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Blog d'auteur

Remontage de pendule (1ère partie)

30 Juillet 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Fantastique

La suite des aventures de Jules Sergent, héros malgré lui, qui vit des choses extraordinaires dans un environnement ordinaire...

 

Encore une journée à faire visiter des maisons hors de prix à ces abrutis de Parisiens. J’étais vraiment payé à ouvrir et fermer des portes, à répondre aux questions débiles de pseudo acheteurs qui n’avaient même pas les moyens de rembourser leur crédit sur l’achat de leur automobile. Des questions de merde du genre : « - Le propriétaire ne pourrait-il pas baisser de moitié son prix? »

Vraiment un boulot à la con, sachant que 90% d’entre eux viennent uniquement au cas où… au cas où quoi ?! au cas où ils gagneraient au loto… au cas où subitement, la maison verrait son volume doublé de moitié… où l’actuel propriétaire voudrait bien changer toute la décoration gratis ?! Faut pas rêver, mesdames et messieurs, être propriétaire ça coûte cher, à part si vous êtes blindés aux as, ou fils/fille à papa. Et moi, je me fais chier pour vous… j’ouvre et je ferme des portes… j’écoute vos jérémiades et plaintes en tout genre... Mais qu’est-ce que j’y peux, moi, qu’il vous manque 20 000 euros pour boucler le budget, que vous trouviez que le salon n’est pas assez à la mode ou que la chambre est trop petite ?! Qu’est-ce que j’y peux, bordel ?!

Et tout ça, pour un salaire dérisoire… Je ne suis pas propriétaire, moi, et je ne demande même pas à l’être, réfléchissez bien, monsieur qui êtes là devant moi avec votre dame… Quoi qu’il arrive on se faire toujours plumer de toute façon… de tous les côtés… par le boulanger, l’assureur, le banquier, les agents immobiliers, et même par le croque-mort… Oui, c’est connu ! Jusqu’à la mort on se fait baiser, trouer les poches, vider la bourse, on vous prend au collet et on serre jusqu’à la fin… On vous arnaque, on vous gruge, on vous blouse, on vous filoute, on vous roule dans la farine, on vous carambouille, pour tout dire on vous entube ! Et tout le monde fait ça avec tout le monde tout le temps…

Faut pas rêver, je disais, votre maison elle va vous saigner pendant vingt ans… elle va vous prendre vos meilleures années… il faudra vous serrer la ceinture, et si vous ne le faites pas, votre maison vous la perdrez, en même temps que votre femme, vous verrez… Vous vous retrouverez vite sous les ponts, on vous interdira de voir vos enfants, parce que vous ne vous laverez plus, parce que vous puerez l’alcool, parce que votre barbe sera sale... « Papa, tu piques », vous dira votre rejeton qu’aura fait le mur pour vous retrouver sous les cartons en plein mois de novembre…

Je sens bien que vous me regardez bizarrement, que vous vous méfiez… Encore un agent immobilier véreux… Un demi-million pour cette bicoque, c’est vraiment se foutre de la gueule du monde… C’est ça, on va réfléchir… Je vais encore vous sourire comme un con, comme il est d’usage dans le milieu… Des courbettes, suis payé à faire ça aussi, des courbettes… « Mais je vous en prie, après vous », allez-y… continuez à vous foutre de ma gueule ! Vous pouvez, ça ne vous coûte rien…

Je m’énerve, je m’énerve, mais c’est pas tout ça, faut que je rentre chez moi… Je salue les secrétaires de l’agence, c’est pas de leur faute… Vu ce qu’elles sont payées… Je rapporte les affaires de la journée au patron, pas de quoi sauter au plafond, sauf que lui il s’en fout, il part aux Seychelles dans deux semaines… Il se prend les 95% du bénéfice, à nous 5 on a les 5% qui restent ! Autrement dit, lui, il se gave, les bicoques il a que ça, partout, même qu’il ne sait pas quoi en faire. Il a même des bateaux, un yacht, un hors-bord, tout juste s’il n’a pas un hélicoptère ou un avion… Il en a tellement… Il va en crever, finalement, vous pouvez avoir les poches remplies, n’empêche… Il est gras comme un cochon de foire, il  ne va pas aller bien loin, à la soixantaine tout au plus… Manger au restaurant tous les jours, c’est pas bon, vaut mieux manger du riz tous les jours dans son F2, et pas de viande tous les jours, rien à becqueter, c’est la santé ! Mais là, on dirait qu’il va s’envoler, qu’il a été dessiné par Montgolfier !

Je sors à peine du bureau qu’il y a un drôle de quidam qui m’interpelle.

-          Monsieur Sergent, qu’il me dit.

-          On se connaît ?!

Sachant que je connaissais la réponse, ni d’Eve ni d’Adam. Je l’avais jamais vu ce cuistre-là qui continuait de m’entraver la circulation.

-          Non, mais je connais un ami qui m’a parlé de vous…

-          Ah oui, qui ça ?

-      Ce n’est pas la question la plus importante. Ce qui compte, c’est la plutôt celle-ci : êtes-vous prêt monsieur Sergent à entrer dans l’Histoire ?

-          Entrer dans l’histoire, de quelle façon vous voulez dire ?!

Je pensais qu’il ne devait pas tourner rond… Sorti de l’asile, je me dis ou alors échappé…

-          En testant la machine que j’ai élaborée pour remonter le temps…

Ben ça devait être ça, j’étais tombé sur un fou… qui divaguait complètement, une machine à remonter le temps, et pourquoi pas du fer qui se transforme en or ?! Fallait l’enfermer… Je cherchais des yeux autour de moi, dès fois qu’un képi serait dans le coin… Mais non, comme d’habitude… Jamais là quand on a besoin… Sûrement en train de se toucher dans leur bureau…

-          Je vous parle sérieusement, monsieur Sergent !

-          Je suis désolé, mais j’ai du mal à vous croire…

-          Je vous invite dans mon laboratoire, vous verrez que je ne plaisante pas…

Me voilà alors entraîné dans cette folie… je le suivais, comme on suit un Géo Trouvetout, par curiosité… juste pour voir jusqu’où le gars pouvait aller.

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Fou de cette femme

16 Juillet 2013 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Visiblement en ce moment je suis dans un trip "Poésie". Voici donc ma dernière production en prose, où vous pourrez remarquer que de nombreuses allitérations sont présentes...

Bonne lecture...

Je suis fou de cette femme fière qui file vers son destin. Forcément je suis fou de cette fille. Elle ressemble à une petite fleur perdue au milieu de la foule. Perdue dans notre monde plein de fous, elle entend crier : « Il faut consommer ! » Elle se bouche les oreilles, mais elle entend encore : « Il faut produire ! » ; « Dépêchez-vous ! »

Forcément, ça fout la frousse.

Je suis fou de cette fille.

Mais pourquoi se dépêcher de produire ? Pour consommer… Tout cela est flou, cette femme ne comprend pas cette société où il faut se précipiter, se hâter pour entretenir une société d’individualités et du flouze. Elle découvre qu’il faut flatter. Les fous de Bassan n’en n’ont que faire, mais les farfadets et les fous du roi en sont les spécialistes. Elle est plongée d’une manière concrète dans une société factice. Ça s’appelle de l’anthropologie, elle peut désormais en faire une liste, elle n’est pas venue pour ça, et ça la rend triste.

Je suis fou de cette femme.

Chez elle, certes les problèmes sont fréquents, mais on n’abandonne pas les gens, on vit en solidarité, souvent en famille, en farandole. D’ailleurs, chaque année, elle revient en fanfare dans sa ville. Elle flamberait bien, mais elle se retient. Elle se souvient de toutes les heures passées seule, même pas un sofa pour s’y affaler, mais juste un lit pour pleurer. Car cette femme pleure souvent, je le sais, et je voudrais la réconforter.

Je suis fou de cette fille.

 Mais certaines souffrances parfois ne se soignent pas. Une fille seule au milieu de la foultitude, dont l’attitude est parfois rude. Comment peut-on être hostile à une telle fée ? Franchement ? A moins d’être un franconnard, on ne peut qu’être fan d’une femme pas fanatique, juste fantastique.

Fatalement, on tombe amoureux, fatalement on se fourre le doigt dans l’œil, ou du moins on ne flaire pas l’embrouille et tout se brouille. On a la trouille et on se débrouille pour que tout parte en…

Mais non, la nuit fait place au jour, on se refait une histoire, voire un film, et on imagine la file des foules venue voir notre fulgurante romance, les images défilent et ça y’est on file le grand amour. Fréquemment, on se dit : « Tiens, filons vers d’autres horizons », mais ce serait faire fi de la fatale réalité. En effet, on ne peut pas tout le temps défaire ce qu’on a fait.

Je suis fou de cette femme.

Est-elle folle de moi ? Rien n’est moins sûr, je flâne à travers les chemins sans faire la différence entre la réalité et la fiction. Je passe vite sans flirter avec un Phan. Les fissures dans mon cœur sont à la fois fortes et faibles. Il n’y a que Maille qui m’aille, mais à l’évidence je m’en fais à défaut de m’en aller et de rejoindre cette nymphe qui vit dans une phallocratie. Néanmoins, c’est un fabuleux endroit, car si je disais le contraire, je subirai les foudres de cette femme et ce serait l’enfer.

Et je suis fou de cette fille.

Une folie, me dit-on, même elle me l’a dit. Mais je suis comme le fer, il m’arrive de fondre, et j’ai fondu en fer et contre tout. Je me dis que je finirai par la rejoindre à moins que ce soit elle, je me fais peut-être des illusions, mais il faut être fier de ses convictions sans quoi l’on ne pourrait plus rien faire et c’en serait fini, on crierait « No Futur ». Ce serait quand même falaud.

Pour finir,  je suis fou de cette femme, alors ce n’est pas fini.

 

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