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Articles avec #ecriture tag

En toile de fond, l’Histoire…

3 Juin 2017 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture, #Actualités, #Histoire

Une douloureuse enquête, en précommande aux Éditions Encre Rouge, n’est pas une intrigue policière comme une autre. Comme dans mes précédents romans, l’Histoire se présente à nous. L’un des personnages principaux revit des scènes du passé.

Sur fond de guerre civile, voici les événements factuels relatés dans Wikipédia :

 

6 avril 1994 : les présidents rwandais et burundais, Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira, meurent, lorsque leur avion, qui s’apprêtait à atterrir à Kigali, est abattu par un missile. Cet attentat, qui n’a pas été élucidé jusqu’à présent (des enquêtes très sérieuses – voir en dessous pour la bibliographie– montrent que ce sont ceux qui entouraient le président eux-mêmes qui ont commis ce crime), est considéré comme l’élément déclencheur du génocide. Dans la nuit, les troupes du Front patriotique rwandais (FPR) stationnées près de la frontière ougandaise font mouvement vers Kigali41.

7 avril 1994 : plusieurs personnalités politiques modérées sont assassinées, empêchant tout règlement pacifique de la crise, ainsi que dix casques bleus belges de la MINUAR. Des barrières sont dressées par des milices Hutu à Kigali puis dans le reste du pays, et, au vu de leurs cartes d'identité, les Tutsis sont systématiquement assassinés.

8 avril 1994 : la France et la Belgique évacuent leur ressortissants. Dans les jours qui suivent, des centres où se réfugient les Tutsis (écoles, églises…) sont attaqués et leurs occupants massacrés par des Hutus extrémistes, appuyés dans certains endroits par des éléments de la garde présidentielle. »

Je vous la fais courte, quelques mois plus tard et sous les yeux de l’ONU, le bilan s’élève à environ 1 million de morts et 10 millions de réfugiés.

Mais sachez que je ne me suis heureusement pas contenté de cette source et que je me suis appuyé sur des spécialistes et des travaux très sérieux qui sont des références en la matière :

Hélène Dumas Le génocide au village. Le massacre des Tutsis au Rwanda, Collection L’univers Historique, Seuil, 2014.

Jean Hatzfeld Une saison de machettes, Seuil, 2003.

Il y a également tout un chapitre sur un procès Gacaca, retranscrit d’après le documentaire « Les collines parlent », de Bernard Bellefroid, 2006.

Je suis même allé jusqu’à chercher des renseignements sur la végétation rwandaise, notamment sur le site de « l’African forest forum » qui a fait paraître une étude sur les plantations forestières et les îlots boisés du Rwanda datant de 2011.

Alors, pourquoi avoir choisi ce conflit ?

Depuis Tuez-les tous, Dieu reconnaître (peut-être)les siens, je m’intéresse aux mécanismes qui poussent des hommes à en massacrer d’autres. Sans doute est-ce pour des raisons personnelles, un compte à régler. Beaucoup ont oublié leur histoire familiale, mais pas moi. Le frère de ma grand-mère maternelle travaillait dans une boucherie qui fournissait en viande la Résistance. En 1944, certains Français, soi-disant patriotes, les dénoncèrent et les nazis tuèrent (le massacre de Seyssel, janvier 1944) et déportèrent 7 personnes dont le grand-oncle. Il se retrouva dans l’enfer des camps et en particulier celui de Mauthausen, où il trouva la mort au bout du chemin.

Déjà abordé, je me suis intéressé à un autre génocide, celui du Rwanda, plus proche de nous en terme de temporalité et qui met en lumières des problématiques actuels en plus de la bêtise perpétuelle des hommes : l’incapacité de l’ONU à intervenir dans des conflits locaux, la notion même d’ingérence (faut-il intervenir ou pas dans un autre pays ?), les legs de la colonisation et l’actuel néocolonialisme (interventions selon nos intérêts)…

 

Est-ce un roman historique ?

Non. Je laisse à d’autres cet art compliqué et redoutable. Les éléments historiques servent ici à donner de la vraisemblance à l’intrigue, une consistance aux personnages et enrichir le lecteur, aspect auquel je tiens beaucoup. Pour autant, le roman ne doit en aucun cas prendre un ton professoral, mais apporter « quelque chose en plus » au simple divertissement. Selon l'expression populaire, « on en ressort moins bête ».

 

N’hésitez donc pas à venir sur le site des Éditions Encre Rouge et commander mon ouvrage, vous ne serez pas déçu !

En toile de fond, l’Histoire…
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Prévente "Une douloureuse enquête"

25 Mai 2017 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Actualités, #Ecriture, #Histoire, #culture

Soyez les premiers à recevoir un exemplaire de mon nouveau roman policier !

Une douloureuse enquête est en prévente dès aujourd'hui !

 

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Parlons Polar

8 Février 2017 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #vidéos, #culture, #Ecriture

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Implosions (1)

28 Janvier 2017 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture, #Histoire

Voici le premier chapitre de mon nouveau roman policier. Sortie en septembre.

N'hésitez pas à réagir et à commenter. Merci.

 

1. Génocide

Rwanda – 1994.

Ce soir-là, le soleil se coucha en prenant une teinte particulièrement rougeoyante. Le ciel entier s’embrasa, veiné d’on ne sait quel or. Le pourpre, seul, dominait. Ç’aurait pu être un spectacle magnifique si un homme à demi assis ne venait pas, au fond, de se relever des morts. Il fixa l’astre comme si c’était la fin des temps, comme si l’obscur allait tout engloutir, les hommes, les animaux, la nature tout entière et toutes les civilisations. Il toucha son bras pour s’assurer qu’il appartenait encore bien au monde des vivants. Sa tête lui faisait mal. Il passa sa main sur son cuir chevelu et la ramena devant ses yeux. La vue du sang le fit gémir. Il ne réalisait pas ce qu’il venait de vivre. Autour de lui, ce n’était plus que feu, débris et gravats. Les maisons du village brûlaient. Une odeur de mort régnait partout dans les rues et en dehors, la nature tout entière s’en trouvait elle-même imprégnée.

Pétrifié, il esquissa un mouvement vers la droite et le regretta presque aussitôt. Il aurait préféré être changé en statue de pierre par les Gorgones au lieu de voir sa femme baignée dans un sang aussi noir que l’âme de ceux qui l’avaient tué. Il aperçut d’autres corps plus loin et ne put s’empêcher d’avoir un haut-le-cœur et de remettre le peu qu’il avait mangé durant la journée. Il se releva péniblement, affligé de toutes les peines du monde.

Soudainement, au milieu du chaos, les cris d’un bébé lui parvinrent comme ceux d’un être perdu au cœur de l’Apocalypse.

Il ressentit comme un électrochoc. La scène défila devant lui, tel un scénario implacable que rien ni personne n’aurait pu arrêter. Sauf que ce n’était pas un film. Cela avait commencé par des cris sourds et inquiétants. Modeste et Rosélyne avaient stoppé net leur repas. L’homme s’était levé de table et était allé voir à la fenêtre. Les miliciens, arrivés en grand nombre, machettes à la main, s’occupaient silencieusement des premières maisons. Modeste n’avait eu qu’à regarder sa femme pour qu’elle comprenne le danger. Elle avait arraché son enfant du berceau et ils s’étaient enfuis par l’arrière de leur maison en terre. Mais déjà, les miliciens avaient défoncé leur porte et étaient à leurs trousses dans les allées du village. Ce fut Rosélyne qui trébucha la première, son enfant entre les bras. Courir avec une robe n’était pas chose aisée et ce fut pour elle un handicap insurmontable en étant poursuivie par des hommes jeunes et déterminés. Modeste, revenu en arrière, voulut la protéger, mais l’un des barbares, le plus rapide d’entre eux, précisément l’un de ses anciens camarades d’école, l’intercepta et lui asséna un coup de gourdin qui le mit à terre.

— Tiens, sale Tutsi, tu l’as bien mérité !

Étant dans l’incapacité de bouger, il avait entendu ensuite vaguement des cris, ceux de sa femme que les miliciens étaient en train de massacrer… Ils devaient penser qu’il était mort.

Les yeux exorbités, mû par l’instinct de survie, il marcha rapidement en direction de l’enfant. Il le prit entre ses bras, regarda tout autour de lui, et implora le ciel, baignant ses joues d’autant de larmes que le nourrisson. Il fut incapable de crier. Tout était en lui, une violence d’une force incroyable circulait dans ses poumons. Il n’arrivait pas à l’expulser. Il fallait réfléchir et au plus vite trouver un endroit où le bébé pourrait être nourri et en sécurité. Il eut encore la force de creuser un trou et d’y enterrer sa femme.

Le soleil s’était définitivement couché, battu ce jour-là par des hommes qui n’avaient d’Homme que le nom. Le Mal avait connu un de ces jours de triomphe dont l’humanité ressortait perdante.




 

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Zone... Ici et ailleurs, maintenant et autrefois...

8 Juin 2016 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

 

Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants
Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants

[...]
Ils espèrent gagner de l’argent dans l’Argentine
Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune
Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre cœur
Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels
Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent
Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges
Je les ai vus souvent le soir ils prennent l’air dans la rue
Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs

               Guillaume Apollinaire, Zone, Alcools, 1913.

 

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Bar africain

1 Février 2015 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Pas de concession dans l'écriture, je vous livre des premiers jets de ce qui sera mon futur roman... A vous de juger, de critiquer, d'aimer... ou pas...

Pour Modeste, il était impératif d’aller ce soir « Chez Bernard », un bar du centre-ville. Il ne fallait pas rater les deux rencontres du samedi soir de la Coupe d’Afrique des Nations. Celui que l’on surnommait « le tonton » avait pris une place de choix au centre du troquet. Il arborait fièrement le maillot de son pays natal, la Côte d’Ivoire. Modeste lui serra la main et s'assit à côté de lui. Ils trinquèrent une première fois pour le bon déroulement des matchs à venir. Bientôt, toutes les places furent remplies, même au premier étage, où l’on distinguait moins bien l’écran, sauf pour ceux qui se trouvaient près de la rambarde. Les autres devaient jeter des coups d’œil appuyés ou même se lever.
Toute l’Afrique était là, en majorité ce soir-là les protagonistes concernés par les matchs Côte d’Ivoire-Mali et Cameroun-Guinée. Modeste, lui, ne venait pas supporter une équipe en particulier, mais, à chaque fois, il appréciait l’ambiance électrique qui régnait lors de ces folles soirées. Ce furent d’abord les Maliens qui exultèrent à la soixante-dixième minute. Ibou avec ses lunettes noires et sa casquette bleu ciel entama un tour de salle, le torse bombé, sous les huées des Ivoiriens venus plus nombreux. Cela ne dura que quelques minutes, dix au total, avant que la salle n’explose de joie pour l’égalisation. Les applaudissements et les cris de joie résonnèrent dans tout le quartier.
À la fin du match, les joueurs et les spectateurs du bar se serrèrent la main, bons amis. Beaucoup avaient commandé en cours de match des brochettes ou du poisson accompagné de loco. Le patron malade, c’était le serveur qui se retrouva en difficulté, ne sachant plus où donner de la tête. L’heure d’entracte entre les deux matchs fut pour lui très éprouvante. La bière coulait à flot, les commandes affluaient et beaucoup commençaient à râler en attendant leur plat.
C’est à ce moment-là qu’entrèrent trois blancs d’un seul coup. Modeste et les autres les dévisagèrent. Le premier à franchir la porte, on le connaissait. C’était Jean-Pierre, qui avait vécu pendant dix ans avec une congolaise bipolaire. Il écumait depuis les bars avec une régularité assez inquiétante. Il était accompagné d’un grand blond aux yeux bleus et d’une jeune brune. Ces deux-là, personne ne les connaissait. Le tonton vint à la rencontre de Jean-Pierre et lui serra chaleureusement la main.
–  Bienvenue mon ami, bienvenue ! Je crois qu’il reste de la place en haut.
Le tonton n’était pas le patron du bar, mais il donnait un coup de main de temps en temps, comme ce soir-là.
Ça faisait bizarre à Jacquier d’avoir vu quarante paires de yeux se porter sur lui au moment où il était entré. Ça faisait bien la deuxième fois de la semaine… Il eut pendant quelques instants un peu de gène. Lecouerc, d’apparence stoïque devait ressentir la même chose. Ils furent en fait chaleureusement accueillis et se détendirent petit à petit, si bien qu’au bout de la troisième bière, le lieutenant éprouva le besoin d’aller aux toilettes. Pour y parvenir, il fallait se courber en deux pour accéder au vestibule, puis à nouveau se pencher pour l’endroit intime. Il fallut que l’architecte fut un lilliputien, ce n’était pas possible autrement, pensa Jacquier.
Ce fut l’heure du deuxième match. Le calme relatif qui régnait avant la rencontre laissa la place à la furia des supporters des deux camps. Quatre camerounais étaient arrivés tôt pour réserver des places de choix au meilleur rang devant Modeste, qui ne les appréciait guère. Les Guinéens étaient à peine plus nombreux, mais n’étant pas les favoris, ils avaient du coup la faveur de la foule.
Les femmes jouaient un rôle important dans ce véritable amphithéâtre qu’était devenu le bar de Bernard. C’étaient le soi-disant sexe faible qui sortait les griffes et qui faisaient le plus de bruit. Une Camerounaise, arrivée peu avant le match, avait pris la place d’une Malienne et son copain français posté près de la rambarde au premier étage à côté des trois blancs. Elle prenait un malin plaisir à parler anglais pour marquer sa différence en répétant « Go Lions ! » Cependant, trois Guinéennes avaient pris elles aussi position dans les parages, bien décidées à voir leur équipe l’emporter.
Le début de match fut tout à l’avantage des Camerounais et des cris se firent entendre dès la dixième minute. Une étrange expression traversa les lieux. « Aile de pigeon » proclama l’un des quatre Camerounais, trois mots qui furent reprit en cœur par ses camarades et d’une façon ironique par un bon nombre de spectateurs. « Ailes de pigeon, ailes de pigeon » s’amusèrent à crier certains moqueurs. Une femme, appelée Éveline, porta l’accusation de maraboutage à l’encontre des « lions indomptables », le tout en montrant du doigt les supporters camerounais présents dans la salle. Elle riait à gorge déployée comme possédée par un étrange démon. Oui, c’était un jeu, bien que l’un des quatre Camerounais lui répondit qu’il allait bien monter à l’étage… Ce but réveilla cependant des Guinéens jusque-là timorés et à la quarantième minute, ils égalisèrent sous les hourras de la foule. À la mi-temps, même sous les quolibets, les Camerounais restaient confiants.
–  Vous pensez que notre homme est là ? glissa Jacquier à Jean-Pierre.
–  S’il n’est pas là, il sera au Kinshasa tout à l’heure, ne vous en faîtes pas. En attendant, vous avez vu cette frénésie ?
–  Il n’y a jamais de bagarre ? s’inquiétait Lecouerc, étonnée de la passion suscitée par cette compétition et par le fait, finalement, que c’étaient les femmes qui se montraient les plus véhémentes.
–  Non, il y a rarement des bagarres pour ça. C’est avant tout une soirée de joies et de fête. Supporter son équipe est une grande fierté, c’est comme retourner au pays le temps d'un match.
Au coup de sifflet final, les Camerounais ne cachèrent pas leur amertume, eux qui étaient largement favoris dans cette rencontre. Le match fut rejoué de nombreuses minutes après la rencontre, alors que Jacquier et Lecouerc eurent enfin leur brochette, Jean-Pierre, son poisson… Jacquier en était bien à sa sixième bière…
–  Il faut que l’on fasse partie du décor, c’est la seule stratégie qui convienne pour retrouver le garçon !
–  C’est surtout le meilleur moyen pour devenir alcoolique le railla Lecouerc.
Jacquier ne disait plus rien. Il avait trempé son loco dans le piment et tentait de cacher les picotements qui lui donnaient envie de crier. Il se dirigea vers les toilettes, oublia de baisser suffisamment la tête et se cogna contre le mur. Cela fit pouffer de rire les Guinéennes placées juste à côté de l’entrée.
Après avoir remercié le tonton et jeté quelques coups d’œil furtifs pour voir si le fameux Léopold ne se trouvait pas dans les parages, les trois acolytes repartirent en voiture. Ça tombait bien que Lecouerc ne buvait pas ce soir-là.
Au Kinshasa, la soirée battait son plein. À peine rentrés, Lassana vint vers eux.
–  Jean-Pierre, mon ami ! Tiens, tu as ramené nos deux amis !
Il fallut encore trinquer aux retrouvailles.

 

 

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Sur les traces de Boubaye...

27 Janvier 2015 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Le commandant Lernier se tenait assis sur l’une des deux nouvelles chaises de bar installées devant la machine à café. Il n’était pas peu fier. C’était lui-même qui les avaient achetées une bouchée de pain à son beau-frère, qui voulait les changer. En attendant, plutôt en bon état, elles faisaient le bonheur de toute la division. Il affichait un sourire béat lorsqu’il aperçut le lieutenant Jacquier arrivé dans sa direction. D'un coup, son sourire s’effaça. C’était souvent une source d’ennuis que de le voir débarqué. Décidément, on ne pouvait jamais être tranquille cinq minutes.
–  Mon commandant !
–  Alors Jacquier, vous avez l’air d’avoir les traits tirés ce matin ?
–  Lecouerc et moi enquêtons dans les bars et les boîtes de nuit de la ville pour trouver des informations sur la victime.
–  Vous voyez que le métier offre tout de même quelques avantages… Et vous en avez trouvé, des informations ?
–  Oui, hier soir, je vais vous raconter.
Le lieutenant pris une pièce et l’introduisit dans la machine à café qui se mit en branle.
–  Nous avions déjà écumé pas mal de lieux dans la semaine. Boubaye fréquentait la moitié des bars de la ville, sauf qu’une serveuse nous avait dit d’aller voir à deux endroits en particulier, au « Kinshasa », un bar africain et aussi dans une boîte qui s’appelle « L’Équinoxe ». On a commencé par le bar. Avec Lecouerc, on s’est dit que si on se présentait comme des policiers, c’était foutu, les gens ne nous adresseraient même pas la parole. On s’est fait passer pour un petit couple qui voulait s’encanailler un peu dans un endroit exotique. Et on a bien fait, parce que je peux vous dire qu’au moment même où l’on a franchi la porte du bar, tous les yeux se sont braqués sur nous. Mais, ceci dit, l’accueil a été très bon. Et entre parenthèse, la serveuse est une bombe…
Jacquier prit son gobelet brûlant et vint s’asseoir à côté du commandant.
–  Le patron nous a peu causé. Il a vite été dans le potage avec quelques verres qu’il s’est généreusement offert, plus une tournée gratuite pour nous. À un moment, je lui ai demandé comme ça, sans y toucher s’il avait entendu parler d’un africain qui s’était fait planter l’autre jour en plein centre-ville. Il m’a dit :
–  Ne m’en parlez pas, Félicien était l’un de mes clients, et même un ami. Je suis allé à son enterrement, très triste tout ça !
–  Et il est reparti derrière son bar, alors que nous-mêmes, arrivés relativement tôt, nous avions pu nous installer à l’une des rares tables du bar. On l’a laissé tranquille pour ne pas éveiller ses soupçons. Il paraissait réellement affecté. Il m’a fait de la peine, car il est parti sans rien dire et à avaler un ou de verres de suite sans répondre aux gens qui l’interpellaient, tout juste s’il leur donnait un signe de la tête. Nous n’avons pas essayé d’interroger tout le monde, cela aurait paru trop suspect. Nous nous sommes contentés de boire et je vous dirais que la petite bretonne s’en est bien sortie, même si je crois qu’aujourd’hui, on ne la verra pas arrivé de bonne heure…
Le commandant commençait un peu à s’impatienter. Il dodelinait de la tête et regarda même sa montre. Jacquier prenait un temps fou pour raconter sa soirée.
–  Le plus drôle dans cette histoire, c’est qu’au fond, c’est nous qui avons dû répondre au plus grand nombre de questions, notamment d’un certain Lassana, un drôle de sbire celui-là, un gars assez imprudent en fait, qui ne se cache pas trop pour vendre sa beu…
Je vous imite la scène deux secondes :
 
« –  Alors mes frères blancs, la soirée se passe bien ?
–  Très bien merci.
–  Si vous avez besoin de quoi que ce soit ici, je suis là. Je m’appelle Lassana, je suis sénégalais et je connais tout le monde ici. Vous et la petite dame, vous êtes ensemble ?
–  Oui, pourquoi ? répondit Lecouerc.
–  Vous êtes une belle femme, ici on aime les belles femmes comme vous. Il faut aller danser, en profiter. »
 
–  Et bien sûr, on a dansé. Le métier, comme vous dîtes, a ses avantages. Lassana est revenu à l’assaut et a essayé d’en savoir un peu plus sur nous. Il a même voulu nous accompagner en boîte le lascar. On lui a affirmé qu’on rentrait chez nous, mais on a quand même emmené quelqu’un avec nous, un certain Jean-Pierre, un blanc. Un gars très sympa, qui a eu une petite amie africaine pendant quelques années. On a fraternisé avec lui et on a joué franc jeu sur notre véritable identité. Ça a payé. Il nous a révélé qu’une semaine avant la mort de Boubaye, celui-ci s’était battu avec un certain Léopold. Il nous dit que les bagarres sont une chose courante en fin de soirée avec tous les gens alcoolisés. Encore que peu de gens allaient chercher des ennuis à un gars comme Boubaye, étant donné le statut un peu particulier qu’il avait. Pourtant, c’est ce qui s’était passé ce soir-là. Il ne savait pas exactement lequel avait cherché l’autre, mais comme dans la majorité des cas, il s’agissait d’une histoire de cœur ou de cul, selon les cas. Quant à la femme en question, Jean-Pierre a feint de ne pas savoir de qui il s’agissait. On s’est ensuite rendu à la boîte « L’Équinoxe ». Là, on s’est présenté officiellement au patron avec nos plaques. On a bien senti qu’il avait quelques réticences à nous parler. Encore un qui doit payer une petite taxe à Mazzini en fin de mois. Il nous a simplement dit que Boubaye était un client régulier, sans histoire. Les serveuses n’ont pas été beaucoup plus prolixe.
–  Si je vous comprends bien Jacquier, il faut que vous retourniez dans ce bar pour essayer d’intercepter votre Léopold. À moins que vous ayez réussi à avoir son nom ?
–  Justement, nous ne l’avons pas, on va y retourner, oui…

 

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Des hommes libres

9 Janvier 2015 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Ils n’ont fait que dessiner
Ils ont été assassinés
Ils ont fait preuve de liberté
Alors il fallait les tuer.

De leur plume ils signaient leur nom avec courage
Leurs assassins s’étaient cachés le visage
Déjà honteux de leur ignoble forfait
Car qui tue la liberté à jamais se compromet.

Ils n’avaient pas prévu que le peuple se lèverait
Héritier des Lumières et des Révolutionnaires
Le monde entier s’est élevé à ses côtés
Pour proclamer le droit de s’exprimer.

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Deuxième version de Chaud moment

5 Janvier 2015 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Voici une version légérement modifiée.

Merci à Eve de m'avoir apporté des idées...

Il s’en souvenait comme nul autre pareil. Habillée de cuir, ce petit bout de femme portait un gilet qui lui allait à merveille et mettait en avant sa poitrine généreuse. Elle ne semblait pas farouche, surtout lorsque Jacquier, après une petite discussion sur le canapé, lui avait audacieusement caressé les cuisses et qu’elle avait accompagné sa main jusqu’à l’origine du monde.
Dans un rai de lumières deux êtres s’abandonnaient l’un à l’autre sans retenue. La chevelure noire de la jeune femme ondoyait au rythme des va-et-vient qu’elle effectuait sur son partenaire. Ce n’était pas un cow-boy arc-bouté sur sa selle lors d’un rodéo, non, cette action, Jacquier la vivait au ralenti, comme dans un rêve accompagné d’une douce musique, une symphonie imaginaire qui lui courrait dans la tête. Son esprit était enivré par cet intense échange de chaleur et de suaves flagrances.
Pendant un instant qui lui sembla magique, Cynthia plaqua ses fines mains sur le haut du buste de l’homme et redescendit dans un mouvement qui semblait synchronisé avec la musique. Elle recommença à plusieurs reprises. La jeune femme, forte de son pouvoir, imprimait la cadence qu’elle désirait. Parfois très lente, elle s’appuyait alors sur les quadriceps puissants du policier, puis progressivement le rythme s’accélérait pour devenir frénétique et les mains remontaient d’autant. 

Devant les yeux hagards de Jacquier, Cynthia, possédée par une vague de plaisir, se transformait en un démon sauvage et rugissant. L’homme entrouvrait de plus en plus la bouche en se répétant que la femme avait été véritablement conçu pour l’homme et réciproquement et que le plaisir qu’avait donné les dieux permettaient aux hommes de toucher ne serait-ce qu’un instant le bonheur et la sensation d’éternité. Durant quelques secondes il la prit pour une déesse, tellement la jeune femme irradiait au milieu de la pièce.

Baigné par les gémissements syncopés de sa partenaire, Jacquier sentit monter en lui une puissante chaleur. La femme resserra son étreinte sur son membre brûlant, la pression était telle, que Jacquier, dans un râle rauque échappa sa laitance dans un geyser éphémère.

 

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Chaud moment...

28 Décembre 2014 , Rédigé par mathias.goddon Publié dans #Ecriture

Après le sondage d'hier, de nombreuses personnes, la plupart du sexe dit "faible", souhaitent une scène un peu torride dans mon prochain roman policier.
Voici donc un premier jet pour vous mesdames. N'hésitez pas à dire ce que vous en penser...
 
Il s’en souvenait comme nul autre pareil. La jeune femme à la taille assez petite s’était parée de cuir, notamment un petit gilet qui lui allait à merveille. Elle ne semblait pas farouche, surtout lorsque Jacquier, après une petite discussion dans le canapé, lui avait audacieusement caressé les cuisses et qu’elle avait accompagné sa main jusqu’à l’origine du monde.
Dans un rai de lumière, deux êtres s'abandonnaient l’un à l’autre sans retenue. La chevelure noire de la jeune femme ondoyait au rythme des va-et-vient qu’elle effectuait sur son partenaire. Ce n’était pas un cow-boy arc-bouté sur sa selle lors d’un rodéo, non, cette action, Jacquier la vivait au ralenti, comme dans un rêve accompagné d’une douce musique, une symphonie imaginaire qui lui courrait dans la tête.
Dans un instant qui lui sembla magique, Cynthia plaqua ses mains sur le haut du buste de l’homme et redescendit dans un mouvement qui semblait synchronisé avec la musique. Elle recommença à plusieurs reprises. La jeune femme, forte de son pouvoir, imprimait la cadence qu’elle désirait. Parfois très lente, elle s’appuyait alors sur les quadriceps puissants du policier, puis progressivement le rythme s’accélérait pour devenir frénétique et les mains remontaient d’autant. Devant les yeux hagards de Jacquier, Cynthia se transformait en un démon sauvage.
L’homme entrouvrait de plus en plus la bouche en se répétant que la femme avait été véritablement conçu pour l’homme et réciproquement et que le plaisir qu’avait donné les dieux permettaient aux hommes de toucher ne serait-ce qu’un instant le bonheur et la sensation d’éternité. Durant quelques secondes il la prit pour une déesse, tellement la jeune femme irradiait au milieu de la pièce. Ses gémissements montèrent en volume et atteignirent leur paroxysme, entraînant une vague de chaleur de la part de l’homme, dont la semence se transforma en un éphémère Geyser.
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