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Blog d'auteur

UFO 2015

9 Septembre 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Une lumière dans le ciel, une étoile scintillante, plus forte que les autres, l’horizon dégagé, sans nuages, sans anicroche. Mr Sergent admire le spectacle, les yeux tournés vers ce cadeau des dieux. Sur sa chaise longue, il vient de savourer une bonne bière. Il a passé une très mauvaise journée, où les secrétaires de l’agence lui ont donné mille tourments. Il commence à fermer les yeux.

Sa terrasse donne sur un parc assez vaste, où quelques frênes peuplent cet espace prisé par les habitants de la ville. L’esprit de Mr Sergent tente de s’évader, mais Jules veut garder les pieds sur terre, Jules est rigoureux dans son travail, Jules ne se trompe jamais. Et soudain, Jules croit voir quelque chose dans le fond du parc, tout d’abord une petite lueur, puis quelques autres, qui se déplacent.

L’homme se redresse sur sa chaise, ballotte de droite à gauche, plisse les yeux pour mieux voir ou même se convaincre que ce qu’il voit est bien vrai. Les halos de lumière se rapprochent. L’inquiétude prend Mr Sergent, son cœur s’accélère, une boule d’angoisse se fait jour à l’intérieur de son ventre. Il tente de comptabiliser les formes qu’il perçoit. Car maintenant il en est sûr, ce sont des êtres animés, sans doute des hommes, voir des robots humanoïdes, allez savoir ! La peur se répand dans tous les pores de sa peau. Qu’est-ce que ça peut bien être ? Des hommes du GIGN en phase d’intervention ? Un terroriste habiterait dans les parages ?

Mr Sergent s’est maintenant levé de sa chaise, il circule nerveusement de long en large sur sa terrasse. Des sentiments ambivalents l’assaillent, la curiosité le pousserait bien à descendre voir ce qu’il se passe, mais ce serait trop dangereux. Maintenant, il croit percevoir leur forme…

Ils viennent vers lui, cette fois il en est sûr. Ce n’est pas le GIGN, ce n’est pas la police, ce ne sont même pas des voleurs, non, qu’est-ce que c’est ? Soudain, une lumière l’éclaire, il est aveuglé, il pense à fuir, mais il est comme paralysé. Un point lumineux s’immobilise sur son front. Sergent est cuit. Il se sent défaillir et tombe inanimé.

Quelques heures plus tard.

L’esprit vague et flottant, Jules se réveille.

-          Putain, le mal de tronche !

Je sentais comme un millier de cloches qui venaient de sonner toutes en même temps dans mon crâne. Mes paupières voulurent bien se soulever histoire que je puisse voir où j’étais. Je tressaillis en voyant les personnes qui étaient en face de moi. Enfin, les personnes… C’était vite dit.

-          Ouahhh, c’est quoi ça !

-          N’ayez crainte, monsieur, n’ayez crainte.

-          Et, mais vous avez cramé ou quoi ?

Je contemplais l’air béat mes hôtes un peu particuliers. Ces êtres étaient très foncés, pas marrons non, mais noir comme les cendres, avec tout de même des stries blanches, ce qui leur donnait une allure assez distinguée. Ils me paraissaient grands, du moins les trois spécimens que je voyais là, aux environs des deux mètres, mais je n’étais pas sûr, étant allongé sur un lit. Mes hôtes ne prirent pas ombrage de mes réflexions et à ma grande surprise, je comprenais intégralement leur langage fait de borborygmes et d’onomatopées.

-          Le patient me semble un peu paniqué, docteur, nous ferions mieux de lui injecter un produit destiné à le calmer.

-          Pour l'instant, ne faisons rien, il va comprendre de lui-même qu’il n’est pas en danger.

Le spécimen femelle semblait sceptique et me regardait avec suspicion.

-          Où suis-je ? osai-je demander.

-          Vous êtes à bord de notre vaisseau, le Cbrek, dernier-né de la classe des HK, les Hajkelk Kirdlm, le plus rapide, 100 000 km/heure.

-          Ah, fis-je, impressionné. Et pourquoi suis-je là s’il vous plaît ?

-          Nous avons la mission de découvrir votre planète et les habitants qui l’occupent.

-          Les étudier, ajouta l’extraterrestre femme avec un semblant de sourire qui ne me disait rien qui vaille…

-          Euh, attendez, je ne suis pas une grenouille, vous voulez me disséquer ?

-          Une grenouille ? demanda la femme en se tournant vers celui qui semblait être son chef.

Celui-ci se gratta la tête. La femme semblait surprise, elle compulsa un mini-ordinateur.

-          C’est vert n’est-ce pas ? fit le chef.

La femme avait trouvé une illustration et la montrait à son supérieur.

-          Oui, c’est vert et petit, dis-je d’une voix monocorde.

-          Eh bien, non, nous n’allons pas vous disséquer.

-          Encore que ça peut-être une bonne idée, dit celle que décidément j’appréciai de moins en moins.

-          Rassurez-vous, Adna dit ça pour plaisanter, elle a un sens de l’humour très développé.

Ainsi, Adna était son nom ou son prénom… Bien que d’une couleur assez perturbante pour un être humain, en tant qu’esthète de la gent féminine, j’admirais ses courbes qui étaient plus que parfaites. Mon air libidineux lui fit froncer les sourcils.

-          N’aurait-il pas besoin d’un puissant calmant ?

-          Mais non, au contraire, cela fait partie de l’étude, il faut étudier l’être humain dans ses actions lorsqu’il est au maximum de ses capacités physiques et intellectuelles.

J’avoue que je n’étais pas à l’aise d’autant que le troisième personnage ne disait mot et que finalement, c’était le plus inquiétant des trois. Il notait sur son carnet tout ce qui se passait. Son visage ovoïde paraissait constamment sans émotion.

Jules ne le sait pas encore, mais ces extraterrestres viennent d’une des galaxies les plus proches de la terre, celle du Centaure. Ils ont développé une civilisation avancée. Ils sont déjà venus sur terre il y a bien des années, des milliers d’années. Ils ont apporté leur connaissance à quelques initiés. En revanche, ils ne sont pas restés longtemps, car ils devaient repartir au plus tôt à cause d’une guerre qui menaçait d’éclater dans leur propre système solaire. De fait, cette mission est complétive d’une première déjà effectuée. Adna a raison, il ne s’agit pas de découvrir, cela a déjà été fait, mais de constater l’évolution de cette espèce et de ramener des informations scientifiques qui s’avéreront précieuses pour la suite…

Mais revenons  au Cbrek, le vaisseau de ces êtres étranges. Il peut accueillir 500 passagers, est propulsé grâce à de l’hydrogène, peut-être autonome pendant 40 ans. Il possède un confort maximal. Cela s’est révélé impératif dans le passé, où des équipages se sont mutilés à cause de conditions de voyage plus que limite, notamment lors de la découverte du système solaire d’Orion, que les Anciens avaient qualifié de Nouveau Monde, car beaucoup d’entre eux ont par la suite émigré vers cette région.

Après ce premier entretien, je m’aperçus que j’étais harnaché au lit, qui était par ailleurs fort confortable. J’essayais en vain de me dégager, mais il n’y avait rien à faire… Adna souriait, le docteur restait stoïque.

-           Pourquoi suis-je attaché ?

-          Simple précaution, rassurez-vous, dit le docteur. Bien, sans plus attendre, nous allons procéder à quelques tests…

-           Ah, dis-je, ça va faire mal ?

-          Non, nous allons vous poser quelques électrodes pour en savoir un peu plus sur vous. Mr Ramirez, allez-y.

Ramirez, c’était l’homme qui ne disait rien, le genre sournois. Je crus déceler dans son attitude un certain plaisir à s’exécuter. Il s’empressa d’aller chercher dans un placard tout son attirail, puis me plaça le matériel en question sur le crâne. Ces électrodes étaient phosphorescentes et donnaient une couleur rougeoyante.

Le docteur tenta de me rassurer.

-          Les électrodes réagissent en fonction de votre activité cérébrale. Là, c’est tout à fait normal, vous vous trouvez dans une situation de stress et vous bouillonnez à l’intérieur. Vous vous posez mille questions. Vous savez, détendez-vous, d’ici quelques minutes, nous saurons tout de vous, votre identité, votre parcours, vos pensées les plus intimes…

-          Mais vous n’avez pas le droit !

-          C’est une étude scientifique, monsieur ! En aucun cas, nous ne divulguerons les résultats à vos congénères. Et puis, j’ai le droit. Nous avons mis au courant votre gouvernement. Votre président nous a donné l’autorisation. En même temps, il semblait quelque peu soulagé qu’on ne l’embarque pas…

J’en restais comme deux ronds de flanc, d’autant qu’un sourd mal de tête se faisait jour. J’essayai de ne penser à rien, histoire de ne pas leur faire plaisir. Tous regardaient en direction d’un côté du vaisseau, où certainement défilaient des images de mon moi.

-          Très intéressant, commenta ironiquement Adna.

-          Le patient n’est pas très coopératif.

-          Il va l’être.

Adna sortit une microseringue et sans que je puisse ne rien faire, elle m’injecta un produit froid dans les veines. Je m’endormis instantanément.

Au réveil, j’étais nu, et stupéfait, je constatai qu’Adna était en train de me mesurer tous les organes du corps, mais vraiment tous les organes ! Elle dut voir dans mon regard  mon dépit.

-          Ne vous en faites pas, monsieur Sergent. Tout va bien. Vous n’êtes pas le seul cobaye ici et je peux vous dire que d’après nos premières constatations l’être humain évolue d’une manière positive. Il a grandi d’environ 15 centimètres en 2000 ans ce qui est remarquable. Enfin, tout n’a pas grandi en fait…

Son regard condescendant me piqua au vif.

-          Vous étiez là il y a 2000 ans ?

-          Pas moi. On ne vit pas aussi longtemps tout de même ! Mais oui, NOUS étions là.

-          Où exactement ?

-          Vous ne devez rien savoir, monsieur Sergent, si vous croyez que je vais vous parler du petit Jésus…

-          Vous l’avez connu ?!

-          Je vous ai dit que je n’étais pas là…

Le docteur arriva sur ses entrefaites.

-          Alors monsieur Sergent, tout va bien ?

-          Aussi bien qu’on puisse aller quand on est kidnappé…

-          Il est un peu grognon. J’adore ce terme, grognon, il n’était pas répertorié dans nos dictionnaires, c’est vous qui nous l’avez appris par l’intermédiaire de vos pensées, ainsi que bien d’autres termes et néologismes. Vous nous avez rendu beaucoup de services, et à ce titre nous allons bientôt vous relâcher.

-          Enfin…

-          Il est bien évident que vous ne vous souviendrez plus de rien lorsque vous vous réveillerez…

-          Ce n’est peut-être pas plus mal…

C’est à ce moment-là qu’eu lieue une formidable explosion. Le vaisseau vacilla, et tous les passagers s’accrochèrent comme ils purent, sauf Jules Sergent toujours harnaché à un lit.

-          Détaché-moi de là nom des dieux !

Il vit ses hôtes courir en tous sens, sauf Adna qui était tombée et s’était cogné la tête contre la paroi du vaisseau. Elle se releva péniblement, se tâtant en tous points pour voir si rien n’était cassé. Elle regarda ensuite tout autour d’elle. Une alarme retentissait et le vaisseau semblait pencher dangereusement sur le côté. C’est à ce moment-là qu’elle pensa au prisonnier. Elle lui défit ses liens.

En me relevant, nos mains s’effleurèrent, et nos regards se croisèrent. Le sien signifiait : « en d’autres temps peut-être ». Mais là, il y avait urgence.

-          Si vous voulez vivre, suivez-moi !

Je ne me fis pas prier. Elle m’emmena rapidement à travers les couloirs. Nous débouchâmes dans un gigantesque hall, où nous vîmes partir une succession de petits vaisseaux. De toute part, des flammes surgissaient et à notre grande stupeur, il n’en restait plus aucun sur le quai… Je compris son expression, c’était celui d’une personne qui savait qu’elle allait mourir. Je fus pris de panique.

-          Bon sang, mais faites quelque chose.

Je fis des signes aux engins qui venaient de partir, je sautais en tout sens pour nous signaler, mais aucun d’entre eux ne dévia de sa route.

Adna restait immobile les bras croisés.

-          Il faut faire quelque chose.

-          Le véhicule de secours de l’infirmerie… Pourquoi n’y ai-je pas pensé tout de suite ?!

Elle m’entraîna alors dans une autre série de couloirs et nous parvînmes difficilement en ce lieu, les secousses se faisant de plus en plus virulentes. Dans un recoin, un petit module deux places nous attendait. Adna se précipita vers la console de la pièce, après avoir réveillé le système mis en pause, elle faisait des grands gestes avec les bras devant un écran. Le module  clignota alors qu’une porte située en face de ce petit engin s’ouvrit.

-          Montez, je vous emmène !

Au moment où le module se dégagea du vaisseau, de grandes explosions projetèrent le petit véhicule dangereusement à travers le ciel. Adna fit tout son possible pour le maintenir et amorcer l’atterrissage. Elle visa ce qu’elle croyait être un pré, c’était en fait un parc. L’engin accrocha un arbre et se cracha sur l’herbe, laissant une trace impressionnante sur plus de 50 mètres.

Jules reprenait peu à peu conscience. Sa tête était lourde. Encore une lumière blanche, celle de l’hôpital…

-          Ça va, monsieur ?

Une blouse blanche s’était penchée sur lui. Il acquiesça de la tête.

-          Où est Adna ?

-          Qui, monsieur ?

-          Adna.

-          Je ne sais pas, monsieur. Il y a eu beaucoup de blessés…

-          Je comprends oui, ce n’est pas tous les jours que les extraterrestres débarquent…

L’infirmière ne put s’empêcher de pouffer de rire et hélât sa collègue.

-          Eh Joséphine, le client 23 a eu un sacré choc. Il croit que les extraterrestres ont débarqué !

-          Ah ah ah, pas mal… Non, moi j’en ai juste un qui m’a parlé de bombe nucléaire. On rit, mais il faudra s’habituer à  ces chutes de météorites, il paraît qu’il y en aura de plus en plus souvent… Encore heureux qu’elles soient tombées en plein milieu d’un parc... C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts !

 

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