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Blog d'auteur

Implosion (1)

8 Janvier 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

L'histoire qui va suivre n’est qu'une pure fiction. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Sauf qu'au Rwanda en 1994, 800 000 personnes se sont bien fait massacrées...

 

Ce soir-là, le soleil se coucha en prenant une teinte particulièrement rougeoyante. Le ciel entier s’embrasa, veiné d’on ne sait quel or. Le pourpre, seul, dominait. Un homme demi-assis venait de se relever des morts. Il fixa l’astre comme si c’était la fin des temps, comme si l’obscur allait tout engloutir, les hommes, les animaux, la nature tout entière et toutes les civilisations. Il toucha son bras pour s’assurer qu’il était encore bien vivant. Sa tête lui faisait mal. Il passa sa main sur son cuir chevelu et la ramena devant ses yeux, la vue du sang le fit gémir. Il ne comprenait pas ce qu’il venait de vivre. Tout autour de lui n’était plus que feu, débris et sang. Les maisons du village brulaient.

Pétrifié, il esquissa un mouvement vers la droite et le regretta presque aussitôt. Il aurait préféré être changé en statue de pierre par les Gorgones au lieu de voir sa femme baignée dans un sang aussi noir que l’âme de ceux qui l’avaient tué.

Cela lui fit comme un électrochoc. La scène défila devant lui, tel un scénario implacable que rien ni personne n’aurait pu arrêter. Cela avait commencé par des cris, sourds et inquiétants. Modeste et Rosélyne avaient stoppé net leur repas. Modeste se leva de la table et alla voir à la fenêtre. Les miliciens, arrivés en grand nombre, machettes à la main, s’occupaient silencieusement des premières maisons. Modeste n’eût qu’à regarder Rosélyne pour qu’elle comprenne le danger. Ils passèrent par la porte du débarras située à l’arrière de leur maison en terre. Mais, déjà, ils avaient défoncé leur porte et étaient à leurs trousses dans les rues du village. Ce fut Rosélyne qui trébucha la première. Courir avec une robe n’était pas chose aisée. Modeste s’arrêta dans sa course et revint vers elle pour la protéger, mais l’un des miliciens, précisément l’un de ses anciens camarades d’école, lui asséna un coup de gourdin.

-          Tiens, sale Tutsi, tu l’as bien mérité !

Etant dans l’incapacité de bouger, il entendit ensuite vaguement des cris, les cris de sa femme que les miliciens étaient en train de massacrer…

 

A suivre...

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