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UFO 2015

9 Septembre 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Une lumière dans le ciel, une étoile scintillante, plus forte que les autres, l’horizon dégagé, sans nuages, sans anicroche. Mr Sergent admire le spectacle, les yeux tournés vers ce cadeau des dieux. Sur sa chaise longue, il vient de savourer une bonne bière. Il a passé une très mauvaise journée, où les secrétaires de l’agence lui ont donné mille tourments. Il commence à fermer les yeux.

Sa terrasse donne sur un parc assez vaste, où quelques frênes peuplent cet espace prisé par les habitants de la ville. L’esprit de Mr Sergent tente de s’évader, mais Jules veut garder les pieds sur terre, Jules est rigoureux dans son travail, Jules ne se trompe jamais. Et soudain, Jules croit voir quelque chose dans le fond du parc, tout d’abord une petite lueur, puis quelques autres, qui se déplacent.

L’homme se redresse sur sa chaise, ballotte de droite à gauche, plisse les yeux pour mieux voir ou même se convaincre que ce qu’il voit est bien vrai. Les halos de lumière se rapprochent. L’inquiétude prend Mr Sergent, son cœur s’accélère, une boule d’angoisse se fait jour à l’intérieur de son ventre. Il tente de comptabiliser les formes qu’il perçoit. Car maintenant il en est sûr, ce sont des êtres animés, sans doute des hommes, voir des robots humanoïdes, allez savoir ! La peur se répand dans tous les pores de sa peau. Qu’est-ce que ça peut bien être ? Des hommes du GIGN en phase d’intervention ? Un terroriste habiterait dans les parages ?

Mr Sergent s’est maintenant levé de sa chaise, il circule nerveusement de long en large sur sa terrasse. Des sentiments ambivalents l’assaillent, la curiosité le pousserait bien à descendre voir ce qu’il se passe, mais ce serait trop dangereux. Maintenant, il croit percevoir leur forme…

Ils viennent vers lui, cette fois il en est sûr. Ce n’est pas le GIGN, ce n’est pas la police, ce ne sont même pas des voleurs, non, qu’est-ce que c’est ? Soudain, une lumière l’éclaire, il est aveuglé, il pense à fuir, mais il est comme paralysé. Un point lumineux s’immobilise sur son front. Sergent est cuit. Il se sent défaillir et tombe inanimé.

Quelques heures plus tard.

L’esprit vague et flottant, Jules se réveille.

-          Putain, le mal de tronche !

Je sentais comme un millier de cloches qui venaient de sonner toutes en même temps dans mon crâne. Mes paupières voulurent bien se soulever histoire que je puisse voir où j’étais. Je tressaillis en voyant les personnes qui étaient en face de moi. Enfin, les personnes… C’était vite dit.

-          Ouahhh, c’est quoi ça !

-          N’ayez crainte, monsieur, n’ayez crainte.

-          Et, mais vous avez cramé ou quoi ?

Je contemplais l’air béat mes hôtes un peu particuliers. Ces êtres étaient très foncés, pas marrons non, mais noir comme les cendres, avec tout de même des stries blanches, ce qui leur donnait une allure assez distinguée. Ils me paraissaient grands, du moins les trois spécimens que je voyais là, aux environs des deux mètres, mais je n’étais pas sûr, étant allongé sur un lit. Mes hôtes ne prirent pas ombrage de mes réflexions et à ma grande surprise, je comprenais intégralement leur langage fait de borborygmes et d’onomatopées.

-          Le patient me semble un peu paniqué, docteur, nous ferions mieux de lui injecter un produit destiné à le calmer.

-          Pour l'instant, ne faisons rien, il va comprendre de lui-même qu’il n’est pas en danger.

Le spécimen femelle semblait sceptique et me regardait avec suspicion.

-          Où suis-je ? osai-je demander.

-          Vous êtes à bord de notre vaisseau, le Cbrek, dernier-né de la classe des HK, les Hajkelk Kirdlm, le plus rapide, 100 000 km/heure.

-          Ah, fis-je, impressionné. Et pourquoi suis-je là s’il vous plaît ?

-          Nous avons la mission de découvrir votre planète et les habitants qui l’occupent.

-          Les étudier, ajouta l’extraterrestre femme avec un semblant de sourire qui ne me disait rien qui vaille…

-          Euh, attendez, je ne suis pas une grenouille, vous voulez me disséquer ?

-          Une grenouille ? demanda la femme en se tournant vers celui qui semblait être son chef.

Celui-ci se gratta la tête. La femme semblait surprise, elle compulsa un mini-ordinateur.

-          C’est vert n’est-ce pas ? fit le chef.

La femme avait trouvé une illustration et la montrait à son supérieur.

-          Oui, c’est vert et petit, dis-je d’une voix monocorde.

-          Eh bien, non, nous n’allons pas vous disséquer.

-          Encore que ça peut-être une bonne idée, dit celle que décidément j’appréciai de moins en moins.

-          Rassurez-vous, Adna dit ça pour plaisanter, elle a un sens de l’humour très développé.

Ainsi, Adna était son nom ou son prénom… Bien que d’une couleur assez perturbante pour un être humain, en tant qu’esthète de la gent féminine, j’admirais ses courbes qui étaient plus que parfaites. Mon air libidineux lui fit froncer les sourcils.

-          N’aurait-il pas besoin d’un puissant calmant ?

-          Mais non, au contraire, cela fait partie de l’étude, il faut étudier l’être humain dans ses actions lorsqu’il est au maximum de ses capacités physiques et intellectuelles.

J’avoue que je n’étais pas à l’aise d’autant que le troisième personnage ne disait mot et que finalement, c’était le plus inquiétant des trois. Il notait sur son carnet tout ce qui se passait. Son visage ovoïde paraissait constamment sans émotion.

Jules ne le sait pas encore, mais ces extraterrestres viennent d’une des galaxies les plus proches de la terre, celle du Centaure. Ils ont développé une civilisation avancée. Ils sont déjà venus sur terre il y a bien des années, des milliers d’années. Ils ont apporté leur connaissance à quelques initiés. En revanche, ils ne sont pas restés longtemps, car ils devaient repartir au plus tôt à cause d’une guerre qui menaçait d’éclater dans leur propre système solaire. De fait, cette mission est complétive d’une première déjà effectuée. Adna a raison, il ne s’agit pas de découvrir, cela a déjà été fait, mais de constater l’évolution de cette espèce et de ramener des informations scientifiques qui s’avéreront précieuses pour la suite…

Mais revenons  au Cbrek, le vaisseau de ces êtres étranges. Il peut accueillir 500 passagers, est propulsé grâce à de l’hydrogène, peut-être autonome pendant 40 ans. Il possède un confort maximal. Cela s’est révélé impératif dans le passé, où des équipages se sont mutilés à cause de conditions de voyage plus que limite, notamment lors de la découverte du système solaire d’Orion, que les Anciens avaient qualifié de Nouveau Monde, car beaucoup d’entre eux ont par la suite émigré vers cette région.

Après ce premier entretien, je m’aperçus que j’étais harnaché au lit, qui était par ailleurs fort confortable. J’essayais en vain de me dégager, mais il n’y avait rien à faire… Adna souriait, le docteur restait stoïque.

-           Pourquoi suis-je attaché ?

-          Simple précaution, rassurez-vous, dit le docteur. Bien, sans plus attendre, nous allons procéder à quelques tests…

-           Ah, dis-je, ça va faire mal ?

-          Non, nous allons vous poser quelques électrodes pour en savoir un peu plus sur vous. Mr Ramirez, allez-y.

Ramirez, c’était l’homme qui ne disait rien, le genre sournois. Je crus déceler dans son attitude un certain plaisir à s’exécuter. Il s’empressa d’aller chercher dans un placard tout son attirail, puis me plaça le matériel en question sur le crâne. Ces électrodes étaient phosphorescentes et donnaient une couleur rougeoyante.

Le docteur tenta de me rassurer.

-          Les électrodes réagissent en fonction de votre activité cérébrale. Là, c’est tout à fait normal, vous vous trouvez dans une situation de stress et vous bouillonnez à l’intérieur. Vous vous posez mille questions. Vous savez, détendez-vous, d’ici quelques minutes, nous saurons tout de vous, votre identité, votre parcours, vos pensées les plus intimes…

-          Mais vous n’avez pas le droit !

-          C’est une étude scientifique, monsieur ! En aucun cas, nous ne divulguerons les résultats à vos congénères. Et puis, j’ai le droit. Nous avons mis au courant votre gouvernement. Votre président nous a donné l’autorisation. En même temps, il semblait quelque peu soulagé qu’on ne l’embarque pas…

J’en restais comme deux ronds de flanc, d’autant qu’un sourd mal de tête se faisait jour. J’essayai de ne penser à rien, histoire de ne pas leur faire plaisir. Tous regardaient en direction d’un côté du vaisseau, où certainement défilaient des images de mon moi.

-          Très intéressant, commenta ironiquement Adna.

-          Le patient n’est pas très coopératif.

-          Il va l’être.

Adna sortit une microseringue et sans que je puisse ne rien faire, elle m’injecta un produit froid dans les veines. Je m’endormis instantanément.

Au réveil, j’étais nu, et stupéfait, je constatai qu’Adna était en train de me mesurer tous les organes du corps, mais vraiment tous les organes ! Elle dut voir dans mon regard  mon dépit.

-          Ne vous en faites pas, monsieur Sergent. Tout va bien. Vous n’êtes pas le seul cobaye ici et je peux vous dire que d’après nos premières constatations l’être humain évolue d’une manière positive. Il a grandi d’environ 15 centimètres en 2000 ans ce qui est remarquable. Enfin, tout n’a pas grandi en fait…

Son regard condescendant me piqua au vif.

-          Vous étiez là il y a 2000 ans ?

-          Pas moi. On ne vit pas aussi longtemps tout de même ! Mais oui, NOUS étions là.

-          Où exactement ?

-          Vous ne devez rien savoir, monsieur Sergent, si vous croyez que je vais vous parler du petit Jésus…

-          Vous l’avez connu ?!

-          Je vous ai dit que je n’étais pas là…

Le docteur arriva sur ses entrefaites.

-          Alors monsieur Sergent, tout va bien ?

-          Aussi bien qu’on puisse aller quand on est kidnappé…

-          Il est un peu grognon. J’adore ce terme, grognon, il n’était pas répertorié dans nos dictionnaires, c’est vous qui nous l’avez appris par l’intermédiaire de vos pensées, ainsi que bien d’autres termes et néologismes. Vous nous avez rendu beaucoup de services, et à ce titre nous allons bientôt vous relâcher.

-          Enfin…

-          Il est bien évident que vous ne vous souviendrez plus de rien lorsque vous vous réveillerez…

-          Ce n’est peut-être pas plus mal…

C’est à ce moment-là qu’eu lieue une formidable explosion. Le vaisseau vacilla, et tous les passagers s’accrochèrent comme ils purent, sauf Jules Sergent toujours harnaché à un lit.

-          Détaché-moi de là nom des dieux !

Il vit ses hôtes courir en tous sens, sauf Adna qui était tombée et s’était cogné la tête contre la paroi du vaisseau. Elle se releva péniblement, se tâtant en tous points pour voir si rien n’était cassé. Elle regarda ensuite tout autour d’elle. Une alarme retentissait et le vaisseau semblait pencher dangereusement sur le côté. C’est à ce moment-là qu’elle pensa au prisonnier. Elle lui défit ses liens.

En me relevant, nos mains s’effleurèrent, et nos regards se croisèrent. Le sien signifiait : « en d’autres temps peut-être ». Mais là, il y avait urgence.

-          Si vous voulez vivre, suivez-moi !

Je ne me fis pas prier. Elle m’emmena rapidement à travers les couloirs. Nous débouchâmes dans un gigantesque hall, où nous vîmes partir une succession de petits vaisseaux. De toute part, des flammes surgissaient et à notre grande stupeur, il n’en restait plus aucun sur le quai… Je compris son expression, c’était celui d’une personne qui savait qu’elle allait mourir. Je fus pris de panique.

-          Bon sang, mais faites quelque chose.

Je fis des signes aux engins qui venaient de partir, je sautais en tout sens pour nous signaler, mais aucun d’entre eux ne dévia de sa route.

Adna restait immobile les bras croisés.

-          Il faut faire quelque chose.

-          Le véhicule de secours de l’infirmerie… Pourquoi n’y ai-je pas pensé tout de suite ?!

Elle m’entraîna alors dans une autre série de couloirs et nous parvînmes difficilement en ce lieu, les secousses se faisant de plus en plus virulentes. Dans un recoin, un petit module deux places nous attendait. Adna se précipita vers la console de la pièce, après avoir réveillé le système mis en pause, elle faisait des grands gestes avec les bras devant un écran. Le module  clignota alors qu’une porte située en face de ce petit engin s’ouvrit.

-          Montez, je vous emmène !

Au moment où le module se dégagea du vaisseau, de grandes explosions projetèrent le petit véhicule dangereusement à travers le ciel. Adna fit tout son possible pour le maintenir et amorcer l’atterrissage. Elle visa ce qu’elle croyait être un pré, c’était en fait un parc. L’engin accrocha un arbre et se cracha sur l’herbe, laissant une trace impressionnante sur plus de 50 mètres.

Jules reprenait peu à peu conscience. Sa tête était lourde. Encore une lumière blanche, celle de l’hôpital…

-          Ça va, monsieur ?

Une blouse blanche s’était penchée sur lui. Il acquiesça de la tête.

-          Où est Adna ?

-          Qui, monsieur ?

-          Adna.

-          Je ne sais pas, monsieur. Il y a eu beaucoup de blessés…

-          Je comprends oui, ce n’est pas tous les jours que les extraterrestres débarquent…

L’infirmière ne put s’empêcher de pouffer de rire et hélât sa collègue.

-          Eh Joséphine, le client 23 a eu un sacré choc. Il croit que les extraterrestres ont débarqué !

-          Ah ah ah, pas mal… Non, moi j’en ai juste un qui m’a parlé de bombe nucléaire. On rit, mais il faudra s’habituer à  ces chutes de météorites, il paraît qu’il y en aura de plus en plus souvent… Encore heureux qu’elles soient tombées en plein milieu d’un parc... C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts !

 

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Humanoïd XY (4)

25 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Jules Sergent a pris le risque de cacher la mystérieuse inconnue dans sa salle de bains, alors que le police fouillait tout son immeuble. Celle-ci est venue récupérer la clé USB qu'elle lui avait confié quelques jours auparavant...

 

-         Une dangereuse terroriste ?

-          Ça, c’est ce qu’ils disent, il ne faut pas en croire un mot.

Je fis un signe d’acquiescement, après tout si elle était vraiment une dangereuse terroriste, elle m’aurait déjà tué…

-          Vous voulez manger quelque chose, lui proposai-je.

-          Non, merci, ça ira, je veux simplement la clé et je m’en irai tranquillement.

-          Vous savez, ils sont sûrement encore dans l’immeuble à vous rechercher. Il vaudrait mieux que vous restiez ici au moins cette nuit.

-          C’est gentil de votre part, mais je ne crois pas que ça soit une bonne idée.

-          En tout bien tout honneur, il va sans dire, je vous laisse le canapé pour la nuit et demain vous partirez tranquillement avec votre clé.

-          Eh bien… D’accord, mais puis-je utilisé votre internet ?

-          Je vous en prie, faite.

Je lui désignai le bureau et la laissa tranquille tout en lui remettant la clé. J’en avais évidemment fait un double, mais ça, elle ne pouvait pas s’en douter, car la protection qu’il y avait sur cette clé m’avait donné du fil à retordre. La veille, un petit coup de fil à amie américaine hackeuse, Jessica Lawson, me permit de déverrouiller cette clé. Elle fut plus que curieuse quant à la nature de l’affaire, me proposant même de venir à Paris. Je lui dis que ce n’était pas la peine, mais visiblement, cette jeune personne, 25 ans tout au plus, et que je n’avais jamais vu tenait absolument à venir.

-          Ce sera l’occasion pour moi de visiter cette ville qu’on dit si belle.

Je devais la récupérer à 10 heures demain matin, nul doute que l’étrange femme serait partie entre temps. Je la laissais à ses occupations et prétextais avoir à faire dans la cuisine. En fait, dans cette pièce se trouvaient ma tablette et un prodigieux logiciel espion, qui permettait de savoir ce qu’il y avait sur l’écran d’à côté. Je ne me fis pas prier. Elle accéda à sa boîte mail et envoya un message à un mystérieux Nano. Le contenu de l’envoi me dérouta complètement.

« Je viens demain avec la clé. Ensuite, nous filerons vers le repère caché de nos créateurs. Tiens toi prêt avec les autres, on forcera Manning à nous révéler son secret ».

Je ne comprenais pas le sens du mot « créateur », ni qui pouvait être ce mystérieux Manning. Je lui proposais une fois de plus de la nourriture, mais elle refusa une nouvelle fois. Elle se mit devant la télévision pendant que je mangeais. Ensuite, je la laissais seule dans le salon non sans lui avoir fait promettre de ne pas partir sans m’en avoir averti.

Le lendemain matin, on était samedi, je fus réveillé avant elle. Je préparai tranquillement le petit déjeuner, alors qu’elle passa bien une demi-heure dans la salle de bains. Elle refusa une nouvelle fois de manger, prétextant qu’elle était pressée. Cette fois-ci, je ne pus la retenir. Elle me remercia une nouvelle fois, j’osai lui demander son numéro de téléphone. Elle me regarda avec un petit sourire en coin et me donna sur un bout de papier le Sésame. Je fus tout étourdi de son sourire quand elle passa la porte. Je revins vite sur terre.

-          Mon Américaine !

Je passai rapidement par la salle de bains. Nous avions convenu que je marquerais son nom sur un bout de carton afin de nous retrouver. Je trouvai rapidement le carton en question avant d’inscrire assez sommairement son nom sur celui-ci. Je filai ensuite au garage récupérer ma voiture. La zone d’arrivée de l’aéroport était noire de monde, et c’est avec mon carton, me sentant quelque peu ridicule, que j’attendais la touriste hackeuse.

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Humanoïd XY (3)

22 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Après avoir trouvé sur la clé usb le moyen de retrouver son propriétaire (une séduisante personne), monsieur Sergent rentre chez lui sans avoir vu personne au rendez-vous . Que va-t-il advenir? Que va-t-il faire de cette clé?

 

Je n’attendis pas longtemps. La sonnerie de mon appartement résonna. Je regardais l’œilleton et qui croyez-vous qu’il y eu de l’autre côté de la porte ? Oui, c’était elle. Je décidai de lui ouvrir. Elle entra vive et décidée. On aurait dit une statue grecque avec sa silhouette élancée. Un corps de rêve. Je la contemplais des pieds à la tête, c’est simple, elle était parfaite. Une brune qui aurait pu faire top model, excellemment proportionnée, sans doute des mensurations à vous faire tourner la tête. Elle était habillée simplement cette fois-ci, un pantalon court beige et un haut bleu assez passe-partout, de fines baskets. Le temps semblait ne plus avoir d’importance. Enfin, pour moi, pas pour elle…

-          Vous l’avez ?

-          Oui, bien sûr. Comment m’avez-vous retrouvé ? demandai-je bêtement.

-          Vous êtes allé au point de rendez-vous, il suffisait ensuite de vous suivre…

-          Oui, évidemment.

Elle avança la main vers moi. J’en fus encore plus troublé.

-          La clé, s'il vous plaît.

Et pourtant, la curiosité était la plus forte.

-          Je sais que ce ne sont pas mes affaires, mais que contient-elle ? Je n’ai rien compris aux codes qu’il y avait à l’intérieur.

-          Effectivement, ce ne sont pas vos affaires, monsieur Sergent…

-          En guise de remerciements, vous pourriez m’en dire plus tout de même…

-          Je vous remercie, monsieur Sergent, en mon nom et au nom des miens.

-          Qui sont-ils ?

-          Qui ?

-          Les vôtres…

-          Ah… Désolée, je ne peux pas vous en dire plus. Le temps presse, s’il vous plaît…

-          Bien…

Jules alla tout simplement chercher la clé qui se trouvait à côté de l’ordinateur. Cette histoire allait trouver son aboutissement et cette petite aventure romanesque s’achever. Il ne reverrait sans doute jamais cette magnifique créature. Il retourna vers l’entrée lorsque tout à coup, la sonnette de l’appartement tinta pour la deuxième fois de la soirée.

-          Encore, décidément…

-          Non, n’allez pas ouvrir, lui intima l’étrange femme.

-          Tout de même…

-          Police, ouvrez ! Nous savons que vous êtes là !

-          Oui, minute, j’arrive, j’étais aux toilettes.

Curieusement, je ne fus pas plus paniqué que ça. Je pris la femme par la main, qui, au passage, ne protesta pas où n’en eut pas le temps en tout cas, et je l’emmenai dans la salle de bains. Tout de suite, j’avais pensé à la petite armoire, où je rangeais mes draps et mes serviettes. Il y aurait peut-être la place…

-          Cachez-vous… ici.

La jeune femme me regarda bizarrement, mais elle n’avait pas le temps de réfléchir et s’engouffra dans la petite alcôve.

-          Monsieur Sergent !

-          Oui, j’arrive. Voilà messieurs… dames aussi, je vous en prie, que se passe-t-il ?

Trois hommes et une femme se tenaient à ma porte.

-          Nous aimerions vérifier qu’il n’y a personne à part vous dans cet appartement.

-          Et pourquoi donc ?

-          Une dangereuse terroriste s’est introduite dans votre immeuble. Nous fouillons tous les appartements.

-          Bon, eh bien d’accord, je vous en prie, entrez.

A mon grand désarroi, je me mis à transpirer à chaude goutte et à trembler, alors que deux policiers en tenue investissaient désormais l’appartement. Ils se présentèrent, lieutenant Camille Gersault et sa collègue Ema David. Ils n’étaient pas dupes, ils s’aperçurent de mon trouble.

-          Vous ne nous cachez rien, monsieur Sergent ? Que faites-vous dans la vie, demanda la policière.

-          Agent immobilier.

-          Ah, ça tombe bien d’ailleurs, je cherche à acheter un petit logement dans le XIIIe arrondissement. Vous pourriez m’aider ?

-          Eh bien, pourquoi pas, il faudrait que vous passiez à l’agence, ce n’est pas mon secteur, mais je peux faire une exception pour vous, sans problème.

Le lieutenant sembla s’agacer de cette digression et fit un geste de la main envers sa collègue, qui pâlit aussitôt.

-          Tout ça, c’est très bien, monsieur Sergent, mais avez-vous vu une femme aujourd’hui se promener dans l’immeuble, ou quelque chose de suspect.

-          Non, non, rien de cela. Je ne vois pas.

Les deux brigadiers revenaient visiblement bredouilles.

-          Rien, chef.

-          Bien, nous vous convoquerons peut-être d’ici demain, simple routine.

-          Très bien, pas de problème.

Je refermais avec soulagement la porte. Je me précipitais dans la salle de bain, la belle semblait se tenir un peu le dos, mais elle ne dit rien, elle s’assit simplement sur le canapé.

 

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Humanoïd XY (2)

20 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Monsieur Sergent est encore embarqué dans une sacrée affaire. Une fugitive lui a remis en catastrophe une clé usb. Il rentre donc chez lui avec cet embarrassant objet. Que va-t-il encore lui arrivé ? Arrivera-t-il à retrouvé la mystérieuse nymphe en fuite ?


Par précaution, je mis en route mon antivirus. Rien ne fut détecté. Un seul fichier se trouvait à l’intérieur. Il s’agissait d’un texte qui s’ouvrait grâce à un logiciel très répandu. J’entrepris de l’ouvrir, et à ma grande surprise aucun mot de passe ne fut nécessaire. C’était trop facile… Un texte crypté apparu. Seule, une phrase logée à la fin du fichier donnait des indications :

« En cas de problème, rendez-vous mercredi à 14 heures dans le parc Denis Diderot, sur le banc situé à gauche de la fontaine près de la cabane forestière »

Je crois qu’on pouvait effectivement considérer qu’il y avait un problème. En même temps, en quoi cette affaire me concernait-elle ? Pourquoi prendre des risques pour une simple clé usb ? Que contenait-elle vraiment ? Je me mis à essayer de décrypter le texte en question, mais je ne comprenais rien à la méthode utilisée, une série de chiffres et de lettres, le tout dans un enchevêtrement, qui aurait fait passer la chambre d’un adolescent pour une pièce impeccablement rangée. Au bout de trois heures de temps, je laissai tomber, me persuadant que le lendemain je me rendrai au lieu et à l’heure dite de la rencontre. Toute la nuit, dans mon sommeil, je mis en route un plan d’action. Il fallait prévoir une tenue et un matériel adéquat. Des lunettes noires et une casquette pour passer inaperçu, un dictaphone pour enregistrer la conversation, et même une bombe anti-agression au cas où. En effet, cela n’était pas sans risque, et je me demandais s’il était bien sage d’entreprendre une telle aventure. Mais, un élément faisait pencher la balance. C’était peut-être celle qui m’avait transmis la clé qui la reprendrait. C’était la plus belle femme que je n’avais jamais vue, d’accord, je n’avais aucune chance, mais sur un malentendu, tout était possible.

Le matin, je soignais ma chevelure largement amputée de cheveux qui se faisaient rares, je mis une chemise blanche à la fois élégante et légère, un pantalon de toile lui aussi adapté aux fortes chaleurs. Le matin passa lentement dans mon bureau. J’avais reçu quelques remarques, doublé d’une certaine ironie de la part d’une des deux secrétaires. La casquette jurait quelque peu avec l’ensemble, mais j’eus l’impression de passer inaperçu dans la foule que je fendais maintenant avec vigueur. Je m’étais mis en route volontairement en avance pour pouvoir faire un petit repérage des lieux. Le parc Denis Diderot se trouvait en plein centre de la ville, et on pouvait y accéder très facilement en bus, tramway et métro. Autant dire que les mystérieux protagonistes de cette affaire pouvaient prendre facilement les jambes à leur cou. J’attendis l’heure fatidique, je pris mon courage à deux mains, et je m’assis sur le banc qui était indiqué dans le fichier, légèrement sur la gauche de la fontaine. J’attendis fiévreux que quelque chose se passe, mais rien n’arriva. Une demi-heure plus tard, je décidais avec déception et colère de poursuivre ma journée.

Après le travail, c’est en arrivant à proximité de mon domicile que je sentais une présence derrière moi. Je me retournai à plusieurs reprises, mais à chaque fois je ne vis personne en particulier, que ce soit un piéton ou un automobiliste. Je rentrai légèrement inquiet, persuadé que quelqu’un m’avait suivi. Peu après, j’entrepris des respirations  pour me calmer… La soirée allait être longue.

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Remontage de pendule (3ème et dernière partie)

2 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Voici les aventures de Jules Sergent, embarqué de force dans une machine à remonter le temps. Parvidenra-t-il à s'en sortir? A quelle époque va-t-il atterrir?

 

Je voyais au-dehors les rayons du soleil. La capsule avait définitivement arrêté sa course… D’une manière inquiétante d’ailleurs, aucune lumière n’éclairait le tableau de bord… L’urgence était de sortir de cet engin… Mon premier réflexe fut de me déharnacher, puis d’activer l’ouverture de la porte. A mon grand soulagement, celle-ci marchait et je pus m’extraire péniblement de cette machine. J’étais en plein champ, en pleine terre, genoux pliés… Et c’est en me relevant que je le vis juste en face de moi. Un paysan en guenille, interloqué, qui ne savait quoi faire… Il tenait ce qui ressemblait à une bêche entre ses mains. A ce moment-là, je dois reconnaître, j’étais moi-même bien ennuyé… Quel discours allais-je lui tenir ? J’avais l’impression que la peur lui avait paralysé tous les muscles…  Où étais-je tombé ? Je pris la décision de lui parler :

-          Bonjour, monsieur. Ne vous inquiétez surtout pas, j’essayai un nouveau véhicule et j’ai atterri malencontreusement dans votre champ…

Le paysan se raidit sur ses pattes, il détala avant que je n’aie pu dire quoi que ce soit d’autre. Il hurlait à qui voulait bien l’entendre.

-          Un sorcier, un sorcier !!!

Il ne fallait pas que je reste davantage ici. Et la capsule, que pouvais-je faire ? J’étais contraint de la laisser sur place en espérant que les paysans ne commencent pas par la brûler… Je décidais de me diriger dans la direction opposée à celle du paysan. Quelques minutes plus tard, je me retrouvai dans une forêt.

J’étais désemparé, je ne savais pas où aller… En plus, j’avais l’impression de tourner en rond. Tout à coup, je vis un garçon perché sur un arbre… Lui aussi fut surpris, mais immédiatement il siffla à travers la forêt…  Aussitôt des voix s’élevèrent du champ : « A mort, à mort le sorcier !!! » 

Je n’y croyais pas… J’aperçus une horde de paysans se diriger droit sur moi. Je courus aussi vite que je pus dans la direction opposée, mais je sentais que je perdais du terrain face à des gaillards aguerris, courts sur pattes, mais rapides.

Malgré tout, mon rythme s’accéléra, je pestais intérieurement contre Géo Trouvetout, le russe et toute leur clique… Cette rage me fouettait et je repris un peu d’avance. Mais alors que je prenais une petite avance, le sol s’affala soudainement sous mes pieds… Un piège… Mes poursuivants arrivèrent quelques secondes plus tard. Une assemblée m’entourait désormais. Ils étaient habillés de peaux de bêtes, certains portaient des casques…

-          Ah je savais que ces pièges à loups allaient nous servir, dit l’un d’eux.

-          C’est pas tout ça, mais qu’est-ce qu’on va en faire ?

-          On va le brûler pardi ! Qu’est-ce que tu veux qu’on va fasse d’autre ?

-          On pourra le mettre en broche et le découper, ça nous ferait de la viande pour l’hiver.

Inutile de dire que je n’en menais pas large… Mais où étais-je donc arrivé ? De la sueur coulait sur mon visage. Comment allais-je m’en sortir ?

-          En attendant de savoir ce qu’on en fait, sortez-le de là…

Je fus sorti et exposé au milieu du champ… Exposé comme un objet, pareil… Un animal de foire… J’avais de la boue partout sur le visage… J’étais épuisé, apeuré…

Puis, un homme paré d’une fourrure plus étincelante s’avança. Ce devait le chef, il se mit à mes côtés et s’adressa à une assemblée d’environ une centaine de villageois…

-         Mes chers villageois, voici un homme qui s’est introduit sur nos terres d’une manière bien étrange ! Il a déboulé dans notre champ sans qu’il y soit invité et, ce avec son étrange véhicule. Nous devrions le brûler ou le pendre sans nous poser la moindre question…

Je devais avoir un visage aussi pâle qu’un linge… J’attendais la sentence.... Le chef continua.

-       Mais, vous connaissez mon grand sens de la justice, aussi je vais laisser l’accusé s’expliquer… Alors, étranger, qu’as-tu à dire pour ta défense ?

-          Je… A vrai dire… Je suis venu du futur contre mon gré, on m’a obligé à entrer dans la machine à remonter le temps… La capsule qui est là…

Tous les villageois me regardaient circonspects… Une villageoise leva la main.

-          Et de quelle année viens-tu alors ?

-          2013 madame, 2013.

C’est alors que se produisit un événement complètement inattendu. Devant mes yeux éberlués, un rire fusa, puis un autre et encore un autre… La centaine de personnes qui était là se mit au diapason… Ce fut un véritable concours, à qui mieux mieux… Ils se mirent à pouffer, se bidonner, se tenir les côtes, se taper le cul par terre, enfin bref, ce fut pour eux un grand moment. Je crû même que l’un d’eux allait passer à trépas tellement il avait du mal à respirer. Le chef lui-même partit d’un rire sonore impressionnant déployant sa grande dentition. Au bout d’une bonne minute, il demanda le silence.

-          Mais nous sommes en 2013, bougre d’âne, tu es ici dans une reconstitution historique. Nous sommes amateurs des rites gaulois. Ah, tu as nous fait bien rire !

Je crois que jamais je n’eus aussi honte. Ils me détachèrent de mes liens avant de m’offrir une bonne cervoise. J’étais à peine à cinq kilomètres de mon point de départ. Le chef me ramena dans son break rempli d’instruments en tout genre.

-          Quand même, elle est bien bonne ton histoire de machine à remonter le temps !

 

                                                                                FIN

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Remontage de pendule (2ème partie)

2 Août 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Deuxième épisode des aventures de Jules Sergent. En sortant de son travail, il rencontre ce qu'il croit être un fou lui proposant de remonter le temps. Par curiosité, il le suit...

 

 

Et là, je fus sacrément surpris en arrivant… Nous passâmes les grilles d’un château gardé par des sbires patibulaires.

-          Le service d’ordre. Mon laboratoire est financé par un riche mécène russe. Il nous accueille bien volontiers.

Un homme se tenait devant le perron... Un mec plein aux as, ça se voyait de suite… Il devait avoir la quarantaine et s’exprimait avec un accent indubitablement slave.

-          Bienvenue monsieur Sergent. Je suis heureux que vous ayez accepté de venir. Je vous aurai bien accompagné dans ce voyage à travers le temps, mais je n’ai pas vos compétences.

Je commençais à m’inquiéter… Entendre un fou raconter des sornettes, passe encore… mais deux… Une sourde angoisse commençait à monter en moi. De quelles compétences parlait-il d’ailleurs ? C’est en entrant dans la pièce qui servait de laboratoire que je pris conscience que ces gens ne plaisantaient pas… Au centre, il y avait une sorte de capsule… Je ne saurais trop l’appeler autrement… On y entrait visiblement par une porte… Elle était transparente... Je restais quelque peu interloqué…

-          Il ne va pas sans dire mon ami, que vous recevrez à votre retour une forte somme d’argent.

-          Combien, demandais-je ?

-          Un million d’euros.

-          C’est beaucoup d’argent, et il n’y a vraiment aucun risque ?

-          Tout a été minutieusement étudié, me répondit Géo Trouvetout, il n’y a aucun risque vraiment.

-          Mais dans quelle époque vais-je aller ?

-          Oui, alors là, c’est vrai, qu’il reste ce point de détail…

-          Ce point de détail, c’est-à-dire ?!

-          On ne sait pas régler pour l’instant le point d’arrivée.

-          Vous voulez dire que je peux me retrouver à n’importe quelle époque, vous imaginez… des dinosaures en train de me poursuivre ou des hommes de Neandertal qui voudraient me frapper avec leur massue !

-          Calmez-vous, monsieur Sergent, tout de même, vous n’irez pas aussi loin. 100 ans peut-être, mais guère plus…

-          100 ans ! C’est suffisant pour se retrouver à Verdun en pleine première guerre mondiale… Non, non, je n’irais pas ! C’est trop dangereux votre truc !

-          Vous allez nous décevoir, monsieur Sergent, dit tout à coup le russe. Igor et Ivan...

Deux mastodontes s’avancèrent vers moi. Ils me collèrent une caméra sur le front, me soulevèrent et ni une ni deux m’enfermèrent dans cet engin.

-          Monsieur Sergent, nous sommes désolés, mais nous sommes obligés de vous enfermer. La capsule se déverrouillera automatiquement à votre arrivée. La caméra nous permettra de suivre vos exploits. Bonne chance monsieur Sergent !

Je donnai des coups de poing à la paroi, mais rien ne se produisait. J’entendais Géo Trouvetout en train de faire un décompte.

-          Vous feriez mieux de vous attacher monsieur Sergent, ça va secouer dur ! 10 avant mise à feu, 8,7,6…

Résigné, je m’assis et me cingla. J’attendais, tel le condamné à mort sa sentence… La capsule vibrait de plus en plus fort et une rotation commença… J’avais peur comme jamais auparavant, une peur qui me scotchait au siège, qui faisait monter mon sang à ma tête.

-          5,4,3…

Mon cœur s’accélérait de plus en plus sans que j’aie le sentiment de ne rien pouvoir faire…

-          2,1, 0…

Tout tourna autour de moi… Je vis une grande lumière blanche, puis des lueurs de différentes couleurs… Je me sentis transporter à travers le temps et l’espace. Je perdis sans doute connaissance à ce moment-là… Dans quelle affaire étais-je embarqué ? La grande peut-être, l’ultime… J’étais peut-être déjà passé à trépas… J’allais peut-être franchir le Styx… Ah Sergent, qu’est-ce qu’il t’avait pris de suivre ce passant ?

Mais l’atterrissage, si ce terme peut convenir, me ramena au fait que j’étais bien vivant… Il fut des plus rudes. Je fus secoué en tout sens…

 

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Remontage de pendule (1ère partie)

30 Juillet 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

La suite des aventures de Jules Sergent, héros malgré lui, qui vit des choses extraordinaires dans un environnement ordinaire...

 

Encore une journée à faire visiter des maisons hors de prix à ces abrutis de Parisiens. J’étais vraiment payé à ouvrir et fermer des portes, à répondre aux questions débiles de pseudo acheteurs qui n’avaient même pas les moyens de rembourser leur crédit sur l’achat de leur automobile. Des questions de merde du genre : « - Le propriétaire ne pourrait-il pas baisser de moitié son prix? »

Vraiment un boulot à la con, sachant que 90% d’entre eux viennent uniquement au cas où… au cas où quoi ?! au cas où ils gagneraient au loto… au cas où subitement, la maison verrait son volume doublé de moitié… où l’actuel propriétaire voudrait bien changer toute la décoration gratis ?! Faut pas rêver, mesdames et messieurs, être propriétaire ça coûte cher, à part si vous êtes blindés aux as, ou fils/fille à papa. Et moi, je me fais chier pour vous… j’ouvre et je ferme des portes… j’écoute vos jérémiades et plaintes en tout genre... Mais qu’est-ce que j’y peux, moi, qu’il vous manque 20 000 euros pour boucler le budget, que vous trouviez que le salon n’est pas assez à la mode ou que la chambre est trop petite ?! Qu’est-ce que j’y peux, bordel ?!

Et tout ça, pour un salaire dérisoire… Je ne suis pas propriétaire, moi, et je ne demande même pas à l’être, réfléchissez bien, monsieur qui êtes là devant moi avec votre dame… Quoi qu’il arrive on se faire toujours plumer de toute façon… de tous les côtés… par le boulanger, l’assureur, le banquier, les agents immobiliers, et même par le croque-mort… Oui, c’est connu ! Jusqu’à la mort on se fait baiser, trouer les poches, vider la bourse, on vous prend au collet et on serre jusqu’à la fin… On vous arnaque, on vous gruge, on vous blouse, on vous filoute, on vous roule dans la farine, on vous carambouille, pour tout dire on vous entube ! Et tout le monde fait ça avec tout le monde tout le temps…

Faut pas rêver, je disais, votre maison elle va vous saigner pendant vingt ans… elle va vous prendre vos meilleures années… il faudra vous serrer la ceinture, et si vous ne le faites pas, votre maison vous la perdrez, en même temps que votre femme, vous verrez… Vous vous retrouverez vite sous les ponts, on vous interdira de voir vos enfants, parce que vous ne vous laverez plus, parce que vous puerez l’alcool, parce que votre barbe sera sale... « Papa, tu piques », vous dira votre rejeton qu’aura fait le mur pour vous retrouver sous les cartons en plein mois de novembre…

Je sens bien que vous me regardez bizarrement, que vous vous méfiez… Encore un agent immobilier véreux… Un demi-million pour cette bicoque, c’est vraiment se foutre de la gueule du monde… C’est ça, on va réfléchir… Je vais encore vous sourire comme un con, comme il est d’usage dans le milieu… Des courbettes, suis payé à faire ça aussi, des courbettes… « Mais je vous en prie, après vous », allez-y… continuez à vous foutre de ma gueule ! Vous pouvez, ça ne vous coûte rien…

Je m’énerve, je m’énerve, mais c’est pas tout ça, faut que je rentre chez moi… Je salue les secrétaires de l’agence, c’est pas de leur faute… Vu ce qu’elles sont payées… Je rapporte les affaires de la journée au patron, pas de quoi sauter au plafond, sauf que lui il s’en fout, il part aux Seychelles dans deux semaines… Il se prend les 95% du bénéfice, à nous 5 on a les 5% qui restent ! Autrement dit, lui, il se gave, les bicoques il a que ça, partout, même qu’il ne sait pas quoi en faire. Il a même des bateaux, un yacht, un hors-bord, tout juste s’il n’a pas un hélicoptère ou un avion… Il en a tellement… Il va en crever, finalement, vous pouvez avoir les poches remplies, n’empêche… Il est gras comme un cochon de foire, il  ne va pas aller bien loin, à la soixantaine tout au plus… Manger au restaurant tous les jours, c’est pas bon, vaut mieux manger du riz tous les jours dans son F2, et pas de viande tous les jours, rien à becqueter, c’est la santé ! Mais là, on dirait qu’il va s’envoler, qu’il a été dessiné par Montgolfier !

Je sors à peine du bureau qu’il y a un drôle de quidam qui m’interpelle.

-          Monsieur Sergent, qu’il me dit.

-          On se connaît ?!

Sachant que je connaissais la réponse, ni d’Eve ni d’Adam. Je l’avais jamais vu ce cuistre-là qui continuait de m’entraver la circulation.

-          Non, mais je connais un ami qui m’a parlé de vous…

-          Ah oui, qui ça ?

-      Ce n’est pas la question la plus importante. Ce qui compte, c’est la plutôt celle-ci : êtes-vous prêt monsieur Sergent à entrer dans l’Histoire ?

-          Entrer dans l’histoire, de quelle façon vous voulez dire ?!

Je pensais qu’il ne devait pas tourner rond… Sorti de l’asile, je me dis ou alors échappé…

-          En testant la machine que j’ai élaborée pour remonter le temps…

Ben ça devait être ça, j’étais tombé sur un fou… qui divaguait complètement, une machine à remonter le temps, et pourquoi pas du fer qui se transforme en or ?! Fallait l’enfermer… Je cherchais des yeux autour de moi, dès fois qu’un képi serait dans le coin… Mais non, comme d’habitude… Jamais là quand on a besoin… Sûrement en train de se toucher dans leur bureau…

-          Je vous parle sérieusement, monsieur Sergent !

-          Je suis désolé, mais j’ai du mal à vous croire…

-          Je vous invite dans mon laboratoire, vous verrez que je ne plaisante pas…

Me voilà alors entraîné dans cette folie… je le suivais, comme on suit un Géo Trouvetout, par curiosité… juste pour voir jusqu’où le gars pouvait aller.

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Sphères parallèles n°4

6 Février 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Dernier épisode. Jules va-t-il résister à l'appel de la belle sirène ou va-t-il la rejoindre? Réponse maintenant :

 

Les neurones de Jules s’interconnectèrent, et leur propriétaire tenta d’évaluer toutes les options qui s’offraient à lui. Qu’avait-il à craindre au fond ? Il avait déjà tout perdu il y a de cela des années, sa femme, son boulot, alors quoi de plus ? Et puis, peut-être que tout cela n’était qu’un espace-temps qui s’était ouvert d’une manière tout à fait saugrenue et qui allait se refermer tout aussi vite.

Il se retourna vers Julia et prit un air contrarié.

-   Je veux bien, mais comment fais-je concrètement pour vous rejoindre ?

-   Approche-toi du miroir, je m’occupe du reste. C’est un jeu d’enfant.

Jules se leva alors et fébrilement se plaça devant le grand miroir. La belle Hispanique tendit la main. Cette dernière traversa la psyché et Jules la prit tout naturellement. Elle le fit passer de l’autre côté. Il ne sentit pas grand-chose au fond pendant sa traversée. Mais ce fut après, comme un grand réconfort, un apaisement jamais connu. Une douce musique le berça alors que Julia l’embrassait voluptueusement.

-   Maintenant, tu es à moi et à moi seule. Nous allons être heureux tous les deux jusqu’à la fin des temps…

-   Et si je veux revenir au précédent monde ?

-   Je crains que ça ne soit pas possible. Tu es mort Jules, tu ne le sais pas, mais c’est fait.

-   Comment ?! Je ne peux le croire.

-   Note bien que tu n’as absolument pas souffert.

-   Ce n’est pas possible !

-   C’est arrivé la nuit dernière. Paisiblement.

-   Tout cela n’a aucun sens !

-    Regarde autour de toi, tout cela ne ressemble-t-il pas à ce qu’on appelle le Paradis ?

Alors, Jules regarda avec ses grands yeux. Il observa les oiseaux chanter, les champs de verdure. La nature était sublimée, le ciel d’un bleu intense, sans nuages. Lui-même se sentait léger, flottant dans l’air. Elle avait raison. Il ne faisait plus partie du mon des vivants…

Et là, un grand boum !

Il mit quelques secondes avant de comprendre. Il venait tomber de son lit. Il se prit la tête entre les deux mains. Il ne sentait plus du tout léger. La gravité l’avait rattrapée en même temps que la réalité. Tout cela n’avait été qu’un rêve !

 

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Sphères parallèles n°3

3 Février 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Venez voir l'étrange histoire de Jules Sergent, agent immobilier, qui a cru voir un fantôme en Sofia, une cliente envoutante qui veut vendre son pavillon. Dans les deux premiers épisodes, Jules a-t-il eu une hallucination où a-t-il réellement rencontré un fantôme?


L’après-midi, Jules expédia les affaires courantes. Il ne cessa de penser jusqu’au soir à ce qui lui était arrivé dans la matinée. La nuit, il fit d’horribles cauchemars, où une femme brune, ressemblant trait pour trait à sa cliente, le poursuivait avec un hachoir dans sa cuisine. Il se réveilla un matin de plus, mais cette fois-ci profondément contrarié. Il s’en voulait d’avoir fui ce pavillon. Il fallait retourner sur les lieux pour en avoir le cœur, après tout, il avait peut-être eu des hallucinations.

Il sonna au portail, et comme le jour précédent, celui-ci s’ouvrit dans un grincement tel, que Jules en eut la chair de poule. La jeune femme, à la beauté entêtante, le regardait par sa fenêtre, avec un léger sourire. La porte s’ouvrit d’elle-même.

-   Entrez donc, Mr Sergent. Et ne vous échappez pas cette fois…

Il blêmit en entendant cette phrase, mais il prit son courage à deux mains, il voulait en avoir le cœur net.

-  Excusez-moi, mais que s’est-il passé hier. Vous avez disparu alors que vous étiez dans votre chambre…

-  Eh bien, je vais tout vous expliquer. Mais en attendant, asseyez-vous dans le canapé du salon. Vous voulez un petit café ?

-   Bien volontiers.

Jules contempla un instant le décor un tantinet vieillot du salon. La tapisserie composée de fleurs couleur Jasmin devait dater de plusieurs décennies. Deux petits tableaux d’excellente composition agrémentaient le tout. Sofia revint avec un plateau en porcelaine blanche.

-   J’ai acheté cette propriété avec mon mari il y a de cela quelques années. Malheureusement, il est mort depuis, et je n’ai plus les moyens d’entretenir cette maison. Vous avez vu les herbes folles qui poussent tout autour de la maison…

-    Oui, d’ailleurs, il faudrait nettoyer tout ça pour les futurs potentiels acheteurs.

-    Je m’en rends bien compte.

-    Mais, vous ne m’avez pas dit pourquoi vous avez disparu hier…

-    Que vous êtes impatients, mon cher Jules !

Elle dit ça d’un air coquin qui fit rougir l’agent immobilier jusqu’aux narines.

-    Dites-moi, êtes-vous seul dans la vie ?

-    Oui, j’ai perdu ma femme il y a de cela quelques mois.

-    Oh pardon, j’en suis navré. Cela m’a fait beaucoup de peine moi aussi quand mon mari est parti, mais il avait tout de même bien vécu.

-     Il était plus âgé que vous ?

-     Pas tellement.

Le cerveau de Jules tenta d’analyser ce que venait de lui dire Sofia, mais comme il ne réagissait pas, elle prit la parole.

-    Je suis un fantôme, Jules !

-    Vous me faites marcher ?!

-    Non, hélas. Je dois bien vous l’avouer, vous ne voulez plus vendre cette maison ?

-    Mais, comment puis-je vendre la maison d’une… d’un fantôme ?

-    Je comprends.

-    Et d’ailleurs à qui est cette maison ?

Sofia sourit.

-   Et c’est là que j’ai bien joué le coup monsieur Sergent. Je n’avais pas de descendance, alors je me suis fabriqué un testament dans lequel je léguai tous mes biens à ma nièce Sofia, qui n’existe pas, bien entendu.

-    Je ne crois pas un mot de tout ce que je viens d’entendre…

-    Si vous ne me croyez pas, suivez-moi dans ma chambre.

Jules était à ce moment-là agacé. Il devait être tombé sur une arnaqueuse professionnelle, une personne qui se faisait passer pour une autre et qui voulait empocher la vente de cette vieille maison…

Elle lui prit la main, ce qui le fit de nouveau rougir et arrivé dans la chambre, elle se dénuda. Jules ne savait plus où se mettre. Son corps était d’une magnifique beauté, avec une peau mate, qui évoquait le soleil, les plages d’Andalousie ou du Portugal. Alors qu’il restait sans voix devant ce qu’il fallait bien appeler une Vénus du Sud, Sofia disparut comme dans un tourbillon et réapparut dans la psyché.

-    Me croyez-vous maintenant ?

Jules dut s’asseoir sur le lit.

-     Rejoignez-moi, dit-elle en faisant de langoureux gestes dans sa direction.

-     Vous… Vous rejoindre, réussit-il à balbutier.

-     Oui, ne vous inquiétez pas, vous ne risquez rien, vous êtes sous ma protection.

Jules va-t-il rejoindre cette superbe nymphe ? Sofia est-elle réellement un fantôme ou une arnaqueuse qui procède à un tour de magie ? Vous le saurez dans le prochain épisode…

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Sphères parallèles n°2

30 Janvier 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

Voici les aventures extraordinaires de Jules, agent immobilier. Dans le premier épisode, Jules rend visite à sa cliente. Il fait avec elle le tour de la maison, mais la mystérieuse hôte disparaît sous les yeux incrédules de son visiteur, qui se retrouve alors dans la chambre de la belle...

 

Il sentit pesamment son corps. Comme une envie de s’étendre sur le lit. Il n’allongea pas tout à fait les jambes, mais s’assit le dos contre le chambranle du lit. C’est alors qu’il vit la psyché. Et la femme mystérieuse à l’intérieur. Il se redressa d’un coup. Non, ce n’était pas une illusion. La splendide créature bougeait à l’intérieur du grand miroir, ses longs cheveux ondulaient comme s’ils étaient aux quatre vents. Elle lui faisait signe de venir, comme l’auraient fait les sirènes à Ulysse et à ses compagnons d’Odyssée.

Jules déjà paniqué ne bougeait plus, tétanisé par ce qu’il voyait. Tremblant, il se redressa du lit et sortit de la chambre. Il dégringola plus qu’il ne descendit l’escalier, referma la porte et courut en toute hâte vers le portail. Celui-ci était encore ouvert. Il ne put à cet instant s’empêcher de se retourner et vit une nouvelle fois la jeune femme à la fenêtre qui lui disait au revoir.

Quand il arriva au bureau de l’agence, la secrétaire le regarda avec de gros yeux.

-          Vous êtes tout pâle monsieur Jules, tout va bien ?

Ce dernier déglutit et essaya de reprendre sa respiration.

-          Oui, ne vous inquiétez pas. Le repas de midi qui est mal passé.

-          Oh monsieur Jules, il faut y aller doucement sur les tickets-restaurants, sinon vous n’en aurez plus avant la fin du mois.

-          Vous en faites pas pour ça, ça ira.

Il fila directement dans le petit bureau situé à droite au fond. Il était commun à tous les agents, et Jules fut soulagé de voir qu’il n’y avait personne à cette heure-là. Il s’assit, tenta de se calmer et se demanda un instant s’il n’avait pas rêvé. Il reconstitua pas à pas la matinée, son arrivée devant le pavillon, son entrée, la poignée de main à la cliente, ses hanches dans l’escalier et puis… pfftt, envolée ! Tant pis, il fallait agir.

Il tapa le nom de Sofia Platine dans la base de données des clients de l’agence. Rien d’original n’apparut alors sur l’écran si ce n’est que la jeune femme qu’il avait vue avait tout de même 42 ans. Bizarre, il en aurait donné tout juste 25…

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