Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Blog d'auteur

La vie en couleurs

30 Avril 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

 

La lumière est jaune

Le corps est blanc

L’âme est grise

Les trottoirs sont blafards

 

Seul dans le noir, je marche

Pour évacuer le trop-plein de rouge

Pour essayer de trouver du rose

Dans mon âme morose

 

Moi-même si je suis blanc, je ne suis pas tout à fait noir

Et quand je pense à toi, mon âme s’illumine

Je passe du gris au rose, pense à la victoire

Et le cœur s’emballe comme un fou dans ma poitrine

 

L’espoir revient en vert et contre tous

Je cours comme Usain Bolt

Je saute, je vole, je virevolte

Je passe à l’orange et me fais écraser comme un pamplemousse

Ça fout la frousse

Lire la suite

Les aventures du lieutenant Jacquier

24 Avril 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

La nuit avait enveloppé toute la ville sauf le lieutenant Jacquier. Il se tenait désespérément à son clavier d’ordinateur comme à une bouée de sauvetage. Sauf que de sauvetage il n’y avait point. Il serra le poing, de rage. Il ne trouvait pas l’adresse qui lui manquait. Plus aucune trace du suspect qui avait braqué une cliente au centre commercial. Une opération avait été menée, mais le jeune de 20 ans n’était pas à son domicile. En fuite, quelque part…

Il finit par s’en aller et laissa derrière lui sa pile de dossiers. Il savait qu’il ne dormirait pas encore ce soir, que le mal qui le rongeait ne lui laisserait pas de répit. S’enfuir ? Il pensa un instant crier dans la rue, mais à quoi servirait son cri de douleur ? Cela ne changerait en rien son destin. Il se sentait sur une autre planète, dans une autre dimension que ceux qu’il côtoyait.

Au petit matin, son téléphone portable entama une danse endiablée de Faith No More, groupe alternatif des années 1990. Jacquier fut surpris par le son qui s’en dégagea, car le réveil était à des années lumières de créée cette déferlante musicale, branché qu’il était sur une station de radio d’information. Il réussit quand même à appuyer sur la bonne touche.


-          Jacquier, encore en train de dormir, c’est votre coéquipière préférée ! Magnez-vous, on a trouvé un cadavre dans le parc Mistral, pas loin de la tour Perret.

Jacquier était encore plus dans le coltard qu’il ne l’imaginait. Il prit rapidement des affaires dans son armoire et s’habilla en moins de trente secondes. Il parvint à attraper une barre de céréales avant de s’engouffrer dans sa voiture. Le soleil se levait à peine, peu de voitures circulaient, ce qui lui permit d’arriver rapidement sur les lieux.

Cinq minutes plus tard, il se félicita de n’avoir rien mangé en regardant le corps atrocement mutilé de la victime.


-          Homme, environ 40 ans, brun, 1m75, pas de signe particulier. On a retrouvé son portefeuille, Jocelyn Traquelli…

-          Traquelli, Traquelli, ça me dit quelque chose…

-          Oui Jacquier, vous allez y arriver.

-          Un des bars droits de Mazzoni… Ça sent le règlement de compte à plein nez…

-          Sauf que l’arme du crime n’est pas une arme à feu.

Jaquier observa sa coéquipière. Pas de signe de faiblesse. Décidément, elle était faite pour ce job. D’une froideur à vous mettre directement le cadavre au frigo. Ne se sentant pas trop bien, Jacquier émit un son plus qu’il ne posa une question.

-          Des témoins ?

-        Non, à part le jogger matinal qui à l’habitude courir à 6 heures du matin et qui a découvert le corps.

-          Les gens sont barjos, le monde courre à sa perte Lecouerc, je vous l’ai déjà dit ?

-          Vous radotez Jacquier, vous radotez… En tout cas, une chose est sure, ce n’est pas un petit couteau qu’a fait ces grosses entailles…


Le policier tenta de reprendre ses esprits en effectuant quelques allées et venues près de la scène de crime. Un petit écureuil passa juste devant lui et il crut l’espace d’un instant qu’il lui adressa un clin d’œil espiègle.

Mazzoni était le « boss » de l’Abbaye, l’un des quartiers que se disputaient les caïds à coup d’armes à feu. C’était ce point précis qui le dérangeait, Lecouerc l’avait elle aussi relevée, le modus operandi apparaissait différent. De là à conclure qu’il ne s’agissait pas d’un règlement de compte… Il y en avait eu une trentaine dans les cinq dernières années. Le grand banditisme grenoblois sévissait depuis les années 1970, enserrant la ville tel un aigle avec sa proie. Certains quartiers étaient devenus des zones de non droit, des ghettos où le territoire n’était plus contrôlé par l’Etat et où la loi du plus fort régnait. Triste réalité.

Nul doute que l’assassinat de Traquelli allait déclencher la colère de Mazzoni qui chercherait dans les prochaines heures le coupable à l’aide de son 11mm. La spirale de la violence allait recommencer, on pouvait se préparer à de nouveaux règlements de comptes… Jacquier revint lentement vers la scène de crime. Deux ambulanciers placèrent le corps recouvert d’un drap blanc dans l’ambulance, direction la morgue.

 

 

-          Qui de nous deux va assister à l’autopsie ?

-          Et vous demandez encore ce genre de chose, Jacquier ? Vous savez très bien qui va y aller… C’est vous, bien sûr !

-          Et pourquoi ça serait toujours moi, on pourrait tirer à la courte paille, non ?

-          Mais vous avez quel âge Jacquier, non.

-          De quel droit, nous avons le même grade tous les deux, je vais demander l’arbitrage du commandant.

-          Vous jouez la pleureuse, pas très viril tout ça…

-          C’est quoi cette scène de ménage dans les couloirs ! Vous ne pourriez pas faire ça ailleurs, non ?!

-          Mon commandant, vous tombez bien, c’est toujours moi qui me coltine les autopsies, jamais Lecouerc. Pour une fois, envoyez là chef.

-          Jacquier a des compétences incontestables pour poser les bonnes questions, je n’ai en ce qui me concerne que très peu d’expérience.

-          Ben voilà, l’affaire est réglée, dit le commandant avec un grand sourire. Vous avez trouvé la solution. Allez-y tous les deux ! Avec deux cerveaux, quatre mains et quatre jambes, vous allez peut-être y arriver. Et puis, vous en profiterez pour aller voir Mazzini si vous le trouvez, voir dans quel état d’esprit il est et si ce n’est pas lui-même qui a buté l’un de ses lieutenants…

-          Mais il faut que je termine des dossiers en souffrance…

-          Lecouerc, vous les terminerez ce soir vos dossiers, allez ouste, prenez vos affaires et direction le CHU. D’ailleurs, vous avez de la chance, c’est Barbier qui est chargé de pratiquer l’autopsie…

-          En plus, ne put s’empêcher d’ajouter le lieutenant.

Les deux lieutenants remontèrent vers la surface où les attendait leur véhicule.

-          Bel exemple de solidarité Jacquier, merci.

-       Ça ne serait pas arrivé si vous m’aviez dit oui de suite, résultat, on est tous les deux punis.

 

Philippe Barbier attendait les policiers avec une impatience jubilatoire. Ce sera qui aujourd’hui, le Jacquier qui vomit ses tripes ou la petite jeunette qui n’est venue qu’une fois ? Quoi qu’il en soit, ça allait être un grand moment. Le cadavre qu’il avait devant lui avait été atrocement mutilé et nul doute que l’épreuve qui attendait l’officier qui serait de corvée serait terrible.


Sa joie fut décuplée lorsqu’il aperçut Jacquier et Lecouerc s’approcher de la vitre.

-          Deux pour le prix d’un ! Quelle chance ! Entrez mes amis, entrez !

Lecouerc déclencha l’interphone de l’autre côté de la vitre.

-          On peut se contenter d’observer de l’extérieur, la vitre, elle est là pour ça non ? En plus, on respecte la procédure, pas vrai Jacquier ?

-          C’est tout à fait exact, dit d’un air goguenard Jacquier.

-          Ey vous rateriez tout ?! Venez quoi, ne faites pas vos rabat-joies. Il n’y a plus de sang, les plaies sont bien nettes, il est propre comme à son baptême… En plus, j’ai des choses vraiment très importantes à vous montrer…


D’un pas lent et hésitant, Jacquier et Lecouerc pénétrèrent à l’intérieur de la salle blanche.

-          N’oubliez pas de mettre un masque et des gants. Allez, approchez-vous…

Barbier releva doucement le drap blanc posé sur le cadavre, mais laissa la partie inférieure cachée.

-          Alors, ça va, les affaires vont bien ? Vous ne vous ennuyez pas, hein avec ce genre de type…

-          Justement, le coupa Lecouerc. Pouvez-vous nous en dire plus sur le modus operandi de l’assassin ?

-          Oui. Je pense qu’il devait être légèrement contrarié cet homme-là. Soit il s’était levé du pied gauche, soit il en voulait sacrément à la victime. Il s’est acharné dessus.

-          Avec quelle arme, un couteau ?

-          Un gros couteau. Je pense plutôt à un sabre ou même, car les entailles sont profondes, à une machette. J’ai envoyé un mail avec quelques petites photos sympathiques à mon collègue de La Réunion. Ils connaissent bien les « coupe-coupe » là-bas. Tout se règle avec cette arme. Pas de coup de feu, mais quelques effusions de sang… Il nous dira s’il s’agit bien d’une machette. En tout cas, des coups multiples ont été portés, une trentaine au total, un peu partout, derrière le cou, au torse, aux bras, aux jambes et même…


Pendant qu’il parlait, il montrait les différentes entailles sous les yeux dégoutés des deux policiers.

Il retira le drap de la partie inférieure du corps. Barbier se mit délicatement à le soulever.

Lecouerc se cacha les yeux alors que Jacquier tout blanc se précipita vers l’évier situé dans le coin gauche de la salle.

-          Espèce de pervers, parvint-il à dire entre deux vomissements.

-          Ne vous en faites pas, je vous enverrai les résultats détaillés dans les jours qui viennent, un dossier complet avec plein de photos comme vous les aimez et surtout la confirmation de mon collègue de La Réunion sur l’arme du crime.

-          Au plaisir Barbier.

-           Ça vous dirait un petit déjeuner vous et moi un midi en tête à tête Lecouerc ?

-          Franchement Barbier, même dans le plus horrible de mes cauchemars ça n’arrive pas et je n’aime pas les films d’horreur.

-          Ah ah ah, s’esclaffa Jacquier, qui tapa dans la main de Lecouerc.

-          Revenez quand vous voulez, et fermez la porte en partant, dit d’une voix inquiétante Barbier.

 

 

Lire la suite

Implosion (5)

23 Avril 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Le soir, Modeste ne fut pas surpris de trouver son fils Pacifique devant la console de jeux en train de faire une partie de foot. Par contre, le sourire qui illumina le visage de l’adolescent quand il lui dit bonjour l’intrigua.

Aussi, pendant le repas, il lui demanda comment s’était passée sa journée. Modeste parlait correctement le français, mais pour toutes les discussions personnelles avec son fils, il employa la langue du pays, une langue bantoue, le kinyarwanda. Son fils répondit :

-          Très bien. On nous a fait visiter le lycée, on nous a parlé du fonctionnement des cours. Certains profs ont voulu paraître durs…

-          C’est comme ça qu’il faut qu’ils soient. Ils ont raison. Et tes camarades de classe ?

-          Ça va. Demain, on a un entretien individuel et des ateliers sur le règlement intérieur et après-demain on a une sortie en montagne. Il faudra que j’emmène à manger.

-          Déjà ? Oui, bien, tiens, je dois avoir dix euros quelque part. Tu iras demain t’acheter un sandwich et une boisson. Et quand est-ce que vous avez cours ?!

-          La semaine prochaine.

-          Eh bien, ils ne sont pas pressés de commencer !

Pacifique ne lui avait bien sûr pas tout dit. Il avait un peu éludé la question sur ses camarades de classe. Plusieurs d’entre eux étaient franchement à enfermer, ou du moins il lui paraissait quelque peu imprudent de les emmener à une sortie. Il y avait par exemple Jerry et sa casquette bleue, qui ne tenait déjà pas en place le premier jour et qui était déjà prêt à lancer des boules de papier dans la classe. Il y avait aussi un petit gros hargneux au visage de bébé, mais qui ne savait parler que par invectives et insultes. Sa bouche était une poubelle, dont on aurait libéré les ordures.

Instinctivement, Pacifique s’était mis à côté de Jecola, un black comme lui. D’ailleurs, les autres avaient fait de même, recréant sans le savoir les différentes ethnies qui composaient le globe : les noirs, les blancs, les arabes et les turcs. Il manquait juste des Indiens ou des Asiatiques et le tableau aurait été complet.

Son père lui resservit en guise de dessert un avertissement qu’il avait déjà entendu :

-          En tout cas, ne suis pas ceux qui pourraient créer la zizanie. Mets-toi à l’écart de ces vauriens !

Lire la suite

Prophétie apocalyptique

22 Avril 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Un petit passage qui apparaîtra sûrement un jour dans les enquêtes du lieutenant Jacquier :

 

Un peu plus tard dans la journée, le lieutenant Jacquier croisa un drôle de personnage, qui hélait les passants de la place Grenette en plein cœur de la ville. Il portait un chapeau de clown, et un pince-nez rouge. Muni d’un petit tabouret, il s’était hissé sur ce semblant d’estrade afin d’attirer l’attention de la foule.

-          Mesdames et messieurs, oui, je vous le dis, nous vivons la fin des temps ! Bientôt cette ville ne sera plus que cendres et poussières ! Les anges de la mort débarqueront et vous tuerons tous jusqu’au dernier, comme ils ont exterminé en un temps ancien les habitants de Sodome et Gomorrhe ! Cette ville est à son crépuscule ! Des bandes sévissent déjà tyrannisant des pans entiers de la ville, mais ce n’est rien en comparaison de ce qui va arriver… Ce seront ceux-là même qui ont renié l’humanité, qui connaîtront le châtiment suprême et iront brûler dans les flammes de l’enfer ! Auparavant, ils mourront dans d’horribles souffrances, leurs chaires pourriront et leurs tripes seront exposées à même la rue en plein soleil ! Ensuite viendra le tour des mécréants ! Chaque habitant de cette ville verra s’abattre sur lui les différents éléments qui composent notre terre. Celle-ci tremblera la première, libérant d’entre ses entrailles des créatures venant des enfers, puis l’eau et le feu balaieront les derniers survivants ! Repentez-vous de vos pêchés mes amis ou fuyez ! Fuyez pendant qu’il est encore temps ! Fuyez la ville qui abrite le démon !

Lire la suite

Le temple de la Grue écarlate de Tran-Nhut

21 Avril 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Actualités

tran-nhut-le-temple-de-la-grue-ecarlateVeuillez entrez noble lecteur dans le monde des sœurs Tran-Nhut et découvrez le Viêt-Nam du XVI et XVII°siècle, ses paysages envoûtants, ses fastes et fêtes gastronomiques inoubliables, sa philosophie confucianiste, ainsi que le mandarin Tân et son fidèle bras droit Dinh. C’est en substance (j’en ai ajouté) ce que m’avait écrit Thanh-Van (l'une des deux soeurs) lors de ma rencontre avec cette auteure au festival « Quais du polar » à Lyon en mars dernier.

Je dois dire que cette lecture m’a emballé et je me suis même demandé pourquoi je n’avais encore lu aucune enquête du mandarin Tan, aventure pourtant commencée il y a de cela 14 ans ?!

Plusieurs raisons en effet doivent pousser à lire ce livre. Si l’on est adepte du polar, on ne sera pas déçu par l’intrigue, les différentes péripéties ni les différents rebondissements de l’enquête menée par le mandarin Tan. Mais ce livre est plus que la résolution d’une affaire policière, c’est aussi un roman d’aventures, ainsi le voyageur ne pourra être qu’emballé à l’idée de découvrir cette partie du monde méconnu pour nous humbles européens et se laissera guider à la recherche de la Source du Dragon retourné...

On suit donc les aventures de Tân, jeune mandarin civil qui hérite d’une province lointaine et reculée du Viêt-Nam. D’une mentalité irréprochable, Tân se fait le serviteur avisé de son empereur et de son peuple. Physiquement imposant, il est conseiller par Dinh le lettré, personnage ô combien intelligent et profond (jusqu’à quel point ? Ah-Ah).

C’est également un roman faisant appel à tous nos sens : l’ouïe (écoute bien tes maîtres petit scarabée), la vue (observe bien le mouvement des Feuilles de Laitue qu’on essore), le toucher… A ce propos, une douce sensualité plane sur ce livre, les sentiments sont déposés à petites touches comme l’aurait fait un peintre sur sa toile.

Enfin, cette œuvre n’est pas dénuée d’humour et d’action avec des scènes d’arts martiaux dignes d’un film avec Bruce Lee avec des mouvements tels que l’Ane qui rue.

Pour résumé, c’est pour moi un livre de référence, riche en enseignements de tous ordres et que chaque lecteur doit avoir dans sa bibliothèque.

 

Résumé de la quatrième de couverture :

Lorsqu'il rejoint son poste, aux confins de l'empire vietnamien du XVIIe siècle, le mandarin Tân ne sait pas encore que les familles de notables n'ont qu'une idée en tête : le marier à leurs filles nubiles. Cependant, le jeune homme n'a guère le temps de se prêter à ces jeux sociaux, car il se voit bientôt confronté à sa première affaire de magistrat. Une succession de meurtres aussi cruels qu'inexplicables le conduit à s'intéresser de près à un ordre de moines plus férus d'arts martiaux que soucieux de la loi de Bouddha. Aidé de son ami le lettré Dinh, il lui faudra parcourir les montagnes embrumées du Nord et déployer toute son ingéniosité pour mener à bout son enquête, dont la solution au goût amer est un défi à son sens inné de la justice.

Quand il s'agit de créer l'étoffe d'une histoire, quatre mains peuvent tisser une trame plus élaborée que deux. C'est en s'inspirant de leur aïeul maternel que les soeurs Tran-Nhut - l'une est physicienne, l'autre ingénieur d'une grande université américaine - ont imaginé le personnage du mandarin Tân, en convoquant les mille et un détails d'un passé révolu et de ses légendes, avec un évident plaisir d'écriture.

Lire la suite

Flic ou caillera de Rachid Santaki

5 Avril 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Actualités

flicoucaillera.jpgWesh cousin, j'ai pas le seum aujourd'hui, parce que je suis allé voir la mife à Panam et j'ai bien golri quand j'ai vu toutes les affiches de Rachid Santaki... Non, vous ne rêvez pas, c'est bien moi qui parle, je viens simplement de lire un polar made in 9-3...

C’est l’histoire de Mehdi Bassi un jeune habitant d’une cité de Saint-Denis. Il a un petit boulot, mais rêve de vivre de ses graffitis. Seulement voilà, quand on est comme lui issu de la cité et qu’en plus on a un frère en prison, rien n’est simple et les ennuis vont s’accumuler.

De l’autre côté du miroir, une jeune policière Najet Iker se débat elle aussi au milieu de requins. Saint-Denis, Paris et la banlieue parisienne à la fois en pleine effervescence et en pleine désespérance… Deux mondes qui s’opposent, mais sont-ils pour autant si éloignés les uns des autres ?

Rachid Santaki est ainsi incontestablement une voix, un auteur à écouter et qui nous interpelle, nous donne de quoi nous poser des questions sur le fonctionnement de notre société.  Il nous fait plonger dans l’univers sombre et sous terrain des quartiers, nous fait vivre l’envers du décor. On se retrouve ainsi au cœur des trafics en tout genre là où on n’aimerait pas être…

Pour autant, ce polar qui va à mille à l’heure et qui nous emporte tel un tourbillon ne tombe pas dans la violence gratuite, mais dresse simplement un état des lieux plus qu’inquiétant, avec des habitants qui subissent ou qui se débattent à leurs façons au sein d’un système qui les broie.

Cette noirceur est cependant atténuée de temps en temps par des aspects plus drôles comme le langage fleuri de ses habitants (d’où l’indispensable glossaire en début d’ouvrage pour le néophyte), à ce titre l’oralité de ce polar amène à mon sens de l’originalité, du dynamisme dans le récit, mais également un humour indéniable.

Un petit extrait pour vous convaincre :

A propos d’une veste…   

«  Vas-y, je te la fais à 40 dollars ! T’es trop fort !

-          Ah ouais escroc ! T’as quoi comme taille ?

-          M.

-          Vas-y frère ! C’est quoi ces tailles ! T’as cru qu’on était des nains de Fort Boyard ou quoi ?

Julien tend la veste cintrée. Schliguido retire son haut Adidas, l’enfile avec difficulté.

La veste est trop étroite. Le dessous de la manche se déchire. »

Ce polar de 270 pages se lit ainsi d’une traite et ravira de nombreux lecteurs, ceux qui cherchent simplement une bonne histoire comme ceux qui sont à la recherche de thématiques plus élaborées.

Pour conclure, « Flic ou Caillera » de Rachid Santaki est un très bon polar à se procurer d’urgence aux éditions Le Masque pour le prix très raisonnable de 16 euros !

Lire la suite