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Blog d'auteur

Humanoïd XY (1ère partie)

14 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Une nouvelle aventure de Jules Sergent, simple citoyen confronté à d'étranges évènements...

 

Cela faisait presque deux semaines que rien d’extraordinaire ne m’était arrivé. J’en étais tout surpris. Le quotidien avait repris son cours. Je ne m’en portais pas plus mal, après tout… Plus de fantômes, plus d’extraterrestres... Je redevenais un humain noyé dans la masse, un travailleur, un honnête citoyen, qui menait une petite vie tranquille. Il y avait juste cette satanée solitude qui m’étreignait parfois. Nous étions au cœur de l’été, au mois d’août à un moment où les affaires se faisaient rares, et où le patron était parti sur son yacht, me laissant le soin de gérer sa boutique.

Ce matin-là, alors que je devais me rendre dans le quartier le plus huppé de la ville pour évaluer le prix d’un appartement, un incident me retarda. Je marchais le long de la rue Monseigneur, lorsqu’une femme arriva en courant en sens opposé. Elle portait des talons ce qui n’aidait pas à la rendre plus rapide. Elle semblait particulièrement affolée se retournant à plusieurs reprises. La rue était à cette heure-là vide, les grands magasins n’ayant pas encore ouvert leur porte. La femme, relativement grande – elle devait faire dans les 1m75 – tomba littéralement sur moi. Elle se confondit rapidement en excuses et me glissa dans la main une clé USB avant de continuer sa route sur le même rythme. Je mis instinctivement cette clé dans ma poche. Au même moment surgirent deux hommes, qui semblaient à bout de souffle, visiblement en chasse après cette mystérieuse nymphe.

-          Police, vous avec vu une jeune femme brune courir dans la rue ?

-          Oui, oui, elle a continué tout droit le long de cette rue, lui dis-je sans réfléchir.

C’est vrai, je n’avais pas menti. D’ailleurs, pourquoi l’aurais-je fait ? Une femme poursuivie par la police, je me devais de jouer mon rôle de citoyen. Je continuais donc mon chemin, troublé par cet événement pour le moins inhabituel, à tel point que je me trompais de rue en arrivant à proximité de l’appartement dont je devais m’occupé. Je revoyais la scène au ralenti, des détails me revenant au fur et à mesure. Elle avait des cheveux longs, un visage extrêmement beau, comme j’en avais rarement vu, des traits fins, un nez peu proéminent, des yeux verts amande. Le flash s’arrêta devant la porte de la famille Berthier, le professionnel que j’étais devait se reprendre. Je fis le tour de l’appartement de 100 m² en quelques minutes. Mon trouble se manifesta par une transpiration excessive, il était à peine 9h30 et ma chemise était trempée. La propriétaire le remarqua et me demanda si tout allait bien. Je fis un signe positif de la tête.

-          Ne vous inquiétez pas, une mauvaise digestion, prétextais-je.

Ah, ils avaient un bien bel appartement les Berthier, mais je devais leur apparaître bien blaser, à peine si je m’attardais sur la superbe cuisine américaine, l’escalier en colimaçon fait à base de chêne ou encore la splendide salle de bain avec son jacuzzi. Je cochai des croix comme l’aurait fait un huissier de justice. La pensée que j’avais dans la poche, un objet contenant peut-être des informations secrètes – sinon pourquoi cette femme me l’aurait-elle confiée ? – m’obsédait de plus en plus. Je fis de mon mieux néanmoins pour demeurer professionnel et glissais une première évaluation aux oreilles des futurs vendeurs.

A peine sorti, je me surpris à marcher à un rythme effréné en direction de l’arrêt de tramway. J’eus de la chance, car il y en avait un en approche. Vingt minutes plus tard, j’étais à mon domicile. Je mis de suite en route l’ordinateur, et glissai la clé dans un port USB. C’est de cette façon-là que commencèrent pour moi les ennuis…

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