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Blog d'auteur

Humanoïd XY (4)

25 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Jules Sergent a pris le risque de cacher la mystérieuse inconnue dans sa salle de bains, alors que le police fouillait tout son immeuble. Celle-ci est venue récupérer la clé USB qu'elle lui avait confié quelques jours auparavant...

 

-         Une dangereuse terroriste ?

-          Ça, c’est ce qu’ils disent, il ne faut pas en croire un mot.

Je fis un signe d’acquiescement, après tout si elle était vraiment une dangereuse terroriste, elle m’aurait déjà tué…

-          Vous voulez manger quelque chose, lui proposai-je.

-          Non, merci, ça ira, je veux simplement la clé et je m’en irai tranquillement.

-          Vous savez, ils sont sûrement encore dans l’immeuble à vous rechercher. Il vaudrait mieux que vous restiez ici au moins cette nuit.

-          C’est gentil de votre part, mais je ne crois pas que ça soit une bonne idée.

-          En tout bien tout honneur, il va sans dire, je vous laisse le canapé pour la nuit et demain vous partirez tranquillement avec votre clé.

-          Eh bien… D’accord, mais puis-je utilisé votre internet ?

-          Je vous en prie, faite.

Je lui désignai le bureau et la laissa tranquille tout en lui remettant la clé. J’en avais évidemment fait un double, mais ça, elle ne pouvait pas s’en douter, car la protection qu’il y avait sur cette clé m’avait donné du fil à retordre. La veille, un petit coup de fil à amie américaine hackeuse, Jessica Lawson, me permit de déverrouiller cette clé. Elle fut plus que curieuse quant à la nature de l’affaire, me proposant même de venir à Paris. Je lui dis que ce n’était pas la peine, mais visiblement, cette jeune personne, 25 ans tout au plus, et que je n’avais jamais vu tenait absolument à venir.

-          Ce sera l’occasion pour moi de visiter cette ville qu’on dit si belle.

Je devais la récupérer à 10 heures demain matin, nul doute que l’étrange femme serait partie entre temps. Je la laissais à ses occupations et prétextais avoir à faire dans la cuisine. En fait, dans cette pièce se trouvaient ma tablette et un prodigieux logiciel espion, qui permettait de savoir ce qu’il y avait sur l’écran d’à côté. Je ne me fis pas prier. Elle accéda à sa boîte mail et envoya un message à un mystérieux Nano. Le contenu de l’envoi me dérouta complètement.

« Je viens demain avec la clé. Ensuite, nous filerons vers le repère caché de nos créateurs. Tiens toi prêt avec les autres, on forcera Manning à nous révéler son secret ».

Je ne comprenais pas le sens du mot « créateur », ni qui pouvait être ce mystérieux Manning. Je lui proposais une fois de plus de la nourriture, mais elle refusa une nouvelle fois. Elle se mit devant la télévision pendant que je mangeais. Ensuite, je la laissais seule dans le salon non sans lui avoir fait promettre de ne pas partir sans m’en avoir averti.

Le lendemain matin, on était samedi, je fus réveillé avant elle. Je préparai tranquillement le petit déjeuner, alors qu’elle passa bien une demi-heure dans la salle de bains. Elle refusa une nouvelle fois de manger, prétextant qu’elle était pressée. Cette fois-ci, je ne pus la retenir. Elle me remercia une nouvelle fois, j’osai lui demander son numéro de téléphone. Elle me regarda avec un petit sourire en coin et me donna sur un bout de papier le Sésame. Je fus tout étourdi de son sourire quand elle passa la porte. Je revins vite sur terre.

-          Mon Américaine !

Je passai rapidement par la salle de bains. Nous avions convenu que je marquerais son nom sur un bout de carton afin de nous retrouver. Je trouvai rapidement le carton en question avant d’inscrire assez sommairement son nom sur celui-ci. Je filai ensuite au garage récupérer ma voiture. La zone d’arrivée de l’aéroport était noire de monde, et c’est avec mon carton, me sentant quelque peu ridicule, que j’attendais la touriste hackeuse.

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Humanoïd XY (3)

22 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Après avoir trouvé sur la clé usb le moyen de retrouver son propriétaire (une séduisante personne), monsieur Sergent rentre chez lui sans avoir vu personne au rendez-vous . Que va-t-il advenir? Que va-t-il faire de cette clé?

 

Je n’attendis pas longtemps. La sonnerie de mon appartement résonna. Je regardais l’œilleton et qui croyez-vous qu’il y eu de l’autre côté de la porte ? Oui, c’était elle. Je décidai de lui ouvrir. Elle entra vive et décidée. On aurait dit une statue grecque avec sa silhouette élancée. Un corps de rêve. Je la contemplais des pieds à la tête, c’est simple, elle était parfaite. Une brune qui aurait pu faire top model, excellemment proportionnée, sans doute des mensurations à vous faire tourner la tête. Elle était habillée simplement cette fois-ci, un pantalon court beige et un haut bleu assez passe-partout, de fines baskets. Le temps semblait ne plus avoir d’importance. Enfin, pour moi, pas pour elle…

-          Vous l’avez ?

-          Oui, bien sûr. Comment m’avez-vous retrouvé ? demandai-je bêtement.

-          Vous êtes allé au point de rendez-vous, il suffisait ensuite de vous suivre…

-          Oui, évidemment.

Elle avança la main vers moi. J’en fus encore plus troublé.

-          La clé, s'il vous plaît.

Et pourtant, la curiosité était la plus forte.

-          Je sais que ce ne sont pas mes affaires, mais que contient-elle ? Je n’ai rien compris aux codes qu’il y avait à l’intérieur.

-          Effectivement, ce ne sont pas vos affaires, monsieur Sergent…

-          En guise de remerciements, vous pourriez m’en dire plus tout de même…

-          Je vous remercie, monsieur Sergent, en mon nom et au nom des miens.

-          Qui sont-ils ?

-          Qui ?

-          Les vôtres…

-          Ah… Désolée, je ne peux pas vous en dire plus. Le temps presse, s’il vous plaît…

-          Bien…

Jules alla tout simplement chercher la clé qui se trouvait à côté de l’ordinateur. Cette histoire allait trouver son aboutissement et cette petite aventure romanesque s’achever. Il ne reverrait sans doute jamais cette magnifique créature. Il retourna vers l’entrée lorsque tout à coup, la sonnette de l’appartement tinta pour la deuxième fois de la soirée.

-          Encore, décidément…

-          Non, n’allez pas ouvrir, lui intima l’étrange femme.

-          Tout de même…

-          Police, ouvrez ! Nous savons que vous êtes là !

-          Oui, minute, j’arrive, j’étais aux toilettes.

Curieusement, je ne fus pas plus paniqué que ça. Je pris la femme par la main, qui, au passage, ne protesta pas où n’en eut pas le temps en tout cas, et je l’emmenai dans la salle de bains. Tout de suite, j’avais pensé à la petite armoire, où je rangeais mes draps et mes serviettes. Il y aurait peut-être la place…

-          Cachez-vous… ici.

La jeune femme me regarda bizarrement, mais elle n’avait pas le temps de réfléchir et s’engouffra dans la petite alcôve.

-          Monsieur Sergent !

-          Oui, j’arrive. Voilà messieurs… dames aussi, je vous en prie, que se passe-t-il ?

Trois hommes et une femme se tenaient à ma porte.

-          Nous aimerions vérifier qu’il n’y a personne à part vous dans cet appartement.

-          Et pourquoi donc ?

-          Une dangereuse terroriste s’est introduite dans votre immeuble. Nous fouillons tous les appartements.

-          Bon, eh bien d’accord, je vous en prie, entrez.

A mon grand désarroi, je me mis à transpirer à chaude goutte et à trembler, alors que deux policiers en tenue investissaient désormais l’appartement. Ils se présentèrent, lieutenant Camille Gersault et sa collègue Ema David. Ils n’étaient pas dupes, ils s’aperçurent de mon trouble.

-          Vous ne nous cachez rien, monsieur Sergent ? Que faites-vous dans la vie, demanda la policière.

-          Agent immobilier.

-          Ah, ça tombe bien d’ailleurs, je cherche à acheter un petit logement dans le XIIIe arrondissement. Vous pourriez m’aider ?

-          Eh bien, pourquoi pas, il faudrait que vous passiez à l’agence, ce n’est pas mon secteur, mais je peux faire une exception pour vous, sans problème.

Le lieutenant sembla s’agacer de cette digression et fit un geste de la main envers sa collègue, qui pâlit aussitôt.

-          Tout ça, c’est très bien, monsieur Sergent, mais avez-vous vu une femme aujourd’hui se promener dans l’immeuble, ou quelque chose de suspect.

-          Non, non, rien de cela. Je ne vois pas.

Les deux brigadiers revenaient visiblement bredouilles.

-          Rien, chef.

-          Bien, nous vous convoquerons peut-être d’ici demain, simple routine.

-          Très bien, pas de problème.

Je refermais avec soulagement la porte. Je me précipitais dans la salle de bain, la belle semblait se tenir un peu le dos, mais elle ne dit rien, elle s’assit simplement sur le canapé.

 

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Humanoïd XY (2)

20 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Monsieur Sergent est encore embarqué dans une sacrée affaire. Une fugitive lui a remis en catastrophe une clé usb. Il rentre donc chez lui avec cet embarrassant objet. Que va-t-il encore lui arrivé ? Arrivera-t-il à retrouvé la mystérieuse nymphe en fuite ?


Par précaution, je mis en route mon antivirus. Rien ne fut détecté. Un seul fichier se trouvait à l’intérieur. Il s’agissait d’un texte qui s’ouvrait grâce à un logiciel très répandu. J’entrepris de l’ouvrir, et à ma grande surprise aucun mot de passe ne fut nécessaire. C’était trop facile… Un texte crypté apparu. Seule, une phrase logée à la fin du fichier donnait des indications :

« En cas de problème, rendez-vous mercredi à 14 heures dans le parc Denis Diderot, sur le banc situé à gauche de la fontaine près de la cabane forestière »

Je crois qu’on pouvait effectivement considérer qu’il y avait un problème. En même temps, en quoi cette affaire me concernait-elle ? Pourquoi prendre des risques pour une simple clé usb ? Que contenait-elle vraiment ? Je me mis à essayer de décrypter le texte en question, mais je ne comprenais rien à la méthode utilisée, une série de chiffres et de lettres, le tout dans un enchevêtrement, qui aurait fait passer la chambre d’un adolescent pour une pièce impeccablement rangée. Au bout de trois heures de temps, je laissai tomber, me persuadant que le lendemain je me rendrai au lieu et à l’heure dite de la rencontre. Toute la nuit, dans mon sommeil, je mis en route un plan d’action. Il fallait prévoir une tenue et un matériel adéquat. Des lunettes noires et une casquette pour passer inaperçu, un dictaphone pour enregistrer la conversation, et même une bombe anti-agression au cas où. En effet, cela n’était pas sans risque, et je me demandais s’il était bien sage d’entreprendre une telle aventure. Mais, un élément faisait pencher la balance. C’était peut-être celle qui m’avait transmis la clé qui la reprendrait. C’était la plus belle femme que je n’avais jamais vue, d’accord, je n’avais aucune chance, mais sur un malentendu, tout était possible.

Le matin, je soignais ma chevelure largement amputée de cheveux qui se faisaient rares, je mis une chemise blanche à la fois élégante et légère, un pantalon de toile lui aussi adapté aux fortes chaleurs. Le matin passa lentement dans mon bureau. J’avais reçu quelques remarques, doublé d’une certaine ironie de la part d’une des deux secrétaires. La casquette jurait quelque peu avec l’ensemble, mais j’eus l’impression de passer inaperçu dans la foule que je fendais maintenant avec vigueur. Je m’étais mis en route volontairement en avance pour pouvoir faire un petit repérage des lieux. Le parc Denis Diderot se trouvait en plein centre de la ville, et on pouvait y accéder très facilement en bus, tramway et métro. Autant dire que les mystérieux protagonistes de cette affaire pouvaient prendre facilement les jambes à leur cou. J’attendis l’heure fatidique, je pris mon courage à deux mains, et je m’assis sur le banc qui était indiqué dans le fichier, légèrement sur la gauche de la fontaine. J’attendis fiévreux que quelque chose se passe, mais rien n’arriva. Une demi-heure plus tard, je décidais avec déception et colère de poursuivre ma journée.

Après le travail, c’est en arrivant à proximité de mon domicile que je sentais une présence derrière moi. Je me retournai à plusieurs reprises, mais à chaque fois je ne vis personne en particulier, que ce soit un piéton ou un automobiliste. Je rentrai légèrement inquiet, persuadé que quelqu’un m’avait suivi. Peu après, j’entrepris des respirations  pour me calmer… La soirée allait être longue.

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Humanoïd XY (1ère partie)

14 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Une nouvelle aventure de Jules Sergent, simple citoyen confronté à d'étranges évènements...

 

Cela faisait presque deux semaines que rien d’extraordinaire ne m’était arrivé. J’en étais tout surpris. Le quotidien avait repris son cours. Je ne m’en portais pas plus mal, après tout… Plus de fantômes, plus d’extraterrestres... Je redevenais un humain noyé dans la masse, un travailleur, un honnête citoyen, qui menait une petite vie tranquille. Il y avait juste cette satanée solitude qui m’étreignait parfois. Nous étions au cœur de l’été, au mois d’août à un moment où les affaires se faisaient rares, et où le patron était parti sur son yacht, me laissant le soin de gérer sa boutique.

Ce matin-là, alors que je devais me rendre dans le quartier le plus huppé de la ville pour évaluer le prix d’un appartement, un incident me retarda. Je marchais le long de la rue Monseigneur, lorsqu’une femme arriva en courant en sens opposé. Elle portait des talons ce qui n’aidait pas à la rendre plus rapide. Elle semblait particulièrement affolée se retournant à plusieurs reprises. La rue était à cette heure-là vide, les grands magasins n’ayant pas encore ouvert leur porte. La femme, relativement grande – elle devait faire dans les 1m75 – tomba littéralement sur moi. Elle se confondit rapidement en excuses et me glissa dans la main une clé USB avant de continuer sa route sur le même rythme. Je mis instinctivement cette clé dans ma poche. Au même moment surgirent deux hommes, qui semblaient à bout de souffle, visiblement en chasse après cette mystérieuse nymphe.

-          Police, vous avec vu une jeune femme brune courir dans la rue ?

-          Oui, oui, elle a continué tout droit le long de cette rue, lui dis-je sans réfléchir.

C’est vrai, je n’avais pas menti. D’ailleurs, pourquoi l’aurais-je fait ? Une femme poursuivie par la police, je me devais de jouer mon rôle de citoyen. Je continuais donc mon chemin, troublé par cet événement pour le moins inhabituel, à tel point que je me trompais de rue en arrivant à proximité de l’appartement dont je devais m’occupé. Je revoyais la scène au ralenti, des détails me revenant au fur et à mesure. Elle avait des cheveux longs, un visage extrêmement beau, comme j’en avais rarement vu, des traits fins, un nez peu proéminent, des yeux verts amande. Le flash s’arrêta devant la porte de la famille Berthier, le professionnel que j’étais devait se reprendre. Je fis le tour de l’appartement de 100 m² en quelques minutes. Mon trouble se manifesta par une transpiration excessive, il était à peine 9h30 et ma chemise était trempée. La propriétaire le remarqua et me demanda si tout allait bien. Je fis un signe positif de la tête.

-          Ne vous inquiétez pas, une mauvaise digestion, prétextais-je.

Ah, ils avaient un bien bel appartement les Berthier, mais je devais leur apparaître bien blaser, à peine si je m’attardais sur la superbe cuisine américaine, l’escalier en colimaçon fait à base de chêne ou encore la splendide salle de bain avec son jacuzzi. Je cochai des croix comme l’aurait fait un huissier de justice. La pensée que j’avais dans la poche, un objet contenant peut-être des informations secrètes – sinon pourquoi cette femme me l’aurait-elle confiée ? – m’obsédait de plus en plus. Je fis de mon mieux néanmoins pour demeurer professionnel et glissais une première évaluation aux oreilles des futurs vendeurs.

A peine sorti, je me surpris à marcher à un rythme effréné en direction de l’arrêt de tramway. J’eus de la chance, car il y en avait un en approche. Vingt minutes plus tard, j’étais à mon domicile. Je mis de suite en route l’ordinateur, et glissai la clé dans un port USB. C’est de cette façon-là que commencèrent pour moi les ennuis…

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La vie politique au XX (introduction)

6 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Histoire

Voici un premier travail de refonte du mémoire que j'ai écris en 1996 et qui porte sur la politique entre 1920 et 1970.

 

Il y a de cela 16 ans, j’étais encore étudiant à la faculté de Chambéry et comme tous mes camarades de maîtrise, je me devais de me pencher sur un pan particulier de l’histoire de France. Or, je n’avais que très peu d’appétences pour l’histoire antique, encore moins pour la période médiévale (V-XVème siècle), et pas assez pour la période moderne (XV-XVIIIème siècle). Ma période préférée c’était le XXème siècle et c’est fort logiquement que je me mis en contact avec notre inénarrable[1] maître de conférences, André Palluel-Guillard, spécialiste de l’histoire de la Savoie et également de l’histoire napoléonienne. Au cours d’une conversation fort amusante (elle se déroula dans son salon), ce maître m’orienta tout naturellement vers ce à quoi je m’intéressais le plus à l’époque : la politique. Une ébauche de sujet fut trouvée, mais ce fut là le seul apport d’André Palluel-Guillard, car il eut l’opportunité de s’exiler durant une année aux Etats-Unis. Je dus donc me tourner vers Christian Sorrel[2], spécialiste d’histoire religieuse, mais qui s’avéra par la suite être un très bon conseiller.

Ce mémoire fut donc mon premier écrit. Il obtint à ma grande satisfaction la mention « Très bien ». De temps à autre, je le relisais et je me disais qu’il y avait quelque chose à revoir dans tout ça. A l’ère du numérique et de l’Internet, oui, ce mémoire qui s’intitulait « Les élections dans les cantons de Seyssel et Frangy entre 1920 et 1970 » peut-être aujourd’hui actualisé, revu, augmenté !

Et ce, en partant tout d’abord de la situation actuelle. Depuis les années 1980, la Haute-Savoie vote de plus en plus à droite. Aux dernières élections présidentielles (2012), ses électeurs se sont massivement tournés vers Nicolas Sarkosy, à 60% contre 47% sur l’ensemble du territoire… Le fait de se démarquer de la tendance nationale est ainsi une nouveauté, qui contraste avec ce qui se faisait auparavant. Malgré tout, est-ce pour autant une si grande surprise ? C’est ce que l’on essaiera de déterminer par la suite.

 

A travers le prisme de ces petits deux cantons français, ceux de Seyssel et Frangy, situés tous les deux en Haute-Savoie, nous allons donc voir les différents aspects que pouvaient revêtir la vie politique au XXème siècle. Plus que les votes en eux-mêmes, ce sont bien les mentalités de ces différentes époques qui vont être questionnées dans ce travail de recherche.

 

Les questions que l'on peut légitimement se poser sont les suivantes.

 

Quelle a été l'attitude de l'électorat local entre 1920 et 1970, son évolution, ses réactions ? Le vote des femmes après 1945 va-t-il modifier la donne politique ? Quelle était l'opinion d'une personne née en 1900, qui aura connu les souffrances de la Première Guerre mondiale, celle de la seconde, ou d'autres événements, et qui vont l'orienter plutôt à gauche ou à droite de  l'échiquier politique ? Quel sera aussi le vote à la fin des années soixante d'une personne qui n'aura pas ou peu vécu ces deux périodes ?

 



[1] Pourfendeur des « Savoisiens », il parla de « falsification » concernant les allégations ridicules de la « Ligue Savoisienne », parti indépendantiste savoyard grotesque, qui lui fit un procès à cause de ce qualificatif prononcé en 1996, peu avant le début de mon mémoire.

[2] Agrégé d’Histoire, il débuta sa carrière à l’Université de Savoie. Il exerce actuellement à l’Université Lyon II.

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Implosion (8)

4 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Résumé des épisodes précédents :

Nos deux policiers (l'inénarrable Jacquier et la fidèle Lecouerc) après être passés par la case morgue doivent interroger le "patron" d'un homme retrouvé assassiné dans un parc...

 

 

-          Tiens donc, v’la les deux tourteaux…

Mazzini ne put réprimer un sourire mauvais en voyant les deux policiers pénétrés dans sa discothèque. Il était entouré de sa garde rapprochée. Berki était assis à sa droite, c’était le plus petit, mais pas le moins dangereux. Il fronçait les sourcils. On prête aux petits d’être les plus teigneux, lui c’était son cas. De son côté, Essraoui venait de montrer le chemin à la flicaille. Il appréciait particulièrement les costumes de grande marque, et il passait une part non négligeable de ses émoluments dans son habillement. Lecouerc et Jacquier avaient eu l’idée de se pointer comme des fleurs à la pizzéria Lolo. Très bonne idée, car ils connaissaient le propriétaire, c’était Mazzini en personne. Les employés avaient téléphoné, et c’était Essraoui qui était chargé de les ramener.

-          Bon sang, Jacquier, y a combien de temps que je t’ai pas vu, ils t’ont ressorti de ton placard ?

-          Comme tu vois Mazzini, comme tu vois…

-          Et rasé de près avec ça… Te voilà revenu en piste, le Lazar de la police, mort-vivant hier, ressuscité aujourd’hui ! Et en plus, tu viens avec celle qui fait beaucoup parler d’elle, la petite bretonne… J’adore les biscuits bretons…

-          Suis pas fan des macaronis.

-          Et pas froid aux yeux avec ça…

-          On n’est pas venu boire le thé, Mazzini.

-          Je me doute bien, Lecouerc, d’ailleurs je discute, je discute, mais j’ai peu de temps à vous accorder.

-          Avez-vous une idée de qui a pu assassiner Traquelli ?

-          C’est toujours elle qui porte le slip Jacquier ?

Mazzini laissa s’installer un lourd silence dans la pièce. Il tapotait des doigts, on sentait la nervosité gagner tous les pores de sa peau.

-          Je vais vous dire une bonne chose. Celui qui a fait ça est un homme mort. Notez bien que je ne sais pas quel est le fils de pute en question, mais je vais le savoir très rapidement…

-          Un règlement de compte ? osa Jacquier.

-          Ça m’étonnerait que mes camarades de jeu m’aient fait ça… Sinon on aura droit à une politique de la ville accélérée, la destruction de tours insalubres, mais avec encore des habitants à l’intérieur… Voyez le topo… Bien, voilà, maintenant si vous pouvez me laisser tranquille. Entre l’enterrement de mon ami a organisé et tous les emmerdements qui vont avec…

En deux-temps trois mouvements, les deux policiers se retrouvèrent dehors.

-          Elle est minable sa discothèque…

-          Ouais, n’empêche, on n’est pas plus avancé.

-          Si ce n’est qu’il ne croit pas à un règlement de compte.

-          Parole de Mazzini…

-          Parole de pourri…

 

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Qui regarde-t-elle?

4 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Dessins

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Implosion (7)

4 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Hôtel de police - Grenoble. 10 heures.

-          Qui de nous deux va assister à l’autopsie ?

-          Et vous demandez encore ce genre de chose, Jacquier ? Vous savez très bien qui va y aller… C’est vous, bien sûr !

-          Et pourquoi ça serait toujours moi, on pourrait tirer à la courte paille, non ?

-          Mais vous avez quel âge Jacquier, non.

-          De quel droit, nous avons le même grade tous les deux, je vais demander l’arbitrage du commandant.

-          Vous jouez la pleureuse, pas très viril tout ça…

-          C’est quoi cette scène de ménage dans les couloirs ! Vous ne pourriez pas faire ça ailleurs, non ?!

-          Mon commandant, vous tombez bien, c’est toujours moi qui me coltine les autopsies, jamais Lecouerc. Pour une fois, envoyez là chef.

-          Jacquier a des compétences incontestables pour poser les bonnes questions, je n’ai en ce qui me concerne que très peu d’expérience dans ce domaine.

-          Ben voilà, l’affaire est réglée, dit le commandant avec un grand sourire. Vous avez trouvé la solution. Allez-y tous les deux ! Avec deux cerveaux, quatre mains et quatre jambes, vous allez peut-être y arriver. Et puis, vous en profiterez pour aller voir Mazzini si vous le trouvez, voir dans quel état d’esprit il est et si ce n’est pas lui-même qui a buté l’un de ses lieutenants…

-          Mais il faut que je termine des dossiers en souffrance…

-          Lecouerc, vous les terminerez ce soir vos dossiers, allez ouste, prenez vos affaires et direction le CHU. D’ailleurs, vous avez de la chance, c’est Barbier qui est chargé de pratiquer l’autopsie…

-          En plus, ne put s’empêcher d’ajouter le lieutenant.

Les deux lieutenants remontèrent vers la surface où les attendait leur véhicule.

-          Bel exemple de solidarité Jacquier, merci.

-       Ça ne serait pas arrivé si vous m’aviez dit oui de suite, résultat, on est tous les deux punis.

Philippe Barbier attendait les policiers avec une impatience jubilatoire. Ce sera qui aujourd’hui, le Jacquier qui vomit ses tripes ou la petite jeunette qui n’est venue qu’une fois ? Quoi qu’il en soit, ça allait être un grand moment. Le cadavre qu’il avait devant lui avait été atrocement mutilé et nul doute que l’épreuve qui attendait l’officier qui serait de corvée serait terrible.

Sa joie fut décuplée lorsqu’il aperçut Jacquier et Lecouerc s’approcher de la vitre.

-          Deux pour le prix d’un ! Quelle chance ! Entrez mes amis, entrez !

Lecouerc déclencha l’interphone de l’autre côté de la vitre.

-          On peut se contenter d’observer de l’extérieur, la vitre, elle est là pour ça non ? En plus, on respecte la procédure, pas vrai Jacquier ?

-          C’est tout à fait exact, dit d’un air goguenard Jacquier.

-          Et vous rateriez tout ?! Venez quoi, ne faites pas vos rabat-joies. Il n’y a plus de sang, les plaies sont bien nettes, il est propre comme à son baptême… En plus, j’ai des choses vraiment très importantes à vous montrer…

D’un pas lent et hésitant, Jacquier et Lecouerc pénétrèrent à l’intérieur de la salle blanche.

-          N’oubliez pas de mettre un masque et des gants. Allez, approchez-vous…

Barbier releva doucement le drap blanc posé sur le cadavre, mais laissa la partie inférieure cachée.

-          Alors, ça va, les affaires vont bien ? Vous ne vous ennuyez pas, hein avec ce genre de type…

-          Justement, le coupa Lecouerc. Pouvez-vous nous en dire plus sur le modus operandi de l’assassin ?

-          Oui. Je pense qu’il devait être légèrement contrarié cet homme-là. Soit il s’était levé du pied gauche, soit il en voulait sacrément à la victime. Il s’est acharné dessus.

-          Avec quelle arme, un couteau ?

-          Un gros couteau. Je pense plutôt à un sabre ou même, car les entailles sont profondes, à une machette. J’ai envoyé un mail avec quelques petites photos sympathiques à mon collègue de La Réunion. Ils connaissent bien les « coupe-coupe » là-bas. Tout se règle avec cette arme. Pas de coup de feu, mais quelques effusions de sang… Il nous dira s’il s’agit bien d’une machette. En tout cas, des coups multiples ont été portés, une trentaine au total, un peu partout, derrière le cou, au torse, aux bras, aux jambes et même…

Pendant qu’il parlait, il montrait les différentes entailles sous les yeux dégoutés des deux policiers.

Il retira le drap de la partie inférieure du corps. Barbier se mit délicatement à le soulever.

Lecouerc se cacha les yeux alors que Jacquier tout blanc se précipita vers l’évier situé dans le coin gauche de la salle.

-          Espèce de pervers, parvint-il à dire entre deux vomissements.

-          Ne vous en faites pas, je vous enverrai les résultats détaillés dans les jours qui viennent, un dossier complet avec plein de photos comme vous les aimez et surtout la confirmation de mon collègue de La Réunion sur l’arme du crime.

-          Au plaisir Barbier.

-          Ça vous dirait un petit déjeuner vous et moi un midi en tête à tête Lecouerc ?

-          Franchement Barbier, même dans le plus horrible de mes cauchemars ça n’arrive pas et je n’aime pas les films d’horreur.

-          Ah ah ah, s’esclaffa Jacquier, qui tapa dans la main de Lecouerc.

-          Revenez quand vous voulez, et fermez la porte en partant, dit d’une voix inquiétante Barbier.

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Conscience éclairée

3 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Dessins

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Remontage de pendule (3ème et dernière partie)

2 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Voici les aventures de Jules Sergent, embarqué de force dans une machine à remonter le temps. Parvidenra-t-il à s'en sortir? A quelle époque va-t-il atterrir?

 

Je voyais au-dehors les rayons du soleil. La capsule avait définitivement arrêté sa course… D’une manière inquiétante d’ailleurs, aucune lumière n’éclairait le tableau de bord… L’urgence était de sortir de cet engin… Mon premier réflexe fut de me déharnacher, puis d’activer l’ouverture de la porte. A mon grand soulagement, celle-ci marchait et je pus m’extraire péniblement de cette machine. J’étais en plein champ, en pleine terre, genoux pliés… Et c’est en me relevant que je le vis juste en face de moi. Un paysan en guenille, interloqué, qui ne savait quoi faire… Il tenait ce qui ressemblait à une bêche entre ses mains. A ce moment-là, je dois reconnaître, j’étais moi-même bien ennuyé… Quel discours allais-je lui tenir ? J’avais l’impression que la peur lui avait paralysé tous les muscles…  Où étais-je tombé ? Je pris la décision de lui parler :

-          Bonjour, monsieur. Ne vous inquiétez surtout pas, j’essayai un nouveau véhicule et j’ai atterri malencontreusement dans votre champ…

Le paysan se raidit sur ses pattes, il détala avant que je n’aie pu dire quoi que ce soit d’autre. Il hurlait à qui voulait bien l’entendre.

-          Un sorcier, un sorcier !!!

Il ne fallait pas que je reste davantage ici. Et la capsule, que pouvais-je faire ? J’étais contraint de la laisser sur place en espérant que les paysans ne commencent pas par la brûler… Je décidais de me diriger dans la direction opposée à celle du paysan. Quelques minutes plus tard, je me retrouvai dans une forêt.

J’étais désemparé, je ne savais pas où aller… En plus, j’avais l’impression de tourner en rond. Tout à coup, je vis un garçon perché sur un arbre… Lui aussi fut surpris, mais immédiatement il siffla à travers la forêt…  Aussitôt des voix s’élevèrent du champ : « A mort, à mort le sorcier !!! » 

Je n’y croyais pas… J’aperçus une horde de paysans se diriger droit sur moi. Je courus aussi vite que je pus dans la direction opposée, mais je sentais que je perdais du terrain face à des gaillards aguerris, courts sur pattes, mais rapides.

Malgré tout, mon rythme s’accéléra, je pestais intérieurement contre Géo Trouvetout, le russe et toute leur clique… Cette rage me fouettait et je repris un peu d’avance. Mais alors que je prenais une petite avance, le sol s’affala soudainement sous mes pieds… Un piège… Mes poursuivants arrivèrent quelques secondes plus tard. Une assemblée m’entourait désormais. Ils étaient habillés de peaux de bêtes, certains portaient des casques…

-          Ah je savais que ces pièges à loups allaient nous servir, dit l’un d’eux.

-          C’est pas tout ça, mais qu’est-ce qu’on va en faire ?

-          On va le brûler pardi ! Qu’est-ce que tu veux qu’on va fasse d’autre ?

-          On pourra le mettre en broche et le découper, ça nous ferait de la viande pour l’hiver.

Inutile de dire que je n’en menais pas large… Mais où étais-je donc arrivé ? De la sueur coulait sur mon visage. Comment allais-je m’en sortir ?

-          En attendant de savoir ce qu’on en fait, sortez-le de là…

Je fus sorti et exposé au milieu du champ… Exposé comme un objet, pareil… Un animal de foire… J’avais de la boue partout sur le visage… J’étais épuisé, apeuré…

Puis, un homme paré d’une fourrure plus étincelante s’avança. Ce devait le chef, il se mit à mes côtés et s’adressa à une assemblée d’environ une centaine de villageois…

-         Mes chers villageois, voici un homme qui s’est introduit sur nos terres d’une manière bien étrange ! Il a déboulé dans notre champ sans qu’il y soit invité et, ce avec son étrange véhicule. Nous devrions le brûler ou le pendre sans nous poser la moindre question…

Je devais avoir un visage aussi pâle qu’un linge… J’attendais la sentence.... Le chef continua.

-       Mais, vous connaissez mon grand sens de la justice, aussi je vais laisser l’accusé s’expliquer… Alors, étranger, qu’as-tu à dire pour ta défense ?

-          Je… A vrai dire… Je suis venu du futur contre mon gré, on m’a obligé à entrer dans la machine à remonter le temps… La capsule qui est là…

Tous les villageois me regardaient circonspects… Une villageoise leva la main.

-          Et de quelle année viens-tu alors ?

-          2013 madame, 2013.

C’est alors que se produisit un événement complètement inattendu. Devant mes yeux éberlués, un rire fusa, puis un autre et encore un autre… La centaine de personnes qui était là se mit au diapason… Ce fut un véritable concours, à qui mieux mieux… Ils se mirent à pouffer, se bidonner, se tenir les côtes, se taper le cul par terre, enfin bref, ce fut pour eux un grand moment. Je crû même que l’un d’eux allait passer à trépas tellement il avait du mal à respirer. Le chef lui-même partit d’un rire sonore impressionnant déployant sa grande dentition. Au bout d’une bonne minute, il demanda le silence.

-          Mais nous sommes en 2013, bougre d’âne, tu es ici dans une reconstitution historique. Nous sommes amateurs des rites gaulois. Ah, tu as nous fait bien rire !

Je crois que jamais je n’eus aussi honte. Ils me détachèrent de mes liens avant de m’offrir une bonne cervoise. J’étais à peine à cinq kilomètres de mon point de départ. Le chef me ramena dans son break rempli d’instruments en tout genre.

-          Quand même, elle est bien bonne ton histoire de machine à remonter le temps !

 

                                                                                FIN

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