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Le prologue de monsieur Sergent

19 Mai 2014 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Science-fiction

20 février 2060
Je m’appelle Arnold Benzer, j’ai 81 ans. J’ai servi dix-neuf ans dans les services secrets. À l’aube de ma vie, il est temps de vous compter l’histoire d’un homme ordinaire auquel il est arrivé des histoires extraordinaires.
Avant de mourir, il m’a confié ce qu’il appelait ses « mémoires ». Je qualifierai les documents retrouvés plutôt de journal intime. Le reste de ce qui va suivre est issue d’une enquête très poussée que j’ai mené il y a de cela une dizaine d’années, alors que la mort de cet homme atypique venait juste de se produire.
Je ne peux garder pour moi plus longtemps le fruit de ces recherches, même si des gens haut placés m’ont demandé à plusieurs reprises de ne rien divulguer. Plusieurs fois, Jules Sergent a dû cacher ses documents, plusieurs fois j’ai dû moi aussi affirmer aux autorités que je n’avais rien en ma possession. Plusieurs fois, le chef du bureau chargé des affaires de sécurité intérieure m’a appelé pour m’informer qu’ils étaient « au courant », que j’avais été vu à tel ou tel endroit, qu’il fallait que j’arrête de fouiner dans des affaires qui ne me regardaient pas, qu’il fallait cesser de harceler des citoyens que j’importunais avec mes questions.
Alors que ma famille commençait à être inquiétée, j’ai dû cacher ce qui va se suivre. Il est temps que cela sorte au grand jour, il est temps que la vérité éclate. Je ne risque plus rien sauf la venue de la grande faucheuse qui s’approche un peu plus de moi chaque jour.
Ils vous diront que tout cela n’est pas vrai, qu’il s’agit d’histoires  racontées par un vieillard sénile. Mais, ne les croyez pas, ils font ça pour protéger le système dont nous sommes tous les esclaves.
Je commence par les premiers écrits que Jules a laissé. Ceux-ci vous paraîtront peut-être loufoques, mais ils n’en sont pas moins inquiétants. On peut sans aucun doute dire que Jules était un excentrique, peut-être même un peu anarchiste, mais j’ai toutes les raisons de croire que ce qu’il m’a raconté alors que nous travaillions ensemble et ce qu’il a consigné par écrit sont des éléments authentiques.
J’ai retrouvé un carton avec des feuillets à l’intérieur, aucun fichier sur ordinateur. Jules, pensait avec raison, que s’il y avait une perquisition, ce sont toujours les ordinateurs que l’on prend en premier. De nos jours, un carton de magazines avec en dessous de vieilles feuilles passent tout à fait inaperçus. Je n’ai eu nul besoin d’ordonner ce que j’ai trouvé, tout se trouvait dans l’ordre chronologique, prêt à être utilisé.
Le reste est issu des entretiens que j’ai eu avec cet être étrange, si différent et pourtant si proche de nous, et d’une enquête qui m’a permis de reconstituer certains pans de la vie de cet homme pas comme les autres qui, s’il était destiné à une vie sans sel, s’est retrouvé au cœur d’aventures plus extraordinaires les unes que les autres…
 
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Androïd XY 9

3 Mai 2014 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Science-fiction

Jules et Jessica sont dans de beaux draps... Ils sont désormais otages des deux androïdes en compagnie de Manning, le directeur du centre de recherche. Comment vont-ils s'en sortir?

Elle se tourna vers moi et me demanda d’approcher.
—       Vous voyez la bouche d’aération qui est là ?
—       Oui ?
—       Vous allez l’enlever, c’est par là que nous partirons. En plus, vous avez l’équipement adéquat, me dit-elle en désignant de la tête la combinaison que je portais. D’ailleurs, comment êtes-vous parvenus jusqu’ici ?
—       J’ai une cliente au sein de la communauté qui veut vendre sa maison, nous somme entrés tout à fait légalement.
—       En voiture, j'imagine, où est-elle garée ?
—      Pas loin du centre.
—       Très bien… Allez, mettez-vous au travail.
Je n’aurais pas crû que la tâche qui m’était incombé soit aussi facile. J’avais amené quelques tournevis et autres pinces et deux petites minutes me suffirent pour défaire l’ensemble.
Quelques autres minutes plus tard, Manning remit le robot en fonction. Les membres de ce dernier se mirent à bouger les uns après les autres. Nano, puisque c’était son nom, mit du temps à se relever. Il se tenait la tête.
—       Ça va aller ? lui demanda la créature.
—       Oui, ça ira, j’ai juste besoin d’un peu de temps.
—       Manning, dit l’androïde, asseyez-vous sur cette chaise, s’il vous-plaît.
—      Pourquoi faire ?
—       C’est un ordre, obéissez.
Manning obtempéra. Elle sortit des liens de son sac et l’attacha à la chaise et à l’une des tables. Elle lui scotcha également la bouche.
Ce fut Nano qui passa le premier dans la bouche d’aération. Il avait retrouvé tous ses esprits. L’androïde passa la dernière, arme au poing. Nano n’hésita pas un seul instant quant à la direction à prendre. Peut-être le robot avait-il appris par cœur le chemin à suivre. À gauche, à droite, puis encore à gauche, il fut même parfois difficile à suivre. Toujours est-il que nous nous retrouvâmes à l’extérieur du bâtiment moins d’un quart d’heure plus tard.
—       Passez devant, et pas de bêtise.
Nous n’étions pas loin de la voiture. Les deux androïdes étaient nerveux et ne cessaient de regarder autour d’eux. Le plus délicat serait de passer le poste de sécurité. Au moment où nous fûmes dans l’habitacle, une explosion retentit dans le centre. Tous les gardiens convergèrent vers l’explosion.
—       C’est le moment ! Foncez !
Je poussai à fond la pédale de l’accélérateur. La barrière était fermée et il y avait encore un gardien qui se tenait en poste. Il sortit son arme de service, Nano me cria de foncer. La barrière explosa en plusieurs morceaux. Je vis dans le rétroviseur le gardien se relever et tirer à plusieurs reprises dans notre direction. Une balle atteignit la voiture et brisa la vitre arrière, sans qu'il n'y ait pour autant aucun blessé. Un vrai miracle ! Nous allâmes tout droit pendant une bonne vingtaine de minutes, puis la créature me demanda de ralentir.
C’est comme ça que Jessica et moi nous nous sommes retrouvés au bord de la route, alors que les androïdes filaient avec ma voiture. Il a suffi de cinq minutes, guère plus, pour que des voitures de police arrivent dans notre direction. On n'a fait comme si de rien n’était. Malgré tout, l’une d’elle s’est arrêtée et deux policiers en sont sortis. Devinez de qui il s’agissait… des lieutenants Gersault et David, ceux-là même qui étaient venus chez moi pour me demander où se trouvait celle qu’ils appelaient « la terroriste ».
Alors qu’on entendait résonner au loin les sirènes des autres véhicules, le lieutenant Gersault ne put s’empêcher de se fendre d’une réflexion pour le moins sarcastique.
—       Tu vois qui je vois Emma ?
—       Monsieur Sergent…
—       Ben alors, Jules, vous êtes perdu ?
—       Ah non non, pas du tout…
—       Elle est belle votre tenue… Bon allez, on a perdu assez de temps, vous allez monter avec nous, on vous ramène… au commissariat.

 

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Androïd XY 8

2 Mai 2014 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Science-fiction

8ème épisode aujourd'hui de la nouvelle de science-fiction. Jules et Jessica se sont introduits illégalement dans un centre de recherche pour percer les secrets de la fabrication de robots qui ressemblent trait pour trait à des humains...

J’eus le réflexe de prendre avec moi Jessica et de nous cacher derrière la porte.
—       Marche devant ! Tu sais où on va, tu le sais !
L’homme qui venait de parler, assez grand, sortit de la pièce, accompagné de la créature. Ils avaient tous les deux des armes de poing et tenaient en joug un homme qui portait une chemise et une cravate. Il marchait devant eux la tête basse. Tous les trois se dirigèrent heureusement pour nous dans le sens opposé de là où nous nous trouvions.
—       C’est bon, on peut y aller, murmurais-je à Jessica. Doucement, rajoutais-je.
Je ne les quittais pas des yeux, ils continuèrent le long du couloir, puis ils bifurquèrent à un moment donné sur la gauche. Une salle plus grande que les autres s’y trouvait. Ce qui m’étonnait le plus, c’est que l’alerte n’avait été visiblement pas donnée. Il n’y avait pas d’alarme qui s’était mise à résonner, pas de gardien en train de courir. Un calme étrange régnait.
Nous ne vîmes personne à l’intérieur, de fait j’entrai le premier. Au fond sur ma gauche se déroulait un bien étrange spectacle. L’un des deux androïdes s’était allongé et on lui avait branché un grand nombre d’électrodes sur le corps. La créature tenait une arme pointée sur l’homme en chemise.
—       Ecoutez, c’est une hérésie, c’est plus que dangereux, on ne sait pas ce que ça peut donner !
—       C’est trop tard Manning, Nano et moi nous voulons vivre aussi longtemps que les humains. Remplacez-nous notre batterie !
Les trois paires de yeux convergèrent vers nous.
—       Vous êtes qui vous ? nous demanda le dénommé Manning.
—       Vous ! s’exclama la créature.
—       Oups, navré de vous avoir dérangé…
—       D’où ils sortent ces deux-là ?
—       C’est l’homme qui m’a gardé la clé USB, dit-elle à Nano pour le rassurer alors qu’il avait commencé à se redresser.
Elle se tourna alors vers nous.
—       Comme si je n’avais pas assez de problème ! Asseyez-vous là !
C’est ainsi que nous ne retrouvâmes aux premières loges.
—       Allez Manning, à vous de jouer.
—       Je vous aurais prévenu, si ces circuits se mettent à surchauffer, ce ne sera pas ma faute.
—       Rassurez-vous Manning, si mon doigt appuie sur la gâchette, ce ne sera pas de ma faute non plus…
Le scientifique commença par mettre en veille le robot. Ses membres se décontractèrent jusqu’à devenir immobiles. Il le mit ensuite sur le côté. Comme l’aurait fait un chirurgien, l’homme prit ensuite un scalpel et ouvrit Nano. Il s’en dégagea une odeur assez âcre et désagréable. Il fit ensuite preuve d’une extrême précaution et à l’aide d’un simple tournevis, il défit une sorte de boîtier. Il en extrait ce qui devait être la fameuse batterie. Il la remplaça par une autre qui avait une couleur différente. Il replaça le boîtier à l’intérieur du corps et referma les plaies.
—       Il faut attendre au moins trente minutes avant de le remettre en route.
—       C’est bien, c'est ce que nous allons faire. En attendant, donnez votre petit matériel aux deux humains qui sont là ainsi que l’autre batterie.
—       Je ne peux pas, nous n’en avons que deux.
—       Vous en avez fabriqué deux, vous pouvez bien en fabriquer d’autres.
—       Ecoutez, c’est de la folie, même si vous arriver à sortir du centre, ce dont je doute, tout le pays va être à vos trousses !
—       Je cours le risque…

 

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Android XY 7

30 Avril 2014 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Science-fiction

Jules et son amie américaine Jessica ont décidé d'aler comprendre ce qui se tramait au centre de nanotechnologie de Luxley...

Le rendez-vous avait été fixé à 10h. Nous n’eûmes aucun mal à rentrer dans l’enceinte. Le gardien avait nos noms sur sa liste et il ne nous demanda même pas notre carte d’identité. La maison de Mme Balduc était située du côté Ouest.
—       Mme Balduc ?
—       Elle-même.
—       Jules Sergent, agent immobilier et voici Mme Parker, qui est intéressée par votre maison.
—       Bonjour, venez donc à l’intérieur.
C’est sûr qu’il ne valait mieux pas s’attarder à l’extérieur. Les mauvaises herbes avaient envahi une partie du gazon et l’ensemble donnait une impression de désordre qui faisait tâche. N’importe quel client aurait tiqué, et certains n’auraient même pas pris la peine d’entrer dans la demeure de Mme Balduc.
Mais Jessica ne cilla pas.
—       Quel magnifique salon, beautiful !
—      Oui, Mme Parker est américaine, elle compte s’installer ici avec ses deux enfants pour être un peu à l’écart de la grande ville.
Mme Balduc me prit à part.
—       Et financièrement ? 
—       Ne vous inquiétez pas pour ça, son ex-mari lui verse une énorme pension alimentaire, lui fis-je avec un grand sourire de connivence...
Jessica joua son rôle jusqu’au bout, bien que le pas s’accélérait, la visite de cette maison nous affligeant de plus en plus. La maison était pleine de choses inutiles. De hideuses poupées se disputaient la place avec des coussins d’un goût douteux. Pour nous tirer de là, je promis à Mme Balduc de l’appeler dès le lendemain pour lui dire si ma cliente était toujours intéressée. Quarante minutes plus tard, nous étions dans la voiture.
—       Horrible (à prononcer « oribaule » avec l’accent américain) ! commenta Jessica.
—       Finalement, le plus dur, c’était peut-être ça !
Nous fîmes un kilomètre pour nous garer à proximité du centre. Il y avait bien un grillage pour interdire à n’importe qui l’entrée de l’enceinte, mais les fichiers de la clé USB s’étaient révélés précieux. Le plan d’accès indiquait une porte spéciale pour le personnel. Il suffisait de rentrer un code, qui fut trouvé par Jessica dans l'un des fichiers de la clé USB. C’est sur le parking que nous enfilèrent des tenues grises de travail achetées dans un magasin de bricolage. Ensuite, il fallait louvoyer vers la gauche du bâtiment afin de trouver une entrée annexe à l’entrée principale.
—       Essaye d’être la plus naturelle possible, fis-je à Jessica.
Elle me répondit par un sourire forcé.
—       And you too !
En étudiant attentivement les plans, j’avais opté pour monter dans les étages supérieurs. De là, on aurait une vue de l’ensemble des chaînes de fabrication. Si quelqu’un nous demandait qui l’on était, nous devions répondre que l’on faisait la maintenance des bouches d’aération. L’avantage de ce type de réponse résidait dans le fait qu’il y en avait dans toutes les pièces et que l’on pouvait facilement se faire passer pour des employés d’une entreprise extérieure.
Reste que le bâtiment était équipé de nombreuses caméras et que ceux qui étaient derrière ne pouvaient ignorer notre présence. C’est pour cette raison qu’il ne fallait à aucun moment attirer l’attention sur nous, notamment dans les couloirs, là où se trouvaient principalement les caméras. Notre objectif était d’aller voir les salles de test, comme elles étaient appelées sur le plan. C’était là où sans doute où l’on essayait ces fameux robots. La première salle ne fut pas la bonne.
—       Excusez-nous, monsieur. Nous nous sommes trompés de salle, suis distrait aujourd’hui.
—       Y a pas de mal…
A peine avions-nous referm la porte que des cris et des bruits sourds retentirent dans la pièce voisine…
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Androïd XY 6

29 Avril 2014 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Science-fiction

La suite de la nouvelle où Jules Sergent se met en tête de comprendre qui était la fameuse créature qu'il a cachée chez lui et résoudre ce qui s'apparente à un secret d'Etat sur l'élaboration de robots ressemblant comme deux gouttes d'eau aux humains.

Deux jours plus tard, nous étions opérationnels. J’avais tout planifié dans un temps record. Je ne savais même pas s’il était encore temps, si notre action n’était pas veine. Au fond, ce n’était pas notre combat, mais nous avions la certitude que quelque chose de grave se tramait. D’ailleurs, quel camp avions-nous choisi ? La police ne donnait pas de nouvelle, ce qui m’étonnait, puisque le lieutenant avait promis de me convoquer. Mais qui fallait-il suivre ? Nous nous posèrent la question, Jessica et moi, durant ces deux jours. La créature qui m’avait confié la clé USB était-elle vraiment une terroriste ? Si c’était le cas, alors nous étions en passe de commettre une grave erreur. D’un autre côté, qu’avait à cacher la police, et à travers elle l'Etat, pour provoquer un affolement pareil ?
Jessica se mit à faire des recherches sur le centre et sur le fameux Manning. Ce dernier se trouvait être le directeur de ce centre de nanotechnologie. Père de deux grands enfants, une femme, une maison avec jardin et piscine, en somme un personnage sans histoire. Passé par les plus grandes universités, sa carrière d’ingénieur l’avait conduit dans d’importants conglomérats industriels avant qu’il ne rejoigne il y a dix ans de cela ce lieu assez particulier. En effet, les informations collectées par Jessica sur Luxley restaient très parcellaires et elle trouvait même surprenant qu’il y ait aussi peu d’informations et de publicités concernant une entreprise qui était censée être spécialisée dans la domotique. Tout juste si leur site internet annonçait des avancées sur l’élaboration de robots qui s’occuperaient dans un futur tout proche de tâches effectuées jusque-là par des humains. Quelques articles çà et là louaient les travaux menés par d’éminents chercheurs basés dans cette enceinte, qui regroupaient pas moins de 5000 employés, dont un bon nombre de familles. 
Mais ce qui était intéressant, c’est ce qui m’avait traversé l’esprit lorsque j’avais lu l’adresse. Le centre s’étendait sur plus de dix hectares et ses administrateurs avaient trouvé une source de revenus importante en vendant une partie de son espace à des promoteurs immobiliers, lesquels les transformèrent en une série de petits pavillons intégrés à l’ensemble du site, mais formant une communauté fermée. Il se trouvait que l’une de ses résidentes voulait vendre sa maison depuis des mois. Je m’en rappelais facilement puisque pendant des mois j’avais essayé de lui expliquer que le prix qu’elle en demandait était bien trop important. Ainsi, il fut facile de la convaincre qu’un potentiel acheteur s’intéressait à sa maison et qu’il était pressé. Bien sûr, c’est Jessica auquel j’avais attribué ce rôle. Elle prit nos noms afin de les communiquer à l’entrée principale pour nous permettre d’entrer dans la forteresse. Ma cliente nous permettrait ainsi de nous faire franchir les plus importantes barrières de ce site.
Je mis ensuite à profit le jour qui nous restait pour élaborer la façon dont on allait s’y prendre pour pénétrer dans le centre lui-même. Ce n’était pas un hasard si le plan d’accès figurait dans les fichiers de la clé USB. Tout ce qui était bouches d’égout, conduits d'aération et caméras figuraient sur ce plan détaillé. Jessica se joignit à moi pour définir la façon la plus appropriée et la moins dangereuse pour pénétrer dans ce lieu ultra-protégé. Il fallat encore faire quelques achats, notamment des cagoules, gants noirs et autres accessoires, faisant de nous de parfaits petits cambrioleurs. À minuit, tout était calé, la nuit allait être courte…

 

 

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HumanoidXY 5

28 Avril 2014 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Science-fiction

Voici la suite de la nouvelle "Humanoïd XY". Petit résumé : Jules tombe sur une femme qui tente d'échapper à la police et lui remet une clé USB. Curieux, il tente de percer les secrets des fichiers contenus dans cette clé. Jessica, une amie américaine débarque pour l'aider dans cette tâche...

La zone d’arrivée de l’aéroport était noire de monde, et c’est avec mon carton, me sentant quelque peu ridicule, que j’attendais la touriste hackeuse.
Je l’entendis arrivé plus qu’autre chose.
— High ! My Jules, how do you do ?
Elle se précipita dans mes bras, ce qui me procura une sensation étrange, étant donné que nous ne nous connaissions que d’une manière virtuelle au travers de quelques échanges de mails. Elle se mit à rire en voyant mon expression gênée et ajouta avec un fort accent américain.
— Ah mon frenchy, réglons cette affaire au plus vite, après en échange, tu feras mon guide.
Elle rit une nouvelle fois.
— Tu ne m’avais pas dit que tu parlais français ?
— Je l’ai étudié dans mon université de Boston, mais je te l'ai déjà dit, ça veut dire bien des choses ça Jules, me dit-elle sur un air de reproche.
Comme pour me faire pardonner, je lui pris délicatement des mains ses modestes bagages et l’emmenais à travers les méandres du métro. À la station Hugo, celle qui se trouvait à peine à deux cents mètres de mon habitation, je m’arrêtais dans une boulangerie, pris deux énormes sandwichs ainsi que deux viennoiseries au grand bonheur de mon américaine.
— Oh marvelous !
À peine arrivé, il ne restait plus rien de son frugal repas. Elle l’avait dévoré, alors que j’avais loin d’en avoir fini. Dix minutes plus tard, elle était déjà rivée à l’ordinateur, pianotant frénétiquement sur les touches pour déjouer les codes du fichier. J’étais vautré sur le canapé, digérant ce que je venais d’avalé.
— Ce n’est pas un travail d’amateur, mais je vais y arriver, dit-elle d’une façon combative.
Je pensais qu’elle en aurait pour des heures, mais à ma grande surprise, cinq minutes suffirent pour que je l’entendis pousser un cri de victoire. Ses bras qui s’étaient levés victorieusement retombèrent cependant immédiatement.
— Oups…
Je me mis derrière elle pour voir moi aussi l’écran. Tout d’abord, je ne compris pas, néanmoins, voyant que j’essayais de comprendre davantage qu’elle, elle me laissa sa place. Il s’agissait d’une série de plans plus mystérieux que les uns que les autres pour les béotiens qui n’avaient jamais mis les pieds dans l’industrie. Or, j’avais travaillé dans ce domaine pour payer mes études et j’avais déjà pu voir ce genre de schémas. Un plan d’accès complétait l’ensemble avec l’adresse du site : Centre de recherche nanotechnologique de Luxley, 2193, route des Monts.
— Je commence à comprendre, fis-je, laissant Jessica scotchée, qui restait derrière moi en se joignant les mains. Ça a l’air d’être un process, les plans d’une unité de fabrication. Le produit fabriqué doit passer par différentes unités, numérotées de 1 à 6. C’est pour cette raison que nous avons un plan par page dans le fichier. Les unités 1 et 2 doivent correspondre à un assemblage de différents composants électroniques. En effet, sur le côté gauche on a une série de symboles, ceux de condensateurs, de résistances… Tu les vois ?
— Euh, yes, fit-elle peu convaincue de son affirmation.
— Les unités 3 et 4 sont dissociées des deux premières, c’est une autre partie du process, je ne saurais dire en quoi elles consistent. Par contre, l’unité 5 les rassemblent. Et pour l’unité, il s’agit sans doute de la finition…
— Mais, qu’est-ce qu’ils fabriquent ?
— Bon sang ! Fis-je la bouche grande ouverte.
— Quoi ?
— Tu te rappelles du logiciel espion que tu m’as conseillé d’avoir et qui permets de voir en toute circonstance l’écran d’un ordinateur ?
— Oui…
— Il m’a servi pas plus tard qu’hier. J’ai pu lire l'email que la créature a envoyé. Elle a parlé de « créateurs » et d’un certain Manning.
— Et alors ?
— Elle a dit « nos créateurs ».
— Nos ?
— J’en ai le vertige ! Si j’ai bien tout compris, en fait, la femme à qui j’ai parlé et que j’ai aidé n’est pas une femme, mais un robot !
— Oh my God ! Impossible !?
— Voilà pourquoi elle était si parfaite…
Jessica ne put s’empêcher de rire.
— Mais, tu as bien dû t’apercevoir que ce n’étais pas quelqu’un d’humain enfin ?! Sa voix ?
— Non, rien… Tout était normal…
— Il doit bien y avoir une explication…
— De toute façon, pour en avoir le cœur net, il faut aller visiter ce centre.
— Ah oui, et on va y entrer comment ?
— Ne t’inquiètes pas, j’ai ma petite idée là-dessus…

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