplacer en personne et de vous expliquer de visu ce qui s’est produit la semaine dernière. Dans la nuit du mercredi 2 juin, un commando de six hommes cagoulés s’est introduit dans une propriété sur les hauts de la commune de Tresserve, près d’Aix-les-Bains. Ces hommes ont contraint le propriétaire à leur donner le contenu de son coffre. En plus de quelques bijoux de famille, un document important a été volé. Il s’agit d’une liste. Celle des membres de ce cercle…

Des murmures se firent dans la petite assistance. Comment est-ce possible ? entendit-on çà et là. Vitruve prit tout son temps et attendit la fin du tumulte.

-       Mais d’où sort cette liste ? demanda le vieux Simon. Enfin, qui a pu se procurer ce genre de renseignements ?

-       Ce dont on est sûr, c’est que ce sont les derniers écrits d’un ancien milicien du village, Léon Padoux, et qu’ils ont été conservés depuis quelques années par son fils Émile. C’est lui qui s’est fait cambrioler et qui a prévenu Aimé ici présent. C’est un peu miraculeux de l’avoir appris, mais Émile était un bon camarade de classe d’Aimé. Son père dans les dernières années de sa vie avait fait vœu d’expiation. Les fantômes du deuxième conflit mondial le hantaient. Il voulait tout raconter à son fils et avait couché sur le papier tous ses souvenirs, dont la mention du trésor et de ses gardiens.

-       Connaissent-ils l’emplacement exact du trésor ? l’interrompit Raymond.

-       A priori non, ils n’ont qu’une liste de noms. Après le coup de téléphone d’Aimé, je me suis mis en contact avec la gendarmerie d’Aix-les-Bains et j’ai moi-même envoyé quelques hommes. On ne sait à l’heure actuelle qui ils étaient ni d’où ils venaient. Par contre, selon le témoignage d’Émile, ce n’étaient pas des voleurs amateurs, mais des professionnels. Ils savaient ce qu’ils faisaient, ils avaient du sang-froid. Ils ne se sont pas intéressés au matériel informatique ni aux meubles et objets présents dans la maison, mais uniquement au coffre, c’est ce qui peut nous inquiéter et c’est pour cela que nous prenons l’affaire très au sérieux. En même temps, ils n’en voulaient peut-être qu’aux bijoux présents dans ce même coffre et ils auraient ainsi raflé tout ce qu’il y avait dedans sans prendre le temps de séparer le bon grain de l’ivraie… Si ça se trouve, ils ont jeté la liste et vous n’avez rien à craindre. Dans la mesure où l’on ne sait pas ce que voulaient ces gens, je vous recommande à tous la plus grande vigilance et la plus grande prudence… Vous êtes peut-être en danger…

-       Si vous croyez que je vais changer mes habitudes pour de minables voleurs ! s’exclama le plus ancien, Raymond.

-       J’insiste, soyez tous prudents. J’ai mis l’un de mes hommes sur le coup. C’est tout ce que je peux faire pour l’instant.

Et encore pensa-t-il, l’un de mes hommes… Ce dernier s’appelait Abdelatif Kachir. Il n’appartenait nullement à la DCRI, mais il lui était redevable et en fin de compte, ça revenait au même.

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Sphères parallèles n°4

6 Février 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Dernier épisode. Jules va-t-il résister à l'appel de la belle sirène ou va-t-il la rejoindre? Réponse maintenant :

 

Les neurones de Jules s’interconnectèrent, et leur propriétaire tenta d’évaluer toutes les options qui s’offraient à lui. Qu’avait-il à craindre au fond ? Il avait déjà tout perdu il y a de cela des années, sa femme, son boulot, alors quoi de plus ? Et puis, peut-être que tout cela n’était qu’un espace-temps qui s’était ouvert d’une manière tout à fait saugrenue et qui allait se refermer tout aussi vite.

Il se retourna vers Julia et prit un air contrarié.

-   Je veux bien, mais comment fais-je concrètement pour vous rejoindre ?

-   Approche-toi du miroir, je m’occupe du reste. C’est un jeu d’enfant.

Jules se leva alors et fébrilement se plaça devant le grand miroir. La belle Hispanique tendit la main. Cette dernière traversa la psyché et Jules la prit tout naturellement. Elle le fit passer de l’autre côté. Il ne sentit pas grand-chose au fond pendant sa traversée. Mais ce fut après, comme un grand réconfort, un apaisement jamais connu. Une douce musique le berça alors que Julia l’embrassait voluptueusement.

-   Maintenant, tu es à moi et à moi seule. Nous allons être heureux tous les deux jusqu’à la fin des temps…

-   Et si je veux revenir au précédent monde ?

-   Je crains que ça ne soit pas possible. Tu es mort Jules, tu ne le sais pas, mais c’est fait.

-   Comment ?! Je ne peux le croire.

-   Note bien que tu n’as absolument pas souffert.

-   Ce n’est pas possible !

-   C’est arrivé la nuit dernière. Paisiblement.

-   Tout cela n’a aucun sens !

-    Regarde autour de toi, tout cela ne ressemble-t-il pas à ce qu’on appelle le Paradis ?

Alors, Jules regarda avec ses grands yeux. Il observa les oiseaux chanter, les champs de verdure. La nature était sublimée, le ciel d’un bleu intense, sans nuages. Lui-même se sentait léger, flottant dans l’air. Elle avait raison. Il ne faisait plus partie du mon des vivants…

Et là, un grand boum !

Il mit quelques secondes avant de comprendre. Il venait tomber de son lit. Il se prit la tête entre les deux mains. Il ne sentait plus du tout léger. La gravité l’avait rattrapée en même temps que la réalité. Tout cela n’avait été qu’un rêve !

 

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Sphères parallèles n°3

3 Février 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Venez voir l'étrange histoire de Jules Sergent, agent immobilier, qui a cru voir un fantôme en Sofia, une cliente envoutante qui veut vendre son pavillon. Dans les deux premiers épisodes, Jules a-t-il eu une hallucination où a-t-il réellement rencontré un fantôme?


L’après-midi, Jules expédia les affaires courantes. Il ne cessa de penser jusqu’au soir à ce qui lui était arrivé dans la matinée. La nuit, il fit d’horribles cauchemars, où une femme brune, ressemblant trait pour trait à sa cliente, le poursuivait avec un hachoir dans sa cuisine. Il se réveilla un matin de plus, mais cette fois-ci profondément contrarié. Il s’en voulait d’avoir fui ce pavillon. Il fallait retourner sur les lieux pour en avoir le cœur, après tout, il avait peut-être eu des hallucinations.

Il sonna au portail, et comme le jour précédent, celui-ci s’ouvrit dans un grincement tel, que Jules en eut la chair de poule. La jeune femme, à la beauté entêtante, le regardait par sa fenêtre, avec un léger sourire. La porte s’ouvrit d’elle-même.

-   Entrez donc, Mr Sergent. Et ne vous échappez pas cette fois…

Il blêmit en entendant cette phrase, mais il prit son courage à deux mains, il voulait en avoir le cœur net.

-  Excusez-moi, mais que s’est-il passé hier. Vous avez disparu alors que vous étiez dans votre chambre…

-  Eh bien, je vais tout vous expliquer. Mais en attendant, asseyez-vous dans le canapé du salon. Vous voulez un petit café ?

-   Bien volontiers.

Jules contempla un instant le décor un tantinet vieillot du salon. La tapisserie composée de fleurs couleur Jasmin devait dater de plusieurs décennies. Deux petits tableaux d’excellente composition agrémentaient le tout. Sofia revint avec un plateau en porcelaine blanche.

-   J’ai acheté cette propriété avec mon mari il y a de cela quelques années. Malheureusement, il est mort depuis, et je n’ai plus les moyens d’entretenir cette maison. Vous avez vu les herbes folles qui poussent tout autour de la maison…

-    Oui, d’ailleurs, il faudrait nettoyer tout ça pour les futurs potentiels acheteurs.

-    Je m’en rends bien compte.

-    Mais, vous ne m’avez pas dit pourquoi vous avez disparu hier…

-    Que vous êtes impatients, mon cher Jules !

Elle dit ça d’un air coquin qui fit rougir l’agent immobilier jusqu’aux narines.

-    Dites-moi, êtes-vous seul dans la vie ?

-    Oui, j’ai perdu ma femme il y a de cela quelques mois.

-    Oh pardon, j’en suis navré. Cela m’a fait beaucoup de peine moi aussi quand mon mari est parti, mais il avait tout de même bien vécu.

-     Il était plus âgé que vous ?

-     Pas tellement.

Le cerveau de Jules tenta d’analyser ce que venait de lui dire Sofia, mais comme il ne réagissait pas, elle prit la parole.

-    Je suis un fantôme, Jules !

-    Vous me faites marcher ?!

-    Non, hélas. Je dois bien vous l’avouer, vous ne voulez plus vendre cette maison ?

-    Mais, comment puis-je vendre la maison d’une… d’un fantôme ?

-    Je comprends.

-    Et d’ailleurs à qui est cette maison ?

Sofia sourit.

-   Et c’est là que j’ai bien joué le coup monsieur Sergent. Je n’avais pas de descendance, alors je me suis fabriqué un testament dans lequel je léguai tous mes biens à ma nièce Sofia, qui n’existe pas, bien entendu.

-    Je ne crois pas un mot de tout ce que je viens d’entendre…

-    Si vous ne me croyez pas, suivez-moi dans ma chambre.

Jules était à ce moment-là agacé. Il devait être tombé sur une arnaqueuse professionnelle, une personne qui se faisait passer pour une autre et qui voulait empocher la vente de cette vieille maison…

Elle lui prit la main, ce qui le fit de nouveau rougir et arrivé dans la chambre, elle se dénuda. Jules ne savait plus où se mettre. Son corps était d’une magnifique beauté, avec une peau mate, qui évoquait le soleil, les plages d’Andalousie ou du Portugal. Alors qu’il restait sans voix devant ce qu’il fallait bien appeler une Vénus du Sud, Sofia disparut comme dans un tourbillon et réapparut dans la psyché.

-    Me croyez-vous maintenant ?

Jules dut s’asseoir sur le lit.

-     Rejoignez-moi, dit-elle en faisant de langoureux gestes dans sa direction.

-     Vous… Vous rejoindre, réussit-il à balbutier.

-     Oui, ne vous inquiétez pas, vous ne risquez rien, vous êtes sous ma protection.

Jules va-t-il rejoindre cette superbe nymphe ? Sofia est-elle réellement un fantôme ou une arnaqueuse qui procède à un tour de magie ? Vous le saurez dans le prochain épisode…

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