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Blog d'auteur

Devoir de mémoire face à l'ignorance

3 Février 2015 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Actualités

Face à la bêtise et à l'ignorance, il ne faut pas répondre par la violence, mais par l'éducation. La "Shoah" est une réalité. Elle est enseignée en 3ème et la notion même de "génocide" est enseignée également en lycée, par exemple en terminale professionnelle. 

L'ONU, en même temps qu'elle définissait la charte universelle des droits de l'homme, décidait de mettre en place une organisation visant à empêcher pour l'avenir tout génocide en espérant que le risque de sanction internationale réfrénerait les ardeurs.
L'article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide adoptée par l'assemblée générale des Nations unies, le 9 décembre 1948, affirme :

« Dans la présente Convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

a) Meurtre de membres du groupe ;
b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
e) Transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe.  »

Cette définition a été reprise dans l'article 610 du Statut de Rome le 17 juillet 1998, l'acte fondateur de la Cour pénale internationale.
Elle précise qu'il s'agit d'un crime se distinguant par l'intention d'extermination totale ou partielle d'une population ;
la mise en œuvre systématique de cette volonté.

Si les historiens dans les années 1940-50 ont employé le terme générique "camps de concentration", ils ont distingués par la suite des camps de concentration et les camps d'extermination. Le sort des déportés n'étaient enviables ni dans l'un ou l'autre type de camps, mais les camps d'exterminations étaient bien là pour exterminer les Juifs.
S"amuser à "caricaturer" un tel fait révèle le degré d'imbécilité et d'ignorance du régime iranien.
Il faut répondre avec la meilleure arme, la connaissance, et par la-même, ce sont les historiens qui doivent se mobiliser toujours plus pour perpétuer le devoir de mémoire dans les écoles et surtout en dehors des écoles...

 

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Bar africain

1 Février 2015 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Pas de concession dans l'écriture, je vous livre des premiers jets de ce qui sera mon futur roman... A vous de juger, de critiquer, d'aimer... ou pas...

Pour Modeste, il était impératif d’aller ce soir « Chez Bernard », un bar du centre-ville. Il ne fallait pas rater les deux rencontres du samedi soir de la Coupe d’Afrique des Nations. Celui que l’on surnommait « le tonton » avait pris une place de choix au centre du troquet. Il arborait fièrement le maillot de son pays natal, la Côte d’Ivoire. Modeste lui serra la main et s'assit à côté de lui. Ils trinquèrent une première fois pour le bon déroulement des matchs à venir. Bientôt, toutes les places furent remplies, même au premier étage, où l’on distinguait moins bien l’écran, sauf pour ceux qui se trouvaient près de la rambarde. Les autres devaient jeter des coups d’œil appuyés ou même se lever.
Toute l’Afrique était là, en majorité ce soir-là les protagonistes concernés par les matchs Côte d’Ivoire-Mali et Cameroun-Guinée. Modeste, lui, ne venait pas supporter une équipe en particulier, mais, à chaque fois, il appréciait l’ambiance électrique qui régnait lors de ces folles soirées. Ce furent d’abord les Maliens qui exultèrent à la soixante-dixième minute. Ibou avec ses lunettes noires et sa casquette bleu ciel entama un tour de salle, le torse bombé, sous les huées des Ivoiriens venus plus nombreux. Cela ne dura que quelques minutes, dix au total, avant que la salle n’explose de joie pour l’égalisation. Les applaudissements et les cris de joie résonnèrent dans tout le quartier.
À la fin du match, les joueurs et les spectateurs du bar se serrèrent la main, bons amis. Beaucoup avaient commandé en cours de match des brochettes ou du poisson accompagné de loco. Le patron malade, c’était le serveur qui se retrouva en difficulté, ne sachant plus où donner de la tête. L’heure d’entracte entre les deux matchs fut pour lui très éprouvante. La bière coulait à flot, les commandes affluaient et beaucoup commençaient à râler en attendant leur plat.
C’est à ce moment-là qu’entrèrent trois blancs d’un seul coup. Modeste et les autres les dévisagèrent. Le premier à franchir la porte, on le connaissait. C’était Jean-Pierre, qui avait vécu pendant dix ans avec une congolaise bipolaire. Il écumait depuis les bars avec une régularité assez inquiétante. Il était accompagné d’un grand blond aux yeux bleus et d’une jeune brune. Ces deux-là, personne ne les connaissait. Le tonton vint à la rencontre de Jean-Pierre et lui serra chaleureusement la main.
–  Bienvenue mon ami, bienvenue ! Je crois qu’il reste de la place en haut.
Le tonton n’était pas le patron du bar, mais il donnait un coup de main de temps en temps, comme ce soir-là.
Ça faisait bizarre à Jacquier d’avoir vu quarante paires de yeux se porter sur lui au moment où il était entré. Ça faisait bien la deuxième fois de la semaine… Il eut pendant quelques instants un peu de gène. Lecouerc, d’apparence stoïque devait ressentir la même chose. Ils furent en fait chaleureusement accueillis et se détendirent petit à petit, si bien qu’au bout de la troisième bière, le lieutenant éprouva le besoin d’aller aux toilettes. Pour y parvenir, il fallait se courber en deux pour accéder au vestibule, puis à nouveau se pencher pour l’endroit intime. Il fallut que l’architecte fut un lilliputien, ce n’était pas possible autrement, pensa Jacquier.
Ce fut l’heure du deuxième match. Le calme relatif qui régnait avant la rencontre laissa la place à la furia des supporters des deux camps. Quatre camerounais étaient arrivés tôt pour réserver des places de choix au meilleur rang devant Modeste, qui ne les appréciait guère. Les Guinéens étaient à peine plus nombreux, mais n’étant pas les favoris, ils avaient du coup la faveur de la foule.
Les femmes jouaient un rôle important dans ce véritable amphithéâtre qu’était devenu le bar de Bernard. C’étaient le soi-disant sexe faible qui sortait les griffes et qui faisaient le plus de bruit. Une Camerounaise, arrivée peu avant le match, avait pris la place d’une Malienne et son copain français posté près de la rambarde au premier étage à côté des trois blancs. Elle prenait un malin plaisir à parler anglais pour marquer sa différence en répétant « Go Lions ! » Cependant, trois Guinéennes avaient pris elles aussi position dans les parages, bien décidées à voir leur équipe l’emporter.
Le début de match fut tout à l’avantage des Camerounais et des cris se firent entendre dès la dixième minute. Une étrange expression traversa les lieux. « Aile de pigeon » proclama l’un des quatre Camerounais, trois mots qui furent reprit en cœur par ses camarades et d’une façon ironique par un bon nombre de spectateurs. « Ailes de pigeon, ailes de pigeon » s’amusèrent à crier certains moqueurs. Une femme, appelée Éveline, porta l’accusation de maraboutage à l’encontre des « lions indomptables », le tout en montrant du doigt les supporters camerounais présents dans la salle. Elle riait à gorge déployée comme possédée par un étrange démon. Oui, c’était un jeu, bien que l’un des quatre Camerounais lui répondit qu’il allait bien monter à l’étage… Ce but réveilla cependant des Guinéens jusque-là timorés et à la quarantième minute, ils égalisèrent sous les hourras de la foule. À la mi-temps, même sous les quolibets, les Camerounais restaient confiants.
–  Vous pensez que notre homme est là ? glissa Jacquier à Jean-Pierre.
–  S’il n’est pas là, il sera au Kinshasa tout à l’heure, ne vous en faîtes pas. En attendant, vous avez vu cette frénésie ?
–  Il n’y a jamais de bagarre ? s’inquiétait Lecouerc, étonnée de la passion suscitée par cette compétition et par le fait, finalement, que c’étaient les femmes qui se montraient les plus véhémentes.
–  Non, il y a rarement des bagarres pour ça. C’est avant tout une soirée de joies et de fête. Supporter son équipe est une grande fierté, c’est comme retourner au pays le temps d'un match.
Au coup de sifflet final, les Camerounais ne cachèrent pas leur amertume, eux qui étaient largement favoris dans cette rencontre. Le match fut rejoué de nombreuses minutes après la rencontre, alors que Jacquier et Lecouerc eurent enfin leur brochette, Jean-Pierre, son poisson… Jacquier en était bien à sa sixième bière…
–  Il faut que l’on fasse partie du décor, c’est la seule stratégie qui convienne pour retrouver le garçon !
–  C’est surtout le meilleur moyen pour devenir alcoolique le railla Lecouerc.
Jacquier ne disait plus rien. Il avait trempé son loco dans le piment et tentait de cacher les picotements qui lui donnaient envie de crier. Il se dirigea vers les toilettes, oublia de baisser suffisamment la tête et se cogna contre le mur. Cela fit pouffer de rire les Guinéennes placées juste à côté de l’entrée.
Après avoir remercié le tonton et jeté quelques coups d’œil furtifs pour voir si le fameux Léopold ne se trouvait pas dans les parages, les trois acolytes repartirent en voiture. Ça tombait bien que Lecouerc ne buvait pas ce soir-là.
Au Kinshasa, la soirée battait son plein. À peine rentrés, Lassana vint vers eux.
–  Jean-Pierre, mon ami ! Tiens, tu as ramené nos deux amis !
Il fallut encore trinquer aux retrouvailles.

 

 

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